Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

8 et 9 - THE KILLERS (Les Tueurs) Robert Siodmak (1946), avec Burt Lancaster et Ava Gardner

Publié le par Laurent Bigot

8 et 9 - THE KILLERS (Les Tueurs) Robert Siodmak (1946), avec Burt Lancaster et Ava Gardner

La somme dérobée lors de l’hold-up de la «Prentiss Hat Company» à Hackensack, n'a jamais été récupérée et les employeurs de Reardon ont dû rembourser les 250.000 $ ; ce dernier est appelé au chevet de Blinky (Jeff Corey), un gangster mourant, ancien acolyte de Colfax. Blinky délire. Neuvième flash-back ... lors d'une partie de poker, à la veille du «coup», Swede surprend Colfax en train de rudoyer Kitty, puis de tricher aux cartes. Il l'envoie au sol d'un coup de poing bien placé. Colfax se promet de se venger «plus tard».

L’accueil du film en Europe, notamment en France, est révélatrice quant à l'anti-américanisme de circonstance et aux préjugés moralisateurs d'une bonne partie de la «critique». On n'y voit que «film tarabiscoté», «dénué du moindre intérêt humain» ; au mieux lui concède-t-on «d'excellentes notations d'atmosphère». Comme à l'accoutumée, la Suisse interdit le film dans plusieurs cantons. Quelques plumitifs ironisent ou fulminent contre «l'inqualifiable sacrilège commis envers un des grands écrivains de notre siècle». Rassurons-les : Ernest Hemingway a souvent affirmé que The Killers était le meilleur de tous les films inspirés de son œuvre ; il en possédait même une copie 16 mm qu'il se serait fait projeter plus de deux cents fois. 
Robert Siodmak, lors d'une séance de réécriture du scénario lors du tournage.

Robert Siodmak, lors d'une séance de réécriture du scénario lors du tournage.

8 et 9 - THE KILLERS (Les Tueurs) Robert Siodmak (1946), avec Burt Lancaster et Ava Gardner

Dans un dixième flash-back, l'agonisant revoit le partage des 250.000 $ auquel Swede, éconduit par Colfax, n'a pas été convié. Kitty l'a cependant averti de la duperie ; il surgit, revolver au poing, s'empare du butin et disparaît ... Blinky rend l'âme.

Aux Etats-Unis, la bande fait sensation et la Universal enregistre une recette record de 2.500.000 $. Le magazine Life consacre sept pages à l'événement et parle d'un «mélodrame superbe, sans une seconde d'ennui, sans une réplique creuse, sans un personnage faux ; rien qu'une action menaçante menée avec une compétence extrême. Il n'y a pas un acteur connu, et pourtant le niveau des prestations est digne de l'Academy Award ». L'austère «Acaderny of Motion Picture Arts and Sciences», en effet, ne se fait pas attendre : Siodmak est candidat à l'Oscar pour la meilleure mise en scène de l'année, de même qu'Anthony Veiller pour «son» scénario et Arthur Hiller pour le montage. (C'est pourtant William Wyler qui remportera la statuette d'or avec Les Plus belles années de notre vie). Le «National Board of Review» - le conseil des critiques américains - et Time Magazine classent The Killers parmi les dix meilleurs films de 1946. Ava Gardner, récupérée par la M.G.M., gagne le prix «Look» attribué à la débutante la plus prometteuse, et Burt Lancaster, «le premier G.I. à percer à l'écran», commence une carrière glorieuse sous la supervision de Hal Wallis. Hellinger, établi comme «valeur sûre» à Hollywood, retient l'acteur pour deux autres films Universal, à commencer par Brute Force (Les Démons de la liberté, 1947 de Jules Dassin). Quant à Edmond O'Brien, il inaugure, lui aussi, une jolie carrière dans le film noir (L’Enfer est à lui de Raoul Walsh). Parmi les multiples autres retombées des Killers, signalons encore que le film noue quelques amitiés durables et non dénuées d'importance pour l'histoire du cinéma (Hemingway-Huston-Ava) et que, dix-huit ans plus tard, Don Siegel en réalisera un surprenant remake en couleurs – The Killers (A Bout pourtant) - avec Lee Marvin, Angie Dickinson, John Cassavetes et Ronald Reagan). 

 

Richard Siodmak, Ava Gardner et Artie Shaw, en visite sur le tournage.Outre pour sa carrière artistique, Artie Shaw fut un grand musicien de jazz, il était connu pour avoir défrayé la « press people » par ses conquêtes féminines : Lana Turner, Ava Gardner, Evelyn Keyes, Kathleen Winsor, Elisabeth Kern,...

Richard Siodmak, Ava Gardner et Artie Shaw, en visite sur le tournage.Outre pour sa carrière artistique, Artie Shaw fut un grand musicien de jazz, il était connu pour avoir défrayé la « press people » par ses conquêtes féminines : Lana Turner, Ava Gardner, Evelyn Keyes, Kathleen Winsor, Elisabeth Kern,...

Commenter cet article