Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

6 - LA BELLE EQUIPE – Julien Duvivier (1936)

Publié le par Laurent Bigot

Renoir était prêt à céder La Grande Illusion à Duvivier pour tourner La Belle Equipe, mais finalement Duvivier n’y consentit point.

6 - LA BELLE EQUIPE – Julien Duvivier (1936)
Peut-on comparer « la guinguette collectiviste » selon l’expression de Vinneuil, à la coopérative du Crime de Monsieur Lange ? Pas vraiment. La coopérative représernte une conviction profonde, « militante », des auteurs, Renoir et le Groupe Octobre. La Belle Equipe basée sur le « deux ex machina » du billet de loterie ne songe jamais à faire œuvre critique de la société, par exemple, à propos du chômage. Même Mario, l’exilé politique, ne pense guère à l’Espagne ; son statut de paria ne sert qu’au scénario. Le ressport principal est la fatalité, comme dans de nombreux films de l’époque (l’équipe Carné-Prévert), en particulier ceux de Duvivier-Spaak :  La Bandera, plus tard Pépé le Moko donnent au héros une fin tragique.
 
Par ailleurs, toute la carrière de Duvivier le montre comme un cinéaste pessimiste ; les scènes où l’on voit la grand-mère d’Huguette rendue à la solitude lorsque sa petite fille part avec Mario, ne sont pas spécialement gaies. Charles Spaak a souligné que sa volonté était de raconter une histoire individuelle, non de tirer une leçon de portée générale ; « le sujet de la Belle Equipe entrait davantage dans le tempérament et dans les idées de Renoir que dans ceux de Duvivier qui n’était pas un metteur en scène engagé, très brillant mais (…) dont les idées politiques étaient très flottantes ». Renoir était prêt à céder La Grande Illusion à Duvivier pour tourner La Belle Equipe, mais finalement Duvivier n’y consentit point.
"Le Peuple au cinéma" - Geneviève Guillaume Grimaud (1986)

Commenter cet article