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5 - LA BELLE EQUIPE – Julien Duvivier (1936)

Publié le par Laurent Bigot

(plan 201) Gina, assise sur son lit, le dos tourné à la porte, la cuisse découverte, la gorge généreusement dévoilée par sa combinaison, la robe de chambre à moitié glissée, lit une brochure en mangeant un croissant trempé qu’elle engloutit d’une bouche avide, quand on frappe. Jean, très bien habillé, chapeau sur la tête, vient de refermer la porte et se tourne vers Gina qui l’agonie de reproches. Gina : Non mais, en v’là des manières ! Ben, on frappe avant de rentrer ! Jean : Ben j’ai frappé ! Gina : On dit qui on est ! Jean : Ben, je suis Jean quoi !
 
(plan 203) Un regard ravageur droit dans les yeux de Jean, elle écarte avec un demi-sourire les pans de la robe de chambre hâtivement rajustée pour montrer que, effectivement, elle est en combinaison. Gina : J’ai pas de rouge et je suis pas coiffée ! Jean : T’es belle tout de même va ! Dis donc, ça coûte cher une liquette comme ça ?
 
(plan 206) Gina s’assoit sur une chaise à côté du lit et entreprend de mettre ses bas en dévoilant largement ses jambes, et, par conséquent, le reste aussi. Jean : Dis donc, y a longtemps que c’est fini, Charles et toi ? Gina : Dans les quatorze mois ! Une bêtise que j’avais faite ! Un pauvre type ! Jean : Et l’argent qu’il t’a donné, ou tu l’as mis ? Entre nous je suis venu le chercher ! Je te dis tout de suite pour qu’il y ait pas de surprise ! Gina : Y a rien d’autre ici qui te ferait plaisir ?
 
(plan 207) Elle lui tapote le menton et commence à s’éloigner. Elle arrive près de la fenêtre, se penche pour prendre quelque chose. Jean la rejoint et, la relevant assez brutalement, lui prend les deux mains dans les siennes, mais sans tendresse. Jean : Y a le toit de notre maison qu’est crevé, t’entends l’artiste, le toit de notre maison, une maison qui s’appelle « Chez Nous », alors donne-moi l’argent, t’as compris ? Je veux que tu me donnes l’argent, tu m’entends, je suis pas venu ici pour rien !
 
5 - LA BELLE EQUIPE – Julien Duvivier (1936)

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