Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

JEANNE MOREAU : L’ANTI FEMME FATALE

Publié le par Laurent Bigot

JEANNE MOREAU : L’ANTI FEMME FATALE
Héroïne inoubliable de Jules et Jim, Jeanne Moreau occupe une place à part dans le cinéma français. Indépendante et spirituelle, l'actrice a su faire preuve d'une exigence peu commune, ouvrant ainsi la voie à toute une nouvelle génération de comédiennes.
 
Outre la rencontre de deux monstres sacrés, Jean Gabin et Jacques Becker, Touchez pas au grisbi marque également pour les cinéphiles le premier rôle d'envergure de Jeanne Moreau. À l’époque, la jeune actrice n'est apparue que dans sept films de moindre importance. Elle est en revanche très connue au théâtre: elle est entrée à l'âge de vingt ans à la Comédie-Française, devenant ainsi la plus jeune sociétaire de l'illustre maison. Mais au bout de quatre ans, elle décide de rejoindre la troupe du célèbre TNP (Théâtre National Populaire), alors dominée par la figure de Gérard Philippe. Entre-temps, la jeune actrice a goûté également au cinéma, en tenant notamment l'un des rôles principaux du film Il est minuit, docteur Schweitzer. Mais c'est véritablement Touchez pas au grisbi qui, en associant son nom à celui de Gabin, fait soudain de Jeanne Moreau une « actrice qui compte » ... 
JEANNE MOREAU : L’ANTI FEMME FATALE
JEANNE MOREAU : L’ANTI FEMME FATALE
CONSÉCRATION
 
Il lui faudra attendre encore quatre ans avant de tenir le rôle qui va définitivement changer la donne. En incarnant en 1958 la belle meurtrière d'Ascenseur pour l'échafaud, Jeanne Moreau livre devant la caméra de Louis Malle une prestation unanimement reconnue. La même année, le réalisateur, dont elle est devenue la compagne, la dirige à nouveau dans Les amants, qui déclenche les foudres de la censure pour son « amoralité» : le scandale achève de faire de Jeanne Moreau l'une des actrices françaises les plus en vue. Et en 1960, le Prix d'interprétation décroché à Cannes pour Moderato Cantabile lui vaut une reconnaissance internationale. Dès lors, Jeanne Moreau va tourner avec les plus grands, en France comme à l'étranger : au cours des années 60, elle collabore avec Antonioni (La notte), Truffaut (Jules et Jim, La mariée était en noir), Bunuel (Le journal d'une femme de chambre), Orson Welles (Le procès), John Frankenheimer (Le train) ... Devenue une véritable star, l'actrice se permet toutes les audaces : Jacques Demy la transforme ainsi en vamp hollywoodienne dans La baie des anges, et Louis Malle lui offre de tenir la dragée haute au mythe Bardot dans Viva Maria
JEANNE MOREAU : L’ANTI FEMME FATALE
JEANNE MOREAU : L’ANTI FEMME FATALE
FEMME-ORCHESTRE
 
Portée par cette liberté créatrice, Jeanne Moreau va s'illustrer aussi dans la chanson, où sa voix si particulière fait merveille (outre le célébrissime Tourbillon de la vie du film JuIes et Jim, elle immortalisera J'ai la mémoire qui flanche).
L'actrice passe également derrière la caméra pour réaliser deux longs métrages, Lumière et L'adolescente. Sans pour autant quitter l'écran, où elle apparaît à partir des années 70 dans des films aussi différents que Les valseuses de Bertrand Blier, Le miraculé de Jean-Pierre Mocky ou Nikita de Luc Besson. En revanche, elle ne tournera pas avec William Priedkin, le réalisateur de L'exorciste, qu'elle épouse en 1976 et quitte l'année suivante ... Aujourd'hui, cette comédienne infatigable alterne les téléfilms « de prestige » (Les parents terribles, de Josée Dayan) et les œuvres de la nouvelle génération de cinéastes (Le temps qui reste, de François Ozon). Outre un gigantesque appétit de vivre et une passion effrénée pour le cinéma, les raisons de cette formidable longévité résident probablement dans le fait que Jeanne Moreau n'a jamais cherché à jouer les déesses de l'écran. Elle a su sans complexe accepter l'impact du temps qui passe, et sa beauté mûrissante rayonne encore aujourd'hui. Cette attitude peu commune dans l'univers du cinéma fait d'elle, aujourd'hui, l'une des dernières grandes stars françaises.
JEANNE MOREAU : L’ANTI FEMME FATALE
Filmographie :
 
1949 Dernier amour
1952 II est minuit, docteur Schweitzer
1954 Touchez pas au grisbi
1954 La reine Margot
1958 Ascenseur pour l'échafaud
1958 Les amants
1960 Moderato cantabile
1961 La nuit
1962 Jules et Jim
1962 Le procès
1963 La baie des anges
1964 Le journal d'une femme de chambre
1964 Le train
1965 Viva Maria
1968 La mariée était en noir
1974 Les valseuses
1976 Lumière
1976 Le dernier nabab
1979 L'adolescente
1987 Le miraculé
1990 Nikita
1991 La vieille qui marchait dans lamer
2003 Les parents terribles
2005 Le temps qui reste 
JEANNE MOREAU : L’ANTI FEMME FATALE

Commenter cet article