Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

2 - LE MAGOT DE JOSEFA – Claude Autant-Lara (1963)

Publié le par Laurent Bigot

Placé dans un climat qui peut évoquer celui de Goupi-Mains Rouges (1943) de Jacques Becker, celui de Jour de Fête (1947) de Jacques Tati, ce film rappelle que le cinéaste aurait aimé réaliser Un drôle de paroissien (d'après le roman Deo Gratias de Michel Servin) que Jean-Pierre Mocky venait, plus heureux que lui pour l'achat des droits, de porter à l'écran (avec Bourvil, Jean Poiret, Francis Blanche). Le Magot de Josefa, mal reçu par la critique, est un divertissement qui ressemble aux productions françaises du même genre et ne peut cependant pas être identifié simplement aux gaudrioles mijotées alors par Gilles Grangier, Jean Boyer, Michel Audiard. D'abord parce que sa technique ne souffre d'aucune insuffisance, et ensuite parce que son comique, même facile, ne se contente pas de flatter l'autosatisfaction de ceux qui se prennent pour des « braves gens» tout en étant prêts, au moindre incident, à crier, à mordre avec les loups. Certaines situations ou des passages dialogués jugés parfois d'un humour mal raffiné partent souvent d'une observation critique aiguë et grossie en vue d'inviter à la polémique. Les protagonistes de cette historiette, en particulier ceux de second plan et les figurants, manifestent une mentalité sordide ou niaise, outrée certes, mais très vraie dans ses motivations et ses réactions versatiles xénophobes. Ces gens respectent Josefa, l'Italienne qui tient l'épicerie-bistrot du hameau, parce qu'ils la croient riche ; ils la jalousent aussi, parce qu'elle est belle et de nature expansive. Pourtant, il suffira d'un rien pour qu'ils saccagent son magasin et incendient sa maison. 
 
CLAUDE AUTANT-LARA – Freddy Buache – Editions L’Age d’Homme (1982)
2 - LE MAGOT DE JOSEFA – Claude Autant-Lara (1963)
2 - LE MAGOT DE JOSEFA – Claude Autant-Lara (1963)

Commenter cet article