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4 - LA FIN DU JOUR - Julien Duvivier (1938)

Publié le par Laurent Bigot

La grande salle commune de l'abbaye était devenue le salon où se réunissaient les pensionnaires. Saint-Clair s'y rendit, ce premier soir avec les autres. Deaubonne jouait au piano la Sonate au Clair de Lune, et Ils étaient là trente ou quarante qui écoutaient.
 
De l'un à l'autre, agaçant, piquant, Cabrissade discourait :
- Ca me rappelle bien des choses, affirmait-Il, Ainsi je me souviens qu'un soir que je chantais au Métropolitain Opéra de New-York...
- Toi, tu as chanté à New- York, tu es fou ! se récria Leducq.
Mais Cabrissade eut une réponse magnifique qui balaya les objections et qui contenait toute, la naïve rancœur du bonhomme :
- C'est exact, je suis fou à ma manière... Seulement, si je n'inventais pas des souvenirs, je n'en aurais pas... Je ne te demande pas de me croire. Je te demande de m’écouter…
 
Saint-Clair qui s’était approché posa sa main sur son épaule :
- Je t'adore, Cabrissade. Tu mens avec franchise, au moins toi ! Ah ! la vie, vois-tu, quel théâtre !
Une voix fraîche et pure s'était élevée dans le salon, chantant une romance ; en s'approchant, Saint-Clair vit que celle qui possédait cette voix suave était vieille et grosse. Il montra à Cabrissade la rangée des vieillards qui écoutaient recueillis et chuchota :
- Dis donc, c'est comme ça tous les soirs ?
- Oui… et aujourd'hui, c'est fête… 
 
Extraits tirés de :
LE FILM COMPLET DU JEUDI – La Fin du Jour – Renée Leyral – n° 2283 du 29/06/1939
4 - LA FIN DU JOUR - Julien Duvivier (1938)

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