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CHARLES SPAAK

Publié le par Laurent Bigot

CHARLES SPAAK
Charles Spaak est un scénariste français d'origine belge, né à Bruxelles le 25 mai 1903, mort le 4 février 1975 à Vence (Alpes-Maritimes) ; fils du dramaturge Paul Spaak qui dirigea le théâtre de la Monnaie, frère du politicien Paul-Henri Spaak, plusieurs fois ministre (leur mère avait d'ailleurs, elle-même, siégé au Sénat belge) et du dramaturge Claude Spaak. Charles Spaak vint à Paris en 1928, d'abord comme secrétaire de son compatriote Jacques Feyder qui, bientôt après, dès la même année, le fit débuter comme scénariste pour LES NOUVEAUX MESSIEURS.
 
Il sera pendant les trente années qui vont suivre l'un des auteurs les plus féconds du cinéma français : son nom paraîtra au générique de plus de cent films en tout genre. Il travaille souvent «à façon» et «sur commande», mais aussi quand il le peut avec un goût certain pour l'art - par-delà le «métier» - et les titres sont nombreux qui honorent son nom, principalement au cours des années 30. Il se range en effet parmi les scénaristes qui ont poussé à cette époque la recherche d'une certaine forme de réalisme, «réalisme poétique» ou «fantastique social», avec toutefois moins de bonheur que Jacques Prévert dont la personnalité dominait davantage. Spaak, en effet, est souvent tombé dans le naturalisme pur et simple, un naturalisme de littérature bourgeoise qui se garde soigneusement de toucher aux structures de classe et va facilement jusqu'à la mystification, pour peu que le réalisateur l'y entraine (tel Duvivier pour qui il écrit LA BANDERA et, notamment, la BELLE ÉQUIPE).
 
Avec le recul du temps, il apparaît que la part aujourd'hui la plus intéressante - parce que inachevée et même tombée dans l'oubli - de ses recherches vers un certain réalisme est celle où l'a entraîné sa collaboration avec Feyder : LE GRAND JEU (1933) ; PENSION MIMOSAS (1934) ; LA KERMESSE HÉROÏQUE (1935). Il a su également servir avec intelligence des metteurs en scène aux tempéraments aussi divers que Jean Grémillon (LA PETITE LISE, 1931 ; L'ÉTRANGE MONSIEUR VICTOR, 1938 ; LE CIEL EST A VOUS, 1943) ; Jean Renoir (LES BAS-FONDS, 1936 ; LA GRANDE ILLUSION, 1937) ; Marc Allégret (LES BEAUX JOURS, 1935) ; André Cayatte (JUSTICE EST FAITE, 1950 ; NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSINS, 1952) ; Christian-Jaque (L'ASSASSINAT DU PÈRE NOEL, 1941 ; PREMIER BAL, 1941), et beaucoup d'autres. Mais, si œuvre il y a, son absence d'unité est totale. A défaut de la belle unité de l'œuvre de Prévert, on n'y décèle même pas la «patte» d'un Jeanson ou les obsessions d'un Chavance. Toutefois, on y trouve les traces, de plus en plus faibles à partir de 1940, d'une certaine revendication individualiste : «Je me suis toujours attaché à l'homme de bonne volonté mis en présence de problèmes qui le dépassent», a-t-il écrit, ce qui vaut certes pour les films qu'il a faits avec Cayatte ou Duvivier, mais ne suffit pas à définir une œuvre comme LA GRANDE ILLUSION qu'il cite pourtant en exemple de ce propos ! Le plus caractéristique étant que «l'homme de bonne volonté» se trouve toujours, dans les scénarios de Spaak, «dépassé» précisément par ces problèmes (sauf en deux cas : LA KERMESSE HÉROÏQUE et LE CIEL EST A VOUS. où «l'honnête homme», d'ailleurs, est incarné ... par deux femmes). 

 

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