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THE BELLE OF NEW YORK (1952 – Charles Walters)

Publié le par Laurent Bigot

THE BELLE OF NEW YORK  (1952 – Charles Walters)
Générique
 
Année : 1952
Réalisation : Charles Walters
Production : MGM
Scénario : Robert O’Brien et Irving Elinson
Musique : Harry Warren
Chorégraphie : Robert Alton
 
Charlie Hill : Fred Astaire
Angela Bonfils : Vera-Ellen
Mrs Phineas Hill : Marjorie Main
Max Ferris : Keenan Wynn
Elsie Wikins : Alice Pearce
Gilford Spivak : Clinton Sundberg
Dixie : Gale Robbins
 
THE BELLE OF NEW YORK  (1952 – Charles Walters)
- When I'm Out With The Belle Of New York - Chœur d'hommes
- Who Wants To Kiss The Bridegroom - Charlie & Girls
- Let A Little Love Come In - Elsie et Angela
- Seeing's Believing - Charlie
- Baby Doll - Charlie & Angela
- Oops - Charlie
- A Bride's Wedding Day Song (Curries And Ives) - Charlie & Angela
- Naughty But Nice - Angela
- I Wanna be a Dancin Man - Charlie
- I Love to Beat the Big Bass Drum (non-utilisée)
- When I'm Out With the Belle of New York - Angela & Chœur (non-utilisée)
 
Une redécouverte
 
Au cinéma comme dans tous les arts, les œuvres peuvent se voir réévaluées au bout de quelques décennies. C'est le cas de La Belle de New York, qui n'a pas connu à sa sortie le succès espéré par ses artisans. Fred Astaire s'est notamment beaucoup investi dans ce film, qui comporte davantage de numéros que ses autres comédies musicales, et il s'est senti très déçu face aux piètres résultats du box-office de 1952. Mais ce sont justement ces numéros qui valent aujourd'hui à La Belle de New York d'être considéré par les spécialistes du genre comme l'un de ses films les plus intéressants. Conçues avec le chorégraphe Robert AIton, les danses permettent ici à Astaire d'explorer encore et toujours de nouveaux pas, et même de faire une incursion dans le fantastique avec le célèbre numéro « aérien » de Seeing's Believing. La séquence I Wanna be a dancin' man est également citée comme l'un de ses meilleurs solos, et les passages dans lesquels la technique parfaite du danseur se marie à celle non moins parfaite de Vera-Ellen sont véritablement impressionnants. De telles prouesses, exécutées sur les chansons élégantes d'Harry Warren et Johnny Mercer, permettent assurément à cette Belle de New York de se placer parmi les meilleures productions de la MGM.
 
Deux ans après leur rencontre dans Trois Petits Mots, Fred Astaire et Vera-Ellen se retrouvent sous la houlette de Charles Walters pour une comédie musicale aux numéros particulièrement réussis.
Charlie Hill fait le désespoir de sa tante, une dame patronnesse qui dirige une ligue de tempérance. Loin de se passionner pour les questions de vertu, ce playboy profite de la vie en courtisant des danseuses à qui il promet le mariage. Mais pour Madame Hill, le pire reste à venir, car Charlie s'amourache bientôt de sa protégée Angela, une jeune femme qui se consacre avec ardeur à la ligue... 
 

Extrait n°3 : Baby Doll : Fred Astaire et Vera-Ellen

Le producteur Arthur Freed a de la suite dans les idées. C'est en 1946 qu'il propose pour la première fois le rôle principal de La Belle de New York à Fred Astaire. Mais, peu emballé, celui-ci préfère « prendre sa retraite », estimant que sa carrière a assez duré. Il promet néanmoins de tourner le film s'il doit redevenir un jour acteur. Deux ans plus tard, Freed parvient à convaincre Astaire de reprendre le chemin des studios pour remplacer Gene Kelly, blessé, dans Parade de Printemps. Et il ne tarde évidemment pas à lui reparler du projet de La Belle de New York, qui finit par se concrétiser en 1951... Le producteur avait d'abord prévu de confier le principal rôle féminin à Judy Garland, mais la MGM vient de mettre fin à son contrat. Freed se décide donc pour Vera-Ellen, qui a déjà été la partenaire de Fred Astaire dans Trois Petits Mots (1950). Il propose également le rôle de Madame Hill à Mae West, mais celle-ci demande un salaire trop élevé, aussi est-ce Marjorie Main qui est engagée. 

Extrait n°4 : Oops : Fred Astaire

La Belle de New York est inspiré d'un spectacle resté célèbre pour avoir été, à la fin du XIX' siècle, la première comédie musicale américaine à triompher dans le West End de Londres. Une première version cinématographique en a été tirée en 1919, avant que la MGM ne se lance à son tour dans l'aventure sous l'impulsion d'Arthur Freed. Le tournage, qui se déroule entre le mois de juin et le mois d'octobre 1951, est confié à Charles Walters l'un des spécialistes du genre au sein du studio. Le réalisateur a déjà collaboré avec Fred Astaire pour Parade de Printemps (1948) et Entrons dans la danse (1949) et les deux hommes s'entendent à nouveau très bien sur le plateau. En revanche, les relations entre Walters et Vera-Ellen s'avèrent très tendues. Heureusement, la plupart des numéros musicaux seront mis en scène non par le cinéaste, mais par le chorégraphe Robert AIton qui entretient de meilleurs rapports avec l'actrice.

Extrait n°5 : A Bride’s Wedding Day Song (Curries And Ives) : Fred Astaire et Vera-Ellen

Bien que le film soit l'adaptation d'une comédie musicale, il ne comporte en fait aucune chanson écrite par Hugh Morton et Gustave Kerker pour le spectacle original. Arthur Freed a en effet préféré commander de nouveaux morceaux au compositeur Harry Warren et au parolier Johnny Mercer. Pour ces chansons, Vera-Ellen doit être doublée par Anita Ellis, mais elle se rattrape par ailleurs en prouvant une fois encore ses talents de danseuse. Sa technique parfaite pousse même Astaire, pourtant très exigeant envers ses partenaires, à multiplier les numéros afin de mettre en valeur ses prouesses - au point que les séquences musicales finissent par constituer près de la moitié du film ! Pour certaines chorégraphies, des effets spéciaux très modernes pour l'époque sont utilisés, ce qui contribue à faire grimper le budget à plus de deux millions et demi de dollars. Mais malgré tous ces efforts, La. Belle de New York ne rentrera pas dans ses frais, le public ne répondant pas à l'appel lors de sa sortie en février 1952.

Extrait n°6 : Naughty But Nice : Vera-Ellen et Alice Pearce

L'actrice disparue en 1981 reste considérée comme l'une des meilleures danseuses de l'Âge d'or, au même titre que Ginger Rogers et Cyd Charisse.
Vera Ellen Westmeier Rohe voit le jour le 16 février 1921 dans l'Ohio, Fille d'un arrangeur de piano, cette enfant chétive et imide prend des leçons de danse dans une école fréquentée également par la future Doris Day, La danse devient alors sa passion : elle se produit dès l'adolescence dans les cabarets, avant de devenir la plus jeune des Rockettes (la célèbre troupe du Radio City Music-Hall). Vera a seulement dix-huit ans quand elle fait ses débuts à Broadway, dans le musical Very  Warm for May, de Kern et Hammerstein. La jeune femme devient vite, sous le nom de Vera-Ellen, un espoir de la scène new-yorkaise, mais le producteur Samuel Goldwyn va donner une autre direction à sa carrière : la remarquant dans un spectacle, il lui offre en effet de jouer face à Danny Kaye dans le film Le Joyeux Phénomène, puis dans Le Laitier de Brooklyn, L'actrice passe ensuite à la Fox, où elle tourne Three Little Girls in Blue et Carnival in Costa Rica, deux comédies musicales sans grand relief, mais qui font connaître ses dons de danseuse.
 
Toujours à l'affût de nouveaux talents, la MGM engage Vera-Ellen pour danser avec Gene Kelly dans un numéro de Ma vie est une chanson, biopic de Rodgers et Hart. Le résultat est si impressionnant que l'actrice retrouve ensuite Kelly dans Un jour à New York, où elle tient cette fois un vrai rôle. Après avoir joué dans La Pêche au trésor, le dernier film des Marx Brothers, l'actrice partage avec Fred Astaire l'affiche de Trois Petits Mots et de La Belle de New York. Déjà célèbre pour avoir « la taille la plus fine d'Hollywood », Vera-Ellen est alors considérée par certains critiques comme la meilleure partenaire avec qui ait dansé Astaire ... L'actrice joue par ailleurs face à David Niven dans L’Amour mène la danse, et Donald O'Connor dans Appelez-moi Madame. Mais c'est en faisant partie du joyeux quatuor de Noël Blanc qu'elle connaît en 1954 son plus grand succès ... Son film suivant, cruellement intitulé Let's Be Happy, sera aussi le dernier. Des problèmes de santé (elle souffre depuis longtemps d'anorexie) et des drames personnels (deux mariages malheureux, et la perte d'un enfant) pousseront en effet Vera-Ellen à se retirer du métier à la fin des années 50.

Extrait n°7 : I Wanna be a Dancin Man : Fred Astaire

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