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LE 7ème JURÉ – Georges Lautner – 1963

Publié le par Laurent Bigot

LE 7ème JURÉ – Georges Lautner – 1963
Le ciel d'un radieux dimanche d'été, se reflète dans les eaux calmes de ce lac, proche de Pontarlier... Un pêcheur, dans une barque, suit paresseusement des yeux, son bouchon.  Le pêcheur s’éloignant à la rame a entendu soudain venant de l’endroit où se trouve un couple, un violent bruit de dispute. Il a tourné la tête comme irrité de voir troubler tant de calme paisible... Les voies de sont tues d'un seul coup comme brisées. Passant devant la crique, il a aperçu le garçon fouillant fébrilement dans le sac à main à sa compagne puis s’en allant très vite. Le pêcheur a poursuivi son chemin. La jeune femme est seule à présent et paraît profondément endormie.

Le ciel d'un radieux dimanche d'été, se reflète dans les eaux calmes de ce lac, proche de Pontarlier... Un pêcheur, dans une barque, suit paresseusement des yeux, son bouchon. Le pêcheur s’éloignant à la rame a entendu soudain venant de l’endroit où se trouve un couple, un violent bruit de dispute. Il a tourné la tête comme irrité de voir troubler tant de calme paisible... Les voies de sont tues d'un seul coup comme brisées. Passant devant la crique, il a aperçu le garçon fouillant fébrilement dans le sac à main à sa compagne puis s’en allant très vite. Le pêcheur a poursuivi son chemin. La jeune femme est seule à présent et paraît profondément endormie.

Et ce même dimanche, Grégoire Duval, pharmacien à Pontarlier est venu en compagnie de sa femme Geneviève, de ses deux enfants Laurent et Pauline et de son préparateur Sylvère, déjeuner chez Dhote, un restaurant qui se trouve au bord du lac. Geneviève et les enfants sont partis faire une promenade en barque. Un long moment, Grégoire, luttant contre le sommeil est demeuré près de Sylvère plongé dans un lourd sommeil. Il s'est levé d'un pas pesant, a contourné des tables pour quitter la terrasse. Il a gagné la forêt de pins, a marché dans le chemin creux et débouchant dans une petite clairière...

Et ce même dimanche, Grégoire Duval, pharmacien à Pontarlier est venu en compagnie de sa femme Geneviève, de ses deux enfants Laurent et Pauline et de son préparateur Sylvère, déjeuner chez Dhote, un restaurant qui se trouve au bord du lac. Geneviève et les enfants sont partis faire une promenade en barque. Un long moment, Grégoire, luttant contre le sommeil est demeuré près de Sylvère plongé dans un lourd sommeil. Il s'est levé d'un pas pesant, a contourné des tables pour quitter la terrasse. Il a gagné la forêt de pins, a marché dans le chemin creux et débouchant dans une petite clairière...

Scène du meurtre

La jeune femme est retombée, inerte, le regard fixe, gardant par-delà la mort son expression de terreur, d'inexprimable étonnement.

La jeune femme est retombée, inerte, le regard fixe, gardant par-delà la mort son expression de terreur, d'inexprimable étonnement.

"Je n'ai rien fait intentionnellement... Je suis passé, elle était là... Pourquoi était-elle là ?... J'avais trop bu... Un crime de lâche... J'ai eu peur que Geneviève et les enfants ne me surprennent avec cette fille... C'est eux les responsables !... La "petite madame Duval" et ses deux grands enfants... Famille d'anthropophages..."

"Je n'ai rien fait intentionnellement... Je suis passé, elle était là... Pourquoi était-elle là ?... J'avais trop bu... Un crime de lâche... J'ai eu peur que Geneviève et les enfants ne me surprennent avec cette fille... C'est eux les responsables !... La "petite madame Duval" et ses deux grands enfants... Famille d'anthropophages..."

Après le dîner, Grégoire a enfilé son pardessus, a frôlé d'un baiser la joue de sa femme, qui a prononcé la phrase consacrée : "bonsoir...ne rentre pas trop tard..." et il s'en est allé vers la brasserie de la poste où, depuis 18 ans,  chaque soir, à la même heure, il retrouve les mêmes visages, les mêmes amis, pour faire le même bridge, tenir les mêmes propos.

