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VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958) – Kim Novak, James Stewart

Publié le par Laurent Bigot

Scottie Ferguson, inspecteur de police retraité, est chargé par un ancien camarade de surveiller son épouse Madeleine. Incapable d'empêcher le suicide de la jeune femme, il se laisse gagner par une folle obsession pour la défunte.

Scottie Ferguson, inspecteur de police retraité, est chargé par un ancien camarade de surveiller son épouse Madeleine. Incapable d'empêcher le suicide de la jeune femme, il se laisse gagner par une folle obsession pour la défunte.

Pour de nombreux cinéphiles, Vertigo (Sueurs froides) est le meilleur film d'Hitchcock, et même l'un des meilleurs jamais tournés. Pourtant, lors de sa sortie, sa qualité de chef-d'œuvre ne fut pas tout de suite reconnue par le public et la critique. Bien qu'il soit centré sur un meurtre, ce n'est pas à proprement parler un film policier mais, selon les mots de son auteur, « une histoire d'amour au climat étrange ».
 
L’ex-policier Scottie Ferguson accepte de surveiller la femme d'un ami qu'il n'a pas vu depuis longtemps, Gavin Elster. Madeleine Elster, l'épouse, semble déséquilibrée. Scottie tombe amoureux d'elle, mais il s'avère incapable d'empêcher son suicide, à cause du vertige dont il souffre. Profondément choqué, il est soutenu par son amie Midge. El bientôt, il rencontre Judy Barton, qui ressemble beaucoup à la disparue ...
 
Hitchcock a mêlé à cette trame narrative troubles psychologiques et obsessions, dans une atmosphère irréelle, créant un sentiment de malaise très éloigné des conventions hollywoodiennes des années 1950. Le meurtrier n'est pas puni, le héros est moralement détruit, et le personnage féminin meurt deux fois. 
Vertigo est basé sur un roman de Boileau-Narcejac, D'entre les morts (1954). Ce nom de plume masquait en fait deux auteurs français - Pierre Boileau et Thomas Narcejac  -, qui avaient vraisemblablement pensé cl Hitchcock en écrivant leur roman. D'entre les morts raconte l'histoire d'un homme qui tente, à travers une femme vivante, de recréer l'image d'une morte qu'il a aimée. Hitchcock a repris cette structure narrative en transférant le récit de la France sous l'Occupation, au début des années 1940, au San Francisco des années 1950. Il ne fallut pas moins de trois scénaristes successifs avant qu'Hitchcock parvienne à un scénario qui le satisfasse. Le dernier en date, Samuel Taylor, avoua qu'il avait travaillé uniquement sur les indications du réalisateur, sans lire le roman, ni le premier scénario, afin de se concentrer sur le personnage de Scottie Ferguson.

Vertigo est basé sur un roman de Boileau-Narcejac, D'entre les morts (1954). Ce nom de plume masquait en fait deux auteurs français - Pierre Boileau et Thomas Narcejac -, qui avaient vraisemblablement pensé cl Hitchcock en écrivant leur roman. D'entre les morts raconte l'histoire d'un homme qui tente, à travers une femme vivante, de recréer l'image d'une morte qu'il a aimée. Hitchcock a repris cette structure narrative en transférant le récit de la France sous l'Occupation, au début des années 1940, au San Francisco des années 1950. Il ne fallut pas moins de trois scénaristes successifs avant qu'Hitchcock parvienne à un scénario qui le satisfasse. Le dernier en date, Samuel Taylor, avoua qu'il avait travaillé uniquement sur les indications du réalisateur, sans lire le roman, ni le premier scénario, afin de se concentrer sur le personnage de Scottie Ferguson.

VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958) – Kim Novak, James Stewart
Influence française
À cette époque, Hitchcock était influencé par le cinéma français. Il était tombé sous le charme du film Les Diaboliques (1955) de Clouzot, un thriller à suspense dans lequel la victime d'un meurtre semble ressusciter. Cette œuvre était inspirée d'un roman de Boileau-Narcejac, qui publia un autre récit de la même veine : D'entre les morts.
En 1955, la Paramount racheta les droits de ce roman spécialement pour Hitchcock, et Maxwell Anderson, scénariste du Faux Coupable, en fit une première adaptation l'année suivante. Une partie de ce travail subsiste dans la structure définitive du film.
Alec Coppel, un auteur d'origine anglaise qui avait participé à La Main au collet (sans figurer au générique), fut chargé de reprendre le scénario à l'automne 1956. Afin de mieux capter le style français, Hitchcock organisa plusieurs projections des Diaboliques pour Coppel et d'autres membres de l'équipe. Le tournage fut dans un premier temps fixé au mors de décembre 1956. 
Reports successifs
 
C'est alors que les contretemps commencèrent à se succéder, donnant l'impression que le sort s'acharnait sur le projet. James Stewart était retenu depuis le début pour le rôle du héros masculin, mais sa femme, Gloria, voulait qu'il ralentisse. Le premier tour de manivelle fut alors reporté au début de 1957.
À ce stade, Coppel, qui excellait dans la construction des intrigues, avait mis en place les principaux personnages. Il avait ébauché les dialogues et terminé plusieurs scènes-clés, notamment celle de l'enquête.Il fut alors appelé pour d'autres travaux, et un troisième scénariste, l'auteur dramatique Sam Taylor, fut engagé.
En Janvier 1957, Hitchcock fut hospitalisé pour une hernie. Des complications Intervinrent, retardant encore le travail. Le réalisateur passa le plus clair de sa convalescence à travailler sur le scénario avec Taylor, qui introduisit, fort intelligemment, le personnage de Midge pour donner à Scottie un ancrage dans la normalité. Mais en mars, Hitchcock dut à nouveau être hospitalisé en urgence, cette fois pour des calculs biliaires. Il ne reprit le chantier de Vertigo qu'en avril.
Une nouvelle date de tournage fut fixée. Cependant, Vera Miles, engagée pour le premier rôle féminin, se retrouva enceinte et se retira. Hitchcock, qui la trouvait parfaite, fut très déçu. De son côté, la Paramount insista pour faire appel à une star reconnue... dont le choix imposa un délai supplémentaire. 
Photo 1 : Vera Miles / Photo 2 : KIm Novak et Alfred Hitchcock
Photo 1 : Vera Miles / Photo 2 : KIm Novak et Alfred Hitchcock

Photo 1 : Vera Miles / Photo 2 : KIm Novak et Alfred Hitchcock

Lew Wasserman, ami et agent d'Hitchcock, et James Stewart suggérèrent tous les deux Kim NovaI, ancien mannequin qui avait encore peu tourné, mais se trouvait néanmoins au sommet du box-office. Elle était alors sous contrat avec la Columbia, mais Hitchcock put travailler avec elle en échange d'une participation de James Stewart pour tourner, avec elle, Bell, Book and Candle (L’Adorable Voisine, 1958), de Richard Quine.
Taylor et Hitchock continuaient à peaufiner le scénario, qui fut prêt en mai. On fixa le début du tournage pour le mois de juin. Mais cette nouvelle date dut à son tour être abandonnée, car Novak refusait de commencer à tourner à la suite d'un différend avec Harry Cohn, le patron de la Columbia…
VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958) – Kim Novak, James Stewart
Le problème Kim
 
Hitchcock rencontra quelques difficultés avec son actrice, qui avait ses propres idées sur l'interprétation de son rôle double. En outre, manquant un peu de métier, elle avait tendance à en faire trop. À 24 ans, bien que n° 1 au box-office, elle ne tournait pour le cinéma que depuis quatre ans. C'est pourtant indéniablement avec Vertigo qu'elle réussit sa meilleure prestation.
 
En outre, Kim Novak voulait donner son avis sur ses tenues pendant le tournage, alors qu'Hitchcock, selon son habitude, entendait choisir lui-même ses vêtements, afin d'obtenir une harmonie des couleurs dans chaque plan, mais aussi pour exprimer des émotions ou mettre en parallèle des éléments-clés du film.
 
Le réalisateur se servit habilement des couleurs : le visage de Madeleine dans le restaurant Ernie's baigne dans une lumière rouge : la lumière verte de la métamorphose finale de Judy en Madeleine suggère avec habileté une dimension surnaturelle. Pour cette dernière scène, Hitchcock utilisa des filtres à brouillard afin de souligner le caractère fantomatique de Madeleine ressuscitée. Les costumes de couleur verte, créés par Edith Head, symbolisent la mort. 
 
VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958) – Kim Novak, James Stewart
En octobre et novembre 1957, on tourna ce que Dan Auiler appelle « la fameuse scène 151 » : la première conversation entre Scottie et Madeleine dans l'appartement du garçon, après la tentative de suicide de la jeune femme dans la baie. Les onze pages de scénario commençaient par un lent panoramique partant de Scottie, assis sur le sofa, jusqu'à sa chambre à coucher, où l'on aperçoit Madeleine qui remue, nue sous les couvertures. Auiler écrit : « Au passage, nous voyons les vêtements de Madeleine qui sèchent dans la cuisine. La caméra s'arrête devant la chambre; par la porte ouverte, nous voyons Madeleine endormie et nous l'entendons murmurer quelque chose. »
La mise en scène exigeait de subtils ajustements du travail de caméra, et le dialogue était abondant. Hitchcock visionna les rushes, puis refit la scène à plusieurs reprises. Les marques, le jeu, l'éclairage, les mouvements de caméra - tout devait être amélioré. « Presque tout le dépassement de temps est à mettre sur le compte de cette scène obsessionnelle », selon Auiler. 
VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958) – Kim Novak, James Stewart
Après cette cascade de retards, le tournage commença le 30 septembre 1957 par seize jours d'extérieurs, à San Francisco - avec les doublures de James Stewart et de Kim Novak pour les prises à distance. Hitchcock avait depuis longtemps choisi la ville et effectué les repérages. Le cadre de ses films a toujours eu beaucoup d'Importance, mais, dans Vertigo, la présence de San Francisco est si forte que la ville peut être considérée comme un personnage.
Les rues pentues et les vues de la baie forment l'amère-plan lors de la filature de Madeleine par Scottie, et beaucoup de scènes se déroulent dans des sites historiques : Old Fort Point, sous le Golden Gate Bridge, pour la première tentative de suicide de la jeune femme ; le Palais de la Légion d'honneur pour le portrait de Carlotta ; la mission espagnole, où se trouve sa tombe, l'un des plus anciens bâtiments de la ville, la forêt de séquoias où Scottie entraîne Madeleine, et qui n'est autre que Big Basin, près de San Francisco Bay.
Les heureux temps d'insouciance de la ville au XIXe siècle, évoqués par Pop Liebel, le propriétaire de la librairie, exercent une fascination sur Madeleine.
Les nombreux retards successifs eurent au moins une conséquence heureuse : le scénario avait été parfaitement travaillé, poli, et il n'y avait plus rien, ou presque, à décider sur le plateau.
Hitchcock, cette fois, eut tout le temps nécessaire pour pousser sa méticuleuse préparation. C'est ainsi qu'il embaucha un photographe pour trouver des inspecteurs de police de San Francisco en retraite et les photographier dans leur milieu et dans leur appartement.
De même, les intérieurs des lieux emblématiques de San Francisco, le restaurant Ernie's, la boutique de fleurs Podesta Baldocchi et la maison de haute couture Ransohoffs ont pu être recréés minutieusement en studio. 
 
Les prises de vue en extérieur furent suivies par un tournage de deux mois dans les locaux de la Paramount. Sur le plateau régnait une atmosphère tendue qui affecta même James Stewart, pourtant d'ordinaire très détendu - l'acteur logeait chez les Hitchcock, à Santa Cruz.
Le temps de tournage prévu fut dépassé de trois semaines, ce qui entraîna inévitablement un dépassement du budget prévu initialement. Selon l'ouvrage de Dan Auiler sur la réalisation du film, une partie fut absorbée par les nouvelles prises des scènes impliquant Midge.
Barbara Bel Geddes ayant du mal à trouver le ton souhaité par Hitchcock.
La scène où Madeleine s'éveille dans l'appartement de Scottie et lui parle pour la première fois a également posé divers problèmes. Longue de onze pages dans le scénario, elle comportait beaucoup de dialogues et de nombreux mouvements, tant pour les acteurs que pour la caméra, impliquant des difficultés tenant au rythme et à la direction du regard des deux interprètes. Il fallut en faire de multiples prises, pendant plusieurs jours, avant qu'Hitchcock se déclare satisfait. La dernière scène importante, celle qui ouvre le film, avec Scottie suspendu à une gouttière par le bout des doigts, ne fut terminée que le 18 décembre. Quant à l'apparition d'Hitchcock elle fut tournée le jour suivant.
La préparation avait été si minutieuse que le monteur, George Tomasini, n'eut presque rien à faire au moment du montage. Vertigo compte fort peu de ces coupes rapides considérées comme typiques d'Hitchcock, celui-ci ayant délibérément choisi de donner un rythme lent à son histoire racontée « du point de vue d'un homme en crise émotionnelle ». 

