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7 - SINGIN’ IN THE RAIN (Chantons sous la pluie) – 1952 – Stanley Donen, Gene Kelly

Publié le par Laurent Bigot

« Je préfère, déclarait Stanley Donen, Singin' in the Rain à On the Town. C'est plus parfait, plus beau et plus drôle. C'était, je pense, une très bonne idée de faire un film sur la période de transition entre le muet et le parlant. Là encore, c'est Arthur Free qui nous convoqua, Gene et moi, ainsi qu'Adolph Green et Betty Comden, et nous dit : « Si l'on faisait une comédie musicale en nous inspirant d'un vieux film de Jean Harlow ? » Finalement, après bien des palabres, on décida de tourner un film sur cette merveilleuse période qu'est la fin du muet. La M.G.M. ayant acheté les droits de plusieurs chansons d'Arthur Freed, nous avons essayé d'en utiliser le plus grand nombre. Ainsi au départ, nous ne disposions d'aucune ligne directrice ; aucune vedette prévue, si ce n'est Kelly. Le seul point que nous avions en commun était notre passion du cinéma et notre amour pour les films de cette époque que Comden et Green connaissent particulièrement bien. Leurs scénarios sont entièrement originaux, chose rare dans la comédie musicale où l'adaptation est, à peu près, de règle. Ils ont également une admirable connaissance de leur spécialité, ils sont très musiciens et ont collaboré à un grand nombre de spectacles, de « shows ». Ils ont même travaillé dans des cabarets. Pour tout ce qui touche à ce genre, leur sensibilité est immense. Nous avions parlé de ce sujet maintes et maintes fois, et j’étais resté un certain temps sans les voir. Puis, un beau jour, ils m'apportent leur scénario. Je n'oublierai jamais ce jour ... C'était un extraordinaire scénario. »
Ces propos datent de 1963 et Stanley Donen semblait heureux de voir reconnu à sa juste valeur ce qui est de toute évidence la plus belle comédie musicale - avec Tous en scène - de l'histoire du cinéma. En quelques mois - Chantons sous la pluie sera distribué en avril 1952 et Tous en scène en janvier 1953 - l'unité Freed produira ces deux joyaux qui seront oubliés par les votants des Academy Awards, aucun des deux films n'étant nommé ni dans la catégorie du meilleur film, ni dans celle de la  meilleure mise en scène... Comme si l'Oscar obtenu par Un Américain à Paris suffisait pour longtemps !
7 - SINGIN’ IN THE RAIN (Chantons sous la pluie) – 1952 – Stanley Donen, Gene Kelly
En 1969, le même Stanley Donen semble pourtant beaucoup moins enthousiaste et affirme : «Aujourd'hui, c'est un très mauvais film. Il y a deux ou trois séquences qui sont assez réussies, mais cela ne tient pas le coup. C'est terriblement sentimental, horriblement irréaliste : il Ia regarde et ils tombent amoureux et ils vécurent heureux en ayant beaucoup d'enfants. Ce n'est pas parce que c'est une comédie musicale que les gens doivent se comporter ainsi. C'est meilleur toutefois que It’s Always fair Weather. Quand je les revois, je ne vois que mes erreurs, que mes fautes, que mes échecs... En 1952, j'étais une personne complètement différente, dans tous les domaines. J'ai traversé des périodes terribles et j'ai énormément changé. C'est comme si vous parliez à une autre personne. Il y a beaucoup de choses excellentes dans ce film : le numéro de Donald O'Connor, « Make'em laugh », tous les gags sur la naissance du cinéma parlant qui sont très drôles, la plupart des chansons sont très bonnes, mais le cadre du film est très pauvre. On se fout qu'ils réussissent ou non leur film ... Bien sûr il y a une joie physique qui vous fait oublier la convention du thème, mais il pourrait en avoir tout autant sur un sujet valable. »

 

7 - SINGIN’ IN THE RAIN (Chantons sous la pluie) – 1952 – Stanley Donen, Gene Kelly
La publication trois ans plus tard du scénario du film avec une préface de Betty Comden et Adolph Green contribuera à une nouvelle polémique. Les deux scénaristes donnent en effet l'impression d'être les seuls auteurs du sujet qu'ils auraient par la suite soumis à Arthur Freed et à Gene Kelly. Dans une interview plus récente - dans Film Comment en juillet 1973 - Stanley Donen a tenu lui-même à rectifier les propos de Betty Comden et Adolph Green et à rappeler que l'élaboration du scénario avait été une œuvre collective à laquelle il avait participé ainsi qu'Arthur Freed et Gene Kelly. Au départ, le film devait se présenter comme un remake de Bombshell de Victor Fleming dont Jean Harlow était la vedette. Il fut bientôt décidé de renoncer à cette idée au profit d'un scénario totalement original, même si certains y voient des idées provenant d'Excess Baggage (1928) de James Cruze, que jouaient William Haines et Josephine Dunn.
 
Arthur Freed avait souhaité que le personnage de Cosmo Brown soit interprété par Oscar Levant mais Donald O'Connor, sous contrat à l'UniversaI, lui fut finalement préféré. 

 

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