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HENRY HATHAWAY

Publié le par Laurent Bigot

HENRY HATHAWAY
Henry Hathaway est un réalisateur américain, né à Sacramento (Californie) le 13 mars 1898. Fils d'acteur, acteur lui-même, il végéta longtemps comme scénariste de l'American Film Company, puis comme accessoiriste et régisseur à l'Universal : Franck Lloyd le remarqua, et il accéda à la réalisation de westerns de série B, pour la plupart «remakes » parlants de films muets tirés des romans d'une certaine Zane Grey et interprétés par Randolf Scott (HERITAGE OF THE DESERT, 1932 ; THE THUNDERING HERD, 1934, etc.). Sa première vraie chance lui fut donnée avec COME ON MARINES (Guy Standing, Ida Lupino, 1934), que suivit NOW AND FOREVER (Gary Cooper, Carole Lombard, 1935). Mais le succès lui vint avec deux filins aussi dissemblables que possible, LES TROIS LANCIERS DU BENGALE, apologie à retardement de la politique coloniale britannique, et PETER IBBETSON (la même année 1936), merveilleux film d'amour bien supérieur au roman de George Du Maurier dont il suit d'ailleurs fidèlement la trame mais non les lourdes digressions. 
HENRY HATHAWAY
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LES TROIS LANCIERS ont une histoire : parti aux Indes tourner ce film d'aventures «en décors naturels», Ernest Schoedsack avait rapporté un matériel inutilisable (la chaleur ayant endommagé la pellicule). Est-ce en raison de son long voyage aux Indes (1926-1929) qu'Hathaway fut chargé de recoller les morceaux dans ce film finalement tourné en Californie ? Il bâtit en tout cas sur lui une renommée technique qui lui valut la fidélité des producteurs. Sa «spécialité » était le rajustage des «transparences » avec les extérieurs tournés par ses assistants, sans temps morts ni faux raccords. Après la Deuxième Guerre mondiale, la rencontre du fameux producteur-photographe Louis de Rochemont lui valut une autre «spécialité» : celle de films «noirs», où l'atmosphère policière et criminelle est reconstituée avec un certain souci de réalisme, mais, qui, vu leur clinquant et leurs coups de théâtre arbitraires, ne sauraient être nommés comme il le fut à l'époque, «néo-réalistes ». Ajoutons qu'il ne s'agit pas non plus d'authentiques «thrillers » car toute perspective «fantastique » en est absente. 
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Ces préoccupations rendent languissante la deuxième partie de son western FROM HELL TO TEXAS (1958). Elles ne peuvent que surprendre, venant de l'auteur de NIAGARA (1953), un curieux film centré sur Marilyn Monroe moulée par une robe rouge, et subtile étude d'un transfert psychanalytique de potentiel érotique entre deux femmes, l'épouse légitime insatisfaite et l'amie de rencontre innocemment provocante. Enfin, LE FOND DE LA BOUTEILLE (1956) opère une synthèse entre le goût de Hathaway pour certaines délectations moroses et son aptitude à manier les acteurs, dans le sens de la plus grande crédibilité psychologique. Roublard au point d'avoir proposé «deux fins » différentes à son adaptation  d'un fait divers angoissant (QUATORZE HEURES, histoire d'un suicidé en sursis), Hathaway n'a pas une personnalité de premier plan, mais son goût des sujets bizarres, des travestissements (LA ROSE NOIRE, COURRIER DIPLOMATIQUE) et des criminels sexuels (RAWHIDE et NIAGARA) est assez affirmé pour qu'on devine, en ce «réalisateur » trop fécond, un « auteur» avorté, et, en tout cas, un esprit plus trouble qu'il n'y paraîtrait d'abord : ce costumier a parfois d'étranges arrière-pensées. Ses tout derniers films, bien qu'influencés presque directement par Hawks (ou même par LA NUIT DU CHASSEUR), unissent une solidité et même une lucidité de bon aloi à des « passages creux», qui font ressortir, chez lui, les limites du travail cinématographique par-delà le scénario. 
HENRY HATHAWAY
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