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TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955

Publié le par Laurent Bigot

Ancien cambrioleur, «le Chat» doit prouver qu'il n'est pas responsable d'une nouvelle série de vols de bijoux sur la Côte d'Azur. L'intrigue policière sert de prétexte à un badinage plein de grâce et d'ironie.

Ancien cambrioleur, «le Chat» doit prouver qu'il n'est pas responsable d'une nouvelle série de vols de bijoux sur la Côte d'Azur. L'intrigue policière sert de prétexte à un badinage plein de grâce et d'ironie.

Les années 1950 comptent parmi les plus productives d'Hitchcock. En 1954, avec Grace Kelly et Cary Grant, le réalisateur tourna dans le Sud de la France "La main au collet", une intrigue policière largement teintée d'humour et d'une grande beauté visuelle. Terminé en studio à Hollywood, ce "film léger", selon les termes d'Hitchcock lui-même, mais d'un charme irrésistible, obtiendra l'oscar de la ameilleure photographie l’année suivante.

 

TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
C’est un jeune homme de cinquante-cinq ans qui, en ce début de l'année 1954, se met au travail sur To catch a thief (La Main au collet). Alfred Hitchcock est en pleine forme, léger (dans tous les sens du terme : il a perdu quelque cinquante kilos au cours des mois précédents !) et d'une productivité époustouflante, Les films s'enchaînent et ne se ressemblent que sur un point : leur qualité.
Rear window (Fenêtre sur cour) n'était pas encore sorti qu'Hitchcock repartait sur un nouveau projet. La Paramount, pour laquelle il travaillait depuis ce dernier film, lui proposa d'adapter un roman de David Dodge : To catch a thief une intrigue policière flirtant avec la comédie, qui se déroule sous le soleil de la Côte d'Azur Après l'atmosphère pesante de Fenêtre sur cour, un film léger était le bienvenu.

Le roi du suspense était aussi un maître de la comédie, son public ne devait pas l'oublier. À cet égard, le roman de Dodge avait tout pour séduire, d'autant qu'il se déroulait dans une des plus belles régions du monde, ce qui permettait au réalisateur de mêler travail et plaisir.

John Michael Hayes était le scénariste idéal, capable de tirer tout son nectar du roman et de mettre au point un scénario idéal. Mais Hayes ne connaissait pas la Côte d'Azur. Qu'à cela ne tienne ! Le réalisateur remédia à cette lacune : « Quand il apprit que je n'étais jamais allé dans le Sud de la France, il s'arrangea pour que ma femme m'accompagne, aux frais du studio, afin d'y effectuer des repérages. Ce voyage fut naturellement le bienvenu et, à mon retour ; je savais exactement quoi faire du roman. » 

Il était en effet essentiel qu'Hayes connaisse la topographie des lieux, mais également l'ambiance méditerranéenne, qui donne une saveur particulière au film. De retour aux États-Unis, le scénariste se mit à l'ouvrage en étroite collaboration avec Hitchcock. Fin avril 1954, le scénario était prêt, et Hitchcock, grandement satisfait. Il se contenta d'effectuer quelques coupures, qui eurent pour effet de réduire le rôle de certains personnages secondaires, mais surtout de renforcer un dialogue pourtant déjà audacieux.

 

Grace Kelly et Cary Grant

Grace Kelly et Cary Grant

Début mai, sans temps mort, le réalisateur débuta le tournage. Le casting était prêt :
Cary Grant était sorti de sa tanière et avait accepté de jouer de nouveau, après avoir laissé planer la possibilité d'une fin de carrière anticipée. Grace Kelly, très demandée, avait réussi à dégager sur son emploi du temps les quelques mors nécessaires pour tourner son troisième film avec Hitchcock. Le réalisateur avait également choisi ses acteurs français - malgré un travail incessant il voyait beaucoup de films. Il put ainsi retenir Charles Vanel (1892-1989), dont il avait apprécié le jeu dans Le Salaire de la peur (1953) d'Henri-Georges Clouzot, et repérer la jeune Brigitte Auber dans Sous le ciel de Paris (1950) de Julien Duvivier.

 

TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
Hitchcock se devait d'apparaître au début du film, afin d'éviter que les fanatiques de ses apparitions ne ratent le développement de l'intrigue en scrutant chaque recoin de l'écran à la recherche de sa silhouette. Cette apparition fait sourire, comme souvent, non par l'attitude du réalisateur (Hitchcock reste impassible sur la banquette arrière du bus), mais bien plutôt par celle de Cary Grant, qui affiche une mimique quasi burlesque.

Hitchcock se devait d'apparaître au début du film, afin d'éviter que les fanatiques de ses apparitions ne ratent le développement de l'intrigue en scrutant chaque recoin de l'écran à la recherche de sa silhouette. Cette apparition fait sourire, comme souvent, non par l'attitude du réalisateur (Hitchcock reste impassible sur la banquette arrière du bus), mais bien plutôt par celle de Cary Grant, qui affiche une mimique quasi burlesque.

L’équipe du film se retrouva en mai à Cannes, où devait commencer le tournage des extérieurs. Une fois sur place, il fallait aller vite. Le réalisateur confia donc à une seconde équipe de tournage, dirigée par Herbert Coleman, le soin de filmer les poursuites en voiture et certains plans dans lesquels les vedettes n'apparaissaient pas. Il régla tout minutieusement, comme en témoigna Coleman : «Hitchcock préparait sérieusement ses films, il détestait les surprises sur le tournage, et cela était payant. [ ... ] Les repérages étalent des moments formidables, nous sommes allés à Monte-Carlo pour La Main au collet c'est mon meilleur souvenir. »

 

Le chef opérateur Robert Burks fut particulièrement sollicité. Il ne suffisait pas de filmer une région idyllique telle que la Côte d'Azur pour que l'image soit belle. Il fallait aussi bien la filmer. L’intention d'Hitchcock à ce sujet ne laissait aucune place au doute. Le réalisateur entendait faire de la Riviera française et de ses beautés un des points forts du film. Dans cette optique, il choisit de tourner en Technicolor, afin de magnifier la Côte d'Azur ... et son actrice, Grace Kelly. Robert Burks s'attela avec un tel zèle à son travail que la photographie de La Main ou collet lui valut un oscar. De fait, les vues de la côte ou de l’arrière-pays sont d'une grande beauté. Le tournage des extérieurs à Cannes, Nice et Monaco se déroula en juin, sans encombre et dans une atmosphère plaisante. 
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
Les deux rôles principaux de La Main au collet se sont imposés d'eux-mêmes à Hitchcock. Pour la troisième fois, il fit appel à son actrice fétiche : Grace Kelly (1929-1982). Et il tenait à donner le rôle de John Robie à Cary Grant (1904-1986). Il dut pour cela convaincre l'acteur, qui n'avait plus remis les pieds sur un plateau de cinéma depuis dix-huit mois, une interruption très commentée dans la presse que le réalisateur parvint finalement à rompre.
 
Les seconds rôles ne furent pas des seconds couteaux. John Williams (1903-1983), qui apparaissait déjà dans Le Procès Paradine et jouait l'inspecteur dans Le Crime était presque parfait, fit un bon agent d'assurance. Jessie Royce Landis (1904-1972) apporta la réplique idéale à sa fille Fronces, avant de jouer la mère de Grant dans La Mort aux trousses. Les acteurs français furent largement mis à contribution, pour les scènes tournées en France et pour deux rôles clés : Charles Vanel (1892-1989) interprète Bertani, malgré son incompétence totale en anglais (il fut finalement doublé) ; quant à Brigitte Auber (née en 1928), elle fut retenue pour son allure athlétique, avant même qu'Hitchcock apprenne qu'elle pratiquait l'acrobatie entre deux tournages, une compétence bien utile pour jouer les chats de gouttière. Notons également, la présence de Roland Lesaffre (1927-2009), qui fait de courtes apparitions dans le film.

 

TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
Et si on parlait de l'histoire !
Une série de cambriolages est commis dans des palaces de la Côte d'Azur. La police soupçonne John Robie célèbre cambrioleur maintenant retiré sur la côte. John retrouve ses anciens amis de la résistance dans un restaurant dont le maître d'hôtel est Betrani . Danielle, la fille du somelier du restaurant est persuadée que Robie est l'auteur des cambriolages. John rencontre alors une riche héritière américaine Frances Stevens qui tombe amoureuse de lui. Peu de temps après, un collier de Frances est dérobé et le sommelier est retrouvé noyé. John décide alors de confondre le vrai voleur lors d'une reception. Il monte sur le toit et surprend Danielle en pleine tentative de cambriolage, qui lui avoue qu'elle travaillait sous les ordres de Betrani. La fin du film voit les retrouvailles de John et Frances. (www.cineclubdecaen.com)
 
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
Le séjour d'Hitchcock sur la Côte d'Azur suscita un autre événement qui, s'il put paraître anodin sur le moment, allait s'avérer décisif pour l'avenir du réalisateur : Sur le tournage, Alfred Hitchcock reçut la visite du critique français André Bazin (1918-1958), l'un des cofondateurs d'une petite revue destinée à un grand avenir : Les Cahiers du cinéma. Il était le doyen de ses membres et sans doute le moins enthousiaste vis-à-vis du travail d'Hitchcock La rencontre devait lui permettre de fixer son opinion. Mais qui ne veut rien voir ne voit rien ! Ignorant tout des méthodes de travail du maître, qui surveillait d'un œil vif, mais apparemment distrait, un tournage consistant à enregistrer ce qui était déjà prévu dans les moindres détails, Bazin ne put le comprendre. Son opinion faite, Bazin la consigna dans le numéro d'octobre des Cahiers dédié à Hitchcock, de jeunes critiques (François Truffaut, Claude Chabrol. . .) lui donnant la réplique. Ces textes suscitèrent un débat international : Hitchcock était-II un véritable artiste ou un simple faiseur de spectacle ? Plusieurs années seront encore nécessaires avant que son travail soit enfin reconnu pour ce qu'il est : du grand art. 
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
Les extérieurs finis, l'équipe s'envola pour Hollywood où devaient être tournées les scènes en studio. Certaines demandèrent un travail imposant : ainsi, la scène du bal costumé prit plusieurs semaines, et le tournage ne s'acheva qu'à la fin du mois d'août. Sans perdre une seconde, Hitchcock enchaîna aussitôt sur le tournage d'une autre comédie : Mais qui a tué Harry ? Et, dans cette période d'une productivité extraordinaire, il eut encore le temps d'achever un autre film, L'Homme qui en savait trop, avant que ne sorte, en grande pompe, La Main au collet. La première eut lieu à New York, le 4 août 1955. La critique se montra divisée, allant de l'éloge dithyrambique à la critique la plus acide. Le public, lui, était moins mitigé : on se pressait pour admirer la beauté de Grace Kelly et l'élégance charmeuse de Cary Grant. Nominé pour trois oscars (meilleure direction artistique, meilleurs costumes et meilleure photographie), La Main au collet en obtint un : pour l'image, exceptionnelle, de Robert Burks. Hitchcock lui-même ne fut pas récompensé. Il ne le sera jamais
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
La Main au collet était «un film léger», selon les mots d'Hitchcock. La critique, dans son ensemble, fit le même constat, mais en soulignant les points forts et les charmes d'une œuvre qui n'en manque pas, à commencer par les thèmes typiquement hitchcockiens dont il est truffé. John Robie est un faux coupable comme on en trouve tant dans la filmographie du réalisateur. Pour se disculper, il doit lui-même trouver le vrai coupable, autre schéma récurrent chez Hitchcock (dans Jeune et innocent, par exemple, le héros remonte jusqu'au coupable pour prouver son innocence). 
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
D'autres symboles relèvent également du vocabulaire hitchcockien. L'apparition des oiseaux, quand Robie monte dans le car après avoir semé les policiers préfigure Les Oiseaux (1963). L'avion qui survole le bateau transportant Robie vers Cannes évoque une scène similaire dans Les Trente-Neuf Marches et annonce la séquence la plus fameuse de La Mort aux trousses. Enfin, la nourriture joue un rôle de catalyseur qui renforce l'humour ou la symbolique de nombreuses scènes, depuis la cigarette écrasée dans un œuf ou la quiche lorraine prétexte à un dialogue hilarant entre Robie et Hughson jusqu'au poulet qui envoie les policiers (les « poulets ») dans le décor avant que Frances et Robie se partagent l'aile et la cuisse durant leur pique-nique amoureux. On retrouve une scène proche dans L'Étau, où un poulet sert à cacher les microfilms avant d'être dévoré par Devereaux et Juanita sous les yeux du responsable cubain qui les soupçonne d'espionnage.
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
Le lien entre le vol et la sexualité est également un grand thème hitchcockien, qui est développé ici de manière plaisante il le sera plus tragiquement dans Pas de printemps pour Marnie. L'attirance sexuelle de Frances pour Robie ne peut se distinguer de sa fascination pour son passé de voleur. Comme Mark avec Marnie, Frances essaie d'attraper Robie d'abord comme voleur, puis comme mari. Lors de la scène du feu d'artifice, les propositions de Frances sont autant d'ordre sexuel que liées au vol auquel elle veut collaborer : Comme il le fera avec Marnie, Hitchcock renverse la théorie généralement, acceptée. À ses yeux, le vol n'est pas une pulsion sexuelle, c'est le sexe qui est une pulsion de vol. Face au couple Frances Stevens-John Robie, la jeune Danielle Foussard sert de contrepoint. Comme l'a souligné Donald Spoto, elle évoque un autre personnage typiquement hitchcockien : «Dans sa jalousie, sa débrouillardise insidieuse et son penchant pour le chantage moral, elle est très proche de Lil Mainwaring dans Pas de printemps pour Marnie.» 
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
Les baisers chez Hitchcock, toute une histoire ! 
Puritain sensuel ou libertin plein de retenue, le réalisateur, difficilement classable dans ce domaine, a fait des baisers sa marque de fabrique. De l’audacieuse rencontre ferroviaire avec Cary Grant et Eva Marie Saint, à la fin de "La mort aux trousses", au photogénique et troublant baiser de James Stewart et Grace Kelly dans "Fenêtre sur cour", en passant par l’inquiétante union de Tippi Hedren et Sean Connery dans "Pas de printemps pour Marnie, Hitchcock nous offre les plus beaux baisers de l’histoire du cinéma, avant tout parce qu’il prend le temps de les filmer. Cadrages serrés, lents travellings, poses audacieuses… Ces scènes participent indéniablement autant à la beauté des films du réalisateur qu’à l’efficacité de la narration.
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
On peut de fait qualifier La Main au collet de comédie sensuelle. Et, dans le contexte où se situe l'action, on pourrait même parler de comédie libertine, libertine comme l'a été la France du XVIIIe siècle. Ce n'est pas un hasard si Hitchcock maintient l'intrigue dans ce pays. Le film s'ouvre sur une publicité annonçant : Si vous aimez la Vie, vous aimerez la France ! La jeune Mlle Stevens s'appelle Frances. La France à laquelle le réalisateur fait appel, c'est celle du siècle des Lumières, des scènes galantes et du libertinage. Tout est là pour le rappeler : les tableaux accrochés aux murs évoquent des scènes galantes de Watteau, le mobilier de l'hôtel évoque le XVIIIe siècle et, surtout, le bal est en costumes Louis XV. Certains critiques, Donald Spoto en tête, ont jugé que ce bal était vulgaire. Toutefois, si l'on regarde bien, on verra qu'il ne se finit pas « dans les brumes d'une décadence alcoolisée» comme l’écrit Spoto, mais sur une image de couples enlacés ici et là, évoquant à l'évidence une scène galante dans un parc à la manière de Watteau ou de Fragonard. Hitchcock est loin de la vulgarité, lui qui voulait son actrice resplendissante dans sa robe Régence cousue de fils d'or. 
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955
Photos de tournage
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Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage

Photos de tournage

Alfred Hitchcock s'est expliqué clairement avec François Truffaut : « Quand j'aborde les questions de sexe à l'écran, Je n'oublie pas que, là encore, le suspense commande tout. SI le sexe est trop criard et trop évident, il n'y a plus de suspense. Qu'est-ce qui me dicte le choix d'actrices blondes et sophistiquées ? Nous cherchons des femmes du monde, de vraies dames qui deviendront des putains dans la chambre à coucher. La pauvre Marilyn Monroe avait le sexe affiché partout sur la figure, comme Brigitte Bardot, et ce n'est pas très fin.» Et, à Truffaut qui remarquait que le public masculin, malgré tout, préférait peut-être les femmes très charnelles, Hitchcock répondait : « C'est possible, mais vous convenez vous-même qu'elles ne peuvent tourner que de mauvais films. Pourquoi ? Parce qu'avec elles, il ne peut pas y avoir de surprise, donc pas de bonnes scènes, il n'y a pas avec elles de découverte du sexe. Regardez le début de La Main au collet. J'ai photographié Grace Kelly impassible, froide, et je la montre le plus souvent de profil, avec un air classique, très belle et très glaciale. Mais, quand elle circule dans les couloirs de l'hôtel et que Cary Grant l'accompagne Jusqu'à la porte de sa chambre, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle plonge directement ses lèvres sur celles de l'homme. » En signant La Main ou collet Hitchcock nous prouvait, une fois encore, qu'il savait mieux que quiconque jouer avec la beauté et la sensualité comme parties prenantes d'une intrigue, à la fois ressorts et raisons d'être de l'œuvre. 
TO CATCH A THIEF (La main au collet) – Alfred Hitchcock – 1955

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