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3 - DERRIÈRE LA FAÇADE – Georges Lacombe et Yves Mirande (1939)

Publié le par Laurent Bigot

Troisième sketch sélectionné : Eric (Erich Von Stroheim) dans le rôle de l'homme d'affaires allemand qui vient d'être naturalisé, ayant comme maîtresse l'anglaise ( Betty Stockfeld) la compagne d'Albert Durand (Jacques Dumesnil) courtier en bourse...

3 - DERRIÈRE LA FAÇADE – Georges Lacombe et Yves Mirande (1939)
3 - DERRIÈRE LA FAÇADE – Georges Lacombe et Yves Mirande (1939)
3 - DERRIÈRE LA FAÇADE – Georges Lacombe et Yves Mirande (1939)
Raymond Chirat, dans son livre « Le cinéma des années 30, explique qu’à la fin des 1930 reflue dans l'hexagone tous ceux que les lois raciales ou la doctrine nazie persécutent. Siodmak, Wiene, Ludwlg Berger, Ophuls, Kurt Bernhardt, Pabst, Oswald essaient d’émerger dans les studios parisiens alors qu'ils sont en butte à une violente poussée de xénophobie.
 
Le 29 mars 1938 la revue de cinéma «Pour Vous », de ton modéré, publie un article de Serge Veber intitulé : «Le cinéma français aux Francais» - «Entrez entrez envahissez-nous, il y a de la place pour tout le monde. Je sais très bien qu'il est humain d'accueillir ces pauvres diables d'émigrés et qu'on ne peut leur en vouloir de chercher à se caser. Mais, bon sang, casons d'abord les Français. Nous avons nos pauvres, ne l'oublions pas ».
 
Dangereux article qui va faire dériver sous peu, avec l'aide d'hebdomadaires comme «Gringoire », «Candide» ou «Je suis partout », la xénophobie vers l’antisémitisme. Trois mois plus tard, le réalisateur Maurice Cloche célèbre les bienfaits d'un cinéma national : «Notre ambition c'est de faire des films qui touchent le cœur des Francais. Aussi est-ce avec des éléments nationaux, du directeur aux figurants que nous nous efforcerons de faire partager au public de chez nous la foi, l’enthousiasme qui nous animent ». Et de citer à l'appui de ses dires, deux de ses films : Ces dames aux chapeaux verts et Le Petit Chose.
 
Sacha Guitry préside à l'union des Français dans la péroraison du brillant Remontons les Champs-Elysées. Il invente comme pivot du scénario de Ils étaient neuf célibataires, l'obligation imposée aux étrangères d'acquérir la nationalité française. Une astuce semblable soutient les lourdeurs du Prince Bouboule (Jacques Houssin). Un sketch de Derrière la façade (Yves Mirande et Georges Lacombe), joué par Erich von Stroheim et Betty Stockfeld, dénonce les louches agissements des apatrides…

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