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12 - VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958) – Kim Novak, James Stewart

Publié le par Laurent Bigot

La célèbre scène du "baiser circulaire" n'était pas au programmé avant le 16 décembre 1957. C'est la scène qui, presque à la fin, suit le moment où Judy émerge de la salle de bains, habillée et coiffée exactement comme Madeleine, ainsi que Scottie le lui a demandé. Au cimetière, dans son tailleur gris, Madeleine était baignée dans une lumière verte ; et maintenant, Judy transfigurée est elle aussi baignée dans un éclairage vert, émanant de l'enseigne au néon de l'hôtel devant sa fenêtre, la même lumière "fantomatique" dont Hitchcock se souvenait quand il allait, enfant, au théâtre.
La voyant finalement transformée en Madeleine, Scottie étreint Judy, l'embrasse avec ferveur, libérant ses souvenirs. Les gros plans (Hitchcock les appelait big head, « grosse tête ») emplissent l'écran tandis que la caméra semble tourner autour du couple (en fait c'est le décor qui tourne). Scottie est transporté dans le passé, se retrouve dans la grange où il avait embrassé Madeleine avant qu'elle ne s'échappe et (apparemment) saute du haut du clocher. Quand la caméra (et la scène tournante) termine son mouvement circulaire il est de retour dans la chambre de Judy.
12 - VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958) – Kim Novak, James Stewart
La scène était difficile à filmer, car les acteurs devaient s'embrasser sous un certain angle tandis que la caméra circulait très près d'eux ; ils devaient s'incliner ensemble de façon à pouvoir finalement sortir du champ. A la seconde prise, Stewart glissa et tomba. Le tournage fut interrompu pendant une heure pour lui permettre de consulter le médecin du studio. Quand il revint, ce plan déchirant, d'une grande beauté romantique - l'un des plus beaux de l'œuvre de Hitchcock - fut finalement terminé à la fin de la journée.
Très souvent, dans ses films, les scènes essentielles n'étaient tournées que vers la fin du tournage, quand la créativité était à son maximum et que les acteurs étaient rodés. Hitchcock attendit jusqu'au 18 décembre pour filmer l'ouverture : Scottie se balançant au-dessus du vide, accroché à la gouttière du toit. Le lendemain était le dernier jour : la seconde équipe tourna quelques plans de raccord. Finalement, vers midi, on filma l'apparition de Hitchcock près de l'atelier de peinture de la Paramount. 
 
ALFRED HITCHCOCK, une vie d’ombres et de lumière – Patrick McGilligan – Ed. Institut Lumière / Actes Sud (2011)

 

Résurrection : Scottie demande à Judy de relever ses cheveux comme Madeleine pour qu'il se déclare enfin satisfait. Ils s'embrassent, ce qui renvoie Scottie au dernier baiser à San Juan Bautista…

Résurrection : Scottie demande à Judy de relever ses cheveux comme Madeleine pour qu'il se déclare enfin satisfait. Ils s'embrassent, ce qui renvoie Scottie au dernier baiser à San Juan Bautista…

Le collier : Le couple s'apprête à sortir. Scottie reconnaît le collier de Carlotta au cou de la jeune femme. Il comprend alors que Judy et Madeleine sont une seule et même personne, mais ne le dit pas…

Le collier : Le couple s'apprête à sortir. Scottie reconnaît le collier de Carlotta au cou de la jeune femme. Il comprend alors que Judy et Madeleine sont une seule et même personne, mais ne le dit pas…

Hitchcock a logé Judy à l'hôtel Empire, dans Post Street, à cause de l'enseigne au néon verte qui donne à la jeune femme une aura surnaturelle. Pour accentuer l'effet, le réalisateur a utilisé des filtres verts et des filtres à brouillard. Durant le long baiser, la caméra tourne tout autour du couple - avec l'ajout à l'image d'un flash-back du dernier baiser à Madeleine. L'effet n'a pas été obtenu par surimpression, mais par la construction d'un décor circulaire. Le travelling de la caméra donne au couple, pourtant statique, un mouvement inhabituel et presque surnaturel. Hitchcock souligne le caractère hallucinatoire de la transformation de Judy en tournant toute la scène sans dialogue.

Hitchcock a logé Judy à l'hôtel Empire, dans Post Street, à cause de l'enseigne au néon verte qui donne à la jeune femme une aura surnaturelle. Pour accentuer l'effet, le réalisateur a utilisé des filtres verts et des filtres à brouillard. Durant le long baiser, la caméra tourne tout autour du couple - avec l'ajout à l'image d'un flash-back du dernier baiser à Madeleine. L'effet n'a pas été obtenu par surimpression, mais par la construction d'un décor circulaire. Le travelling de la caméra donne au couple, pourtant statique, un mouvement inhabituel et presque surnaturel. Hitchcock souligne le caractère hallucinatoire de la transformation de Judy en tournant toute la scène sans dialogue.

Une Judy fantomatique apparaît : elle est devenue Madeleine.

Une Judy fantomatique apparaît : elle est devenue Madeleine.

Scottie reste sans voix, submergé par l’émotion.

Scottie reste sans voix, submergé par l’émotion.

"Madeleine" s'avance vers Scottie, son vague sourire frôlant la grimace.

"Madeleine" s'avance vers Scottie, son vague sourire frôlant la grimace.

Ils s'embrassent alors que la caméra commence à tourner autour d'eux.

Ils s'embrassent alors que la caméra commence à tourner autour d'eux.

Scottie se redresse devant l'image du flash-back de la scène de l'écurie.

Scottie se redresse devant l'image du flash-back de la scène de l'écurie.

La scène se termine dans la lumière verte de l'enseigne de l'hôtel.

La scène se termine dans la lumière verte de l'enseigne de l'hôtel.

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