 

Dans Vertigo, Hitchcock a conjugué son goût pour les sites inhabituels et l'attrait qu'exerçaient sur lui les défis techniques pour créer l'un de ses effets spéciaux les plus célèbres : la sensation de vertige qui submerge Scottie pendant qu'il poursuit Madeleine dans le clocher. Le réalisateur a retenu la mission espagnole restaurée à San Juan Bautista pour son pittoresque.
Les prises de vue réalisées depuis l'escalier du clocher, du point de vue de Scottie alors qu'il poursuit Madeleine, sont particulièrement belles et efficaces.
Cette sensation de vertige et de brusque éloignement intéressait depuis longtemps Hitchcock, qui voulait trouver un moyen de la reproduire au cinéma. Il racontait à ce propos qu'un jour, à Londres, dans les années 1930, il avait été tellement ivre qu'il avait eu « la sensation que toutes choses s'écartaient très loin (de lui) »,
Hitchcock comprit qu'il était possible d'obtenir l'effet recherché en zoomant avec l'objectif, tout en maintenant le point sur le centre de l'image et en reculant très vite la caméra elle-même. L'œil' est attiré vers le centre, qui reste net alors que les côtés sont en plein mouvement de fuite. Comme le coût d'un escalier grandeur réelle, avec une grue pour la caméra, était estimé à 50 000 dollars, Hitchcock en commanda un modèle réduit (à l'échelle 1/2) et le fit coucher sur le flanc pour faciliter les prises. Le coût atteignit tout de même la somme de 19 000 dollars ! 
Modèle réduit de l'escalier du clocher, qui sera couché sur le flanc pour le tournage.

Modèle réduit de l'escalier du clocher, qui sera couché sur le flanc pour le tournage.

La caméra pointe vers le bas de l'escalier et zoome, tandis qu'on la rire en arrière, créant l'effet de vertige.

La caméra pointe vers le bas de l'escalier et zoome, tandis qu'on la rire en arrière, créant l'effet de vertige.

VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958) – Kim Novak, James Stewart
Ultimes choix
La postproductron ne fut pas plus sereine. Hitchcock était préoccupé par la santé de sa femme, Alma, qui souffrart d'un cancer et dut subir un traitement par radiations dès le début de 1958.
Quelques scènes furent abandonnées, de même qu'une sonorisation enregistrée pour les scènes où Scottie suit Madeleine, au profit de la bande-son, très réussie, de Bernard Herrmann. 
VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958) – Kim Novak, James Stewart

 

Le fameux flash-back
En postproduction, Hitchcock eut des doutes à propos de la scène de flashback dans laquelle Judy révèle le scénario du meurtre. Elle avait été introduite par Taylor pour mieux faire comprendre les explications qui, autrement, auraient pu paraître noyées et échapper au spectateur, rendant l'ensemble de l'histoire trop confus. Peu de temps avant la sortie du film, Hitchcock décida de supprimer toute la scène du flash-back.
Des centaines de copies furent réalisées avec la coupure. La Paramount et le producteur associé, Herbert Coleman, exercèrent des pressions, car ils n'étaient pas d'accord avec ce choix. Hitchcock réintroduisit finalement la scène à sa place pour la sortie officielle du film en mal 1958, peut-être après avoir pris conseil auprès d'Alma. En effet le réalisateur a toujours fait grand cas de l'avis de sa femme. 

Le générique... On approche de la fin... Il faut aussi parler du générique de Vertigo, réalisé par Saul Bass, célèbre graphiste américain. Il a collaboré plusieurs fois avec Alfred Hitchcock dans La Mort aux trousses et Psychose. Il réalisa également le générique d'Autopsie d'un meurtre et de L'Homme au bras d'or d'Otto Preminger. La force de Vertigo vient aussi de la partition musicale, signé Bernard Hermann qui signe là sa plus composition !

VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958) – Kim Novak, James Stewart
La célèbre scène du "baiser circulaire" n'était pas au programmé avant le 16 décembre 1957. C'est la scène qui, presque à la fin, suit le moment où Judy émerge de la salle de bains, habillée et coiffée exactement comme Madeleine, ainsi que Scottie le lui a demandé. Au cimetière, dans son tailleur gris, Madeleine était baignée dans une lumière verte ; et maintenant, Judy transfigurée est elle aussi baignée dans un éclairage vert, émanant de l'enseigne au néon de l'hôtel devant sa fenêtre, la même lumière "fantomatique" dont Hitchcock se souvenait quand il allait, enfant, au théâtre.
La voyant finalement transformée en Madeleine, Scottie étreint Judy, l'embrasse avec ferveur, libérant ses souvenirs. Les gros plans (Hitchcock les appelait big head, « grosse tête ») emplissent l'écran tandis que la caméra semble tourner autour du couple (en fait c'est le décor qui tourne). Scottie est transporté dans le passé, se retrouve dans la grange où il avait embrassé Madeleine avant qu'elle ne s'échappe et (apparemment) saute du haut du clocher. Quand la caméra (et la scène tournante) termine son mouvement circulaire il est de retour dans la chambre de Judy.
La scène était difficile à filmer, car les acteurs devaient s'embrasser sous un certain angle tandis que la caméra circulait très près d'eux ; ils devaient s'incliner ensemble de façon à pouvoir finalement sortir du champ. A la seconde prise, Stewart glissa et tomba. Le tournage fut interrompu pendant une heure pour lui permettre de consulter le médecin du studio. Quand il revint, ce plan déchirant, d'une grande beauté romantique - l'un des plus beaux de l'œuvre de Hitchcock - fut finalement terminé à la fin de la journée.
Très souvent, dans ses films, les scènes essentielles n'étaient tournées que vers la fin du tournage, quand la créativité était à son maximum et que les acteurs étaient rodés. Hitchcock attendit jusqu'au 18 décembre pour filmer l'ouverture : Scottie se balançant au-dessus du vide, accroché à la gouttière du toit. Le lendemain était le dernier jour : la seconde équipe tourna quelques plans de raccord. Finalement, vers midi, on filma l'apparition de Hitchcock près de l'atelier de peinture de la Paramount. 
 
ALFRED HITCHCOCK, une vie d’ombres et de lumière – Patrick McGilligan – Ed. Institut Lumière / Actes Sud (2011)
Le dénouement de Vertigo ne respecte pas les normes du thriller classique. On abandonne Scottie alors qu'il scrute le vide depuis le clocher : il a surmonté son vertige, mais, dans la pénombre, il est impossible de distinguer l'expression de son visage. Le public est laissé dans l'ignorance du devenir du personnage. Va-t-il sauter pour rejoindre sa bien-aimée ? Gavin Elster a-t-il réussi un crime parfait d'une extrême complexité ? Ces questions trouvaient une réponse dans une autre fin, tournée puis rejetée par Hitchcock après la projection des essais. 

Une convention interdisant de suggérer que le crime paie, le réalisateur avait tourné une scène finale dans l'appartement de Midge, où celle-ci écoutait à la radio la nouvelle de la capture d'Elster. Elle tournait le bouton lorsque Scottie entrait et tendait un verre à son ami qui se dirigeait vers une fenêtre pour scruter la nuit. Cette fin fut rejetée parce qu'elle affaiblissait l'impact du dénouement et qu'elle laissait entendre que ce récit, après tout, n'était qu'une simple affaire de meurtre et non la relation d'un cas psychologique aux multiples strates.

Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage
Photos de tournage

Photos de tournage

Différentes affiches du film
Différentes affiches du film
Différentes affiches du film
Différentes affiches du film
Différentes affiches du film
Différentes affiches du film
Différentes affiches du film

Différentes affiches du film

Photos d'exploitation
Photos d'exploitation
Photos d'exploitation

Photos d'exploitation

A SUIVRE...

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Tietie007 10/12/2016 06:49

Ce film a énormément vieilli !

carl 15/05/2016 17:13

Un grand classique !