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5 & 6 - THE SEVEN YEAR ITCH (Sept ans de réflexion) – Billy Wilder - 1955

Publié le par Laurent Bigot

5 & 6 - THE SEVEN YEAR ITCH (Sept ans de réflexion) – Billy Wilder - 1955

Elle repart pour chercher une bouteille de champagne dans son appartement puis revient, avouant à Richard qu'elle préfère Eddie Fisher à Rachmaninoff.

Richard cherche à l'embrasser alors qu'ils jouent tous les deux du piano et ils se retrouvent à terre. La jeune femme repart.

Dans cet univers où Richard (38 ans) est subjugué par sa blonde rencontre de 22 ans, tout semble possible, la réalité s'estompant devant les rêves. Sans doute frustré dans sa vie amoureuse, Richard se voit parlant comme Charles Boyer et séduisant la jeune femme qu'il convoite au son du Concerto pour piano n° 2 de Rachmaninoff. La réalité, quelques minutes plus tard, reprend ses droits et Richard se retrouve à terre après avoir maladroitement tenté d'embrasser sa voisine. 

 

5 & 6 - THE SEVEN YEAR ITCH (Sept ans de réflexion) – Billy Wilder - 1955
5 & 6 - THE SEVEN YEAR ITCH (Sept ans de réflexion) – Billy Wilder - 1955
Opposant les fantasmes à la réalité, et révélant du coup tout un passif historique et ancestral, le film met à nu un type de comportement masculin à travers l'approche d'une institution sociale, le mariage, instrument de réussite ou tout au moins de reconnaissance. Toujours en quête de vérité et d'authenticité, Billy Wilder fait craqueler le vernis pour découvrir ce qu'il cache et souligner sa fragilité et son artificialité, puisque tout ne tient ici qu'à la chute d'un tabouret. La remise en cause porte bien moins sur le mariage en tant que tel que sur son utilisation factice et ses résultats dans le cadre d'une société donnée, américaine en l'occurrence, où il est considéré moins pour lui-même que pour sa valeur de représentation sociale, de réussite. A cette « réussite» est opposé l'échec d'une rencontre et d'une possibilité de s'ouvrir à l'autre comme à soi-même. Dans Uniformes et jupon court l'on voit Susan Applegate user du déguisement pour s'assurer de l'amour du major. Ce n'est qu'un jeu, mais déjà Billy Wilder emprunte la voie d'un thème qu'il reprendra souvent et qui éclaire toute son œuvre.
Si Richard Sherman ne se déguise pas physiquement, Il se déguise socialement, moralement et n'y gagne d'ailleurs qu'un perpétuel conflit intérieur. Il est bon pour le divan... du psychanalyste, et n’échappe à celui-ci que parce que le film se charge lui-même, à sa façon bien sûr délirante, de cette « psychanalyse ». Entendons par là que, dans un pays " où les émules de Freud font recette (ici le Dr Brubaker et ses 50 dollars de l’heure), Billy Wilder ne les considère implicitement que comme des pis-aller, laissant à son film le soin de nous dire comment l'on pourrait, dans l'idéal, se passer fort bien d'eux. Sans illusion bien sûr mais si tout n’est qu’affaire d’inconscient tout dépend donc de la nature de cet inconscient.  A sa modeste façon le film nous propose un petit morceau d'inconscient de rechange 
5 & 6 - THE SEVEN YEAR ITCH (Sept ans de réflexion) – Billy Wilder - 1955
5 & 6 - THE SEVEN YEAR ITCH (Sept ans de réflexion) – Billy Wilder - 1955

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