Après le dîner, Grégoire a enfilé son pardessus, a frôlé d'un baiser la joue de sa femme, qui a prononcé la phrase consacrée : "bonsoir...ne rentre pas trop tard..." et il s'en est allé vers la brasserie de la poste où, depuis 18 ans, chaque soir, à la même heure, il retrouve les mêmes visages, les mêmes amis, pour faire le même bridge, tenir les mêmes propos.

"Quelle douleur ? a interrogé le docteur. Parce-qu'une petite gosse est morte ? Non...vous déraillez...pas la douleur...Disons le dégoût, l’écœurement. Et si je connaissais le coupable, je ne livrerai pas à votre justice. Elle ne m'inspire pas confiance !"

Une partie du chemin du retour, Grégoire l’a faite avec le commissaire, « ne vous en faites pas ! a jeté en riant ce dernier, Sautral est coupable. Les faits sont accablants, nous aurons sa tête, la première exécution capitale dans notre ville. Le préfet en est tout fier ».  C’est à cet instant que la peur s’est emparée de Grégoire, elle était sans raison. Cette peur, il l’admettait avec lui-même, puisque Sautral condamné, il ne risquait plus rien, mais cette peur, il devrait vivre dorénavant avec. C’était de voir un autre payer pour son crime.Une partie du chemin du retour, Grégoire l’a faite avec le commissaire, « ne vous en faites pas ! a jeté en riant ce dernier, Sautral est coupable. Les faits sont accablants, nous aurons sa tête, la première exécution capitale dans notre ville. Le préfet en est tout fier ».  C’est à cet instant que la peur s’est emparée de Grégoire, elle était sans raison. Cette peur, il l’admettait avec lui-même, puisque Sautral condamné, il ne risquait plus rien, mais cette peur, il devrait vivre dorénavant avec. C’était de voir un autre payer pour son crime.

Une partie du chemin du retour, Grégoire l’a faite avec le commissaire, « ne vous en faites pas ! a jeté en riant ce dernier, Sautral est coupable. Les faits sont accablants, nous aurons sa tête, la première exécution capitale dans notre ville. Le préfet en est tout fier ». C’est à cet instant que la peur s’est emparée de Grégoire, elle était sans raison. Cette peur, il l’admettait avec lui-même, puisque Sautral condamné, il ne risquait plus rien, mais cette peur, il devrait vivre dorénavant avec. C’était de voir un autre payer pour son crime.

Dès le lendemain, Grégoire Duval a pris sa voiture pour aller en Suisse, et il est entré dans l’église d’un petit village proche de la frontière.

Dès le lendemain, Grégoire Duval a pris sa voiture pour aller en Suisse, et il est entré dans l’église d’un petit village proche de la frontière.

« Dieu ne peut vouloir la perte de toute une famille innocente, a supplié Grégoire » et le confesseur : « Vous êtes figé dans un orgueil où le seigneur ne peut vous reconnaître, allez avouer votre crime, vous sauverez cet homme et tout ce qui peut encore être sauvé dans l’enfer où vous errez ! Jusque-là, je ne puis rien pour vous. »

Quand Grégoire Duval est rentré chez lui, la salle à manger était fleurie comme un jour de fête. Geneviève, les enfants, habillées « en dimanche » lui souriaient, et Sylvère, s’est avancé vers lui, tendant un verre d’apéritif et une enveloppe. « Je suis heureuse, dit Geneviève, de t’apprendre la bonne nouvelle. Tu as été choisi et inscrit sur la liste des jurés au procès Sautral. »

Quand Grégoire Duval est rentré chez lui, la salle à manger était fleurie comme un jour de fête. Geneviève, les enfants, habillées « en dimanche » lui souriaient, et Sylvère, s’est avancé vers lui, tendant un verre d’apéritif et une enveloppe. « Je suis heureuse, dit Geneviève, de t’apprendre la bonne nouvelle. Tu as été choisi et inscrit sur la liste des jurés au procès Sautral. »

« Vous ne savez pas ce que vous dites, s’est exclamé Grégoire en prenant place à table, moi qui ne suis même pas capable de punir les enfants quand ils le méritent ! Vous me voyez juger les autres ? »

« Vous ne savez pas ce que vous dites, s’est exclamé Grégoire en prenant place à table, moi qui ne suis même pas capable de punir les enfants quand ils le méritent ! Vous me voyez juger les autres ? »

Le lendemain, la lettre d'un prêtre d'un petit village suisse est arrivée au tribunal. "Ce bon curé a reçu la confession d'un bonhomme qui affirme être l'assassin de la fille Nortier, et alors ? a lancé le procureur sarcastique, nous connaissons tous ce genre de maniaque. Laissez-moi requérir officiellement la tête de Sautral, à part le flagrant délit, tout l'accable !"

A quelques jours de Noël, s’ouvre le procès de Sautral. L’accusé entre deux gendarmes vient de faire son entrée dans la salle des Assises. Tour à tour, l’accusation et la défense ont récusé certains jurés.

A quelques jours de Noël, s’ouvre le procès de Sautral. L’accusé entre deux gendarmes vient de faire son entrée dans la salle des Assises. Tour à tour, l’accusation et la défense ont récusé certains jurés.

Mais lorsqu’un instant plus tard, l’huissier a annoncé le nom de Grégoire Duval, l’avocat, en dépit de tous ses efforts, n’a pu empêcher celui-ci de siéger. Il a épuisé le droit à la défense en récusant déjà quatre jurés. Le procureur a félicité Grégoire.

Mais lorsqu’un instant plus tard, l’huissier a annoncé le nom de Grégoire Duval, l’avocat, en dépit de tous ses efforts, n’a pu empêcher celui-ci de siéger. Il a épuisé le droit à la défense en récusant déjà quatre jurés. Le procureur a félicité Grégoire.

« Grâce à ses imbéciles, je ne suis pas récusé. D’ailleurs, depuis quelques minutes, je ne le souhaitais plus, il me semblait qu’on avait pris la décision pour moi. Il me faut sans doute sauver Sautral. Punition ou épreuve ? »

« Grâce à ses imbéciles, je ne suis pas récusé. D’ailleurs, depuis quelques minutes, je ne le souhaitais plus, il me semblait qu’on avait pris la décision pour moi. Il me faut sans doute sauver Sautral. Punition ou épreuve ? »

A cet instant, un doigt s’est timidement élevé dans le rang des jurés et Grégoire Duval, invoquant l’article 267 du Code de procédure pénale, a demandé l’autorisation de poser quelques questions…

Le soir même, Grégoire a demandé à son fils de l'accompagner à "L'Echelle". Tandis que Laurent Duval, en habitué sert des mains à la ronde, son père, figé sur place, intimidé regarde une fille qui improvise des pas sur une musique de blues. Catherine devait danser ainsi...

« C’est drôle, a murmuré Grégoire, en regardant la danseuse, peu de temps avant la guerre, on dansait presque comme ça. C’est en dansant que j’avais vu Nadia, j’vais 25 ans, nous nous sommes follement aimés, et puis je suis parti, j’avais peur, j’étais déjà fiancé avec ta mère. Nadia, c’ était l’ aventure, nous nous ne sommes plus jamais revus. J’espère qu’elle est morte, comme moi, sans rien dire… »

« C’est drôle, a murmuré Grégoire, en regardant la danseuse, peu de temps avant la guerre, on dansait presque comme ça. C’est en dansant que j’avais vu Nadia, j’vais 25 ans, nous nous sommes follement aimés, et puis je suis parti, j’avais peur, j’étais déjà fiancé avec ta mère. Nadia, c’ était l’ aventure, nous nous ne sommes plus jamais revus. J’espère qu’elle est morte, comme moi, sans rien dire… »

« Papa ! » murmura son fils Laurent, stupéfait, bouleversé par cet homme secret, insoupçonné, cet homme inconnu qu’il découvrait soudain, son père…

« Papa ! » murmura son fils Laurent, stupéfait, bouleversé par cet homme secret, insoupçonné, cet homme inconnu qu’il découvrait soudain, son père…

Grégoire allait partir, quand le docteur Hess l’a arrêté. Il est ivre, mais rien n’est plus lucide que la peine qu’il exprime : « Elle ne viendra plus celle que nous attendons tous. Venez, ce ne sont que des mômes, ils ont des problèmes et qu’est-ce qu’on peut leur expliquer ? On s’introduit chez eux par effraction et nous retombons dans notre jeunesse, ça fait floc ! On éclabousse tout… »

Grégoire allait partir, quand le docteur Hess l’a arrêté. Il est ivre, mais rien n’est plus lucide que la peine qu’il exprime : « Elle ne viendra plus celle que nous attendons tous. Venez, ce ne sont que des mômes, ils ont des problèmes et qