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2 - THE KILLERS (Les Tueurs) Robert Siodmak (1946), avec Burt Lancaster et Ava Gardner

Publié le par Laurent Bigot

2 - THE KILLERS (Les Tueurs) Robert Siodmak (1946), avec Burt Lancaster et Ava Gardner
Le lieu de l'action est Brentwood, New Jersey, en 1946, et Ole Anderson (B. Lancaster) y est connu sous le nom de Pete Lunn ou «Swede» (le Suédois), pompiste d'occasion au garage voisin. Nick devance les tueurs en courant par les jardins - suivi tout du long par un superbe mouvement de grue qui nous conduit des jardins à la chambre de Swede, au premier étage, passe devant un corps allongé dans l'ombre puis fixe la porte d'où l'adolescent va surgir. Swede lui explique son attitude d'une voix basse et fatiguée: «J'ai commis une faute, autrefois ... » Son visage reste dans l'ombre. Suit une conclusion «à la Siodmak». Le condamné attend la mort comme hypnotisé, immobile sur son lit, toutes lumières éteintes. Quand résonnent des pas dans l'escalier, il surveille le rai de lumière sous la porte. Silence. La porte s'ouvre brutalement, éclairant le visage angoissé de Swede, et deux silhouettes labourent le lit de leurs armes automatiques. Chaque coup de feu, tel un éclair, illumine le faciès des tueurs. Fondu au noir. L'ouverture - comme le reste du film - est marquée de cette violence froide, montrée sans détour.
John Huston (qui a participé à une grande partie de l’écriture du scénario, mais non crédité au générique) brode à partir de là, car il s'agit de découvrir qui était Swede et pourquoi il a été abattu. Siodmak : «Le cinéma a progressé en matière de motivation psychologique. Aujourd'hui, les gens veulent en savoir plus sur les «gentils» ou les «méchants» de l'écran. Le spectacle d'Al Capone mitraillant ses rivaux ne suffit plus. On veut savoir ce qui a motivé ces tueurs insensés. ( ... ) C'est pourquoi j'ai toujours préféré le gangster de fiction au réel. L'approche documentaire ne retient que l'action, c'est du cinéma «B», le legs du cinéma à la télévision. On n'y présente que des types, pas des caractères. Or c'est les caractères qui m'intéressent avant tout. .. Dans THE KILLERS, chaque criminel était un individu, une entité séparée du groupe».
2 - THE KILLERS (Les Tueurs) Robert Siodmak (1946), avec Burt Lancaster et Ava Gardner
Afin de rendre son film plus «authentique», Mark Hellinger (le productyeur) cherche des visages inconnus. Entre en scène l'ex-acrobate newyorkais Burton Stephen Lancaster, un mètre quatre-vingt-cinq, une stature de blond Viking. Récemment démobilisé, Lancaster vient d'interpréter un G.I. dans une pièce peu goûtée du public (« A Sound of Hunting» de Harry Brown, nov. 1945) mais remarquée par les «talent scouts» californiens. En janvier 1946, Lancaster débarque à Hollywood sur invitation de plusieurs intéressés et signe un contrat de sept ans avec Hal Wallis (Paramount) moyennant une option pour un film par an dans un autre studio. Cette option joue en sa faveur, car une fois les bouts d'essais passés, la Paramount le prie de patienter jusqu'en août, date de son premier film (Desert Fury). Lancaster ronge son frein. Entretemps, Hellinger cherche fiévreusement un interprète pour le rôle central de Swede, un boxeur un peu stupide qui devient la victime de l'histoire. Il demande à la Warner de lui prêter Wayne Morris (sa vedette de Kid Galahad en 1937) mais les 75.000$ exigés en échange dépassent son budget ; il envisage Sonny Tufts) quand Lancaster s'arrange pour lui soumettre secrètement son bout d'essai. Hellinger le trouve si maladroit, si lourdaud qu'il l'engage sur le champ. Ce n'est qu'en le voyant sourire de toutes ses dents, une fois le contrat signé, que le producteur remarque qu'il a été mené par le bout du nez : son athlète a plus de cervelle qu'il n'en paraît ! 
2 - THE KILLERS (Les Tueurs) Robert Siodmak (1946), avec Burt Lancaster et Ava Gardner

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