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Michèle Morgan : un regard légendaire

Publié le par Laurent Bigot

Michèle Morgan : un regard légendaire
Depuis la célébrissime réplique de Gabin dans Quai des brumes, l'actrice a, de l'avis général, les plus beaux yeux du cinéma français. Heureusement, son talent ne se limitait pas pour autant à ses œillades, comme l'atteste sa carrière exemplaire.
Née à Paris en 1920, Simone Roussel se dit depuis sa plus tendre enfance qu'elle fera un jour du cinéma. Un rêve auquel elle s'attelle dès l'âge de quinze ans, en se lançant dans l'activité un peu ingrate de figurante, et en s'inscrivant au fameux cours Simon, comme on le lui a conseillé lors d'un tournage. Mais il lui suffira en fait de six apparitions furtives dans des films aujourd'hui oubliés, pour se voir remarquée par une assistante de Marc Allégret. À l'époque, le réalisateur recherche une jeune fille capable de partager l'affiche de Gribouille avec Raimu. Après un bout d'essai, la débutante récolte le rôle - ainsi que le pseudonyme de Michèle Morgan. Enthousiasmé par sa « découverte », qui manifestement plaît également au public, Allégret lui offre le rôle principal de son film suivant, Orage, dans lequel elle a cette fois pour partenaire la star Charles Boyer. En deux films, voilà Michèle Morgan lancée ... 
Michèle Morgan : un regard légendaire
VEDETTE INTERNATIONALE
 
Mais c'est avec Quai des brumes, film qu'elle a bien failli ne pas pouvoir tourner, que la jeune actrice connaît la consécration, à l'âge de dix-huit ans. Le couple qu'elle forme avec Gabin la rend célèbre au-delà des frontières, et les propositions de rôles se mettent à pleuvoir. En l'espace de deux ans, la comédienne tourne ainsi cinq films (dont deux, Remorques et Untel père et fils, verront leur sortie retardée en raison de la guerre), avant de signer un contrat avec le studio américain RKO. Michèle Morgan passe donc les années de guerre à Hollywood, où elle épouse en 1942 le réalisateur William Marshall (lequel, pour la petite histoire, épousera plus tard une autre vedette française, Micheline Presle). Mais les cinq films tournés aux États- Unis, dont Amour et swing avec Frank Sinatra et Passage pour Marseille avec Humphrey Bogart, ne satisferont pas l'actrice. Elle rentre alors en France, où l'attend son plus grand succès personnel. Dans le rôle de la jeune aveugle de La symphonie pastorale, adaptation du roman d'André Gide, elle livre une prestation magnifique, qui lui vaut le Prix d'interprétation à Cannes en 1946. 
Michèle Morgan : un regard légendaire
MATURITÉ
 
Michèle Morgan devient alors pour longtemps l'une des reines incontestées du cinéma français. Elle enchaîne des films aussi importants que le péplum Fabiola, Les orgueilleux (face à Gérard Philippe), le Napoléon de Guitry (dans lequel elle interprète Joséphine de Beauharnais), ou encore Les grandes manœuvres de René Clair (à nouveau avec Gérard Philippe). À l'époque, l'actrice vit avec le comédien Henri Vidal, qu'elle aura pour partenaire dans sept films, avant qu'il ne disparaisse prématurément en 1959. Au cours des années 60, Michèle Morgan tourne encore beaucoup, notamment avec les jeunes réalisateurs issus de la Nouvelle Vague. On la voit ainsi dans Landru de Claude Chabrol, et Michel Deville lui offre de camper l'éblouissante comtesse de Benjamin ou les mémoires d'un puceau, aux côtés de Michel Piccoli et Catherine Deneuve. Après quoi l'actrice, qui a vécu avec le réalisateur Gérard Oury, n'apparaîtra que rarement au cinéma, préférant se consacrer à la peinture et à l'écriture. En 1977, elle publie ses mémoires intitulées « Avec ces yeux-là ... », une remarque de Jean Gabin lors de leur toute première rencontre, peu avant le tournage de Quai des brumes. 
Michèle Morgan : un regard légendaire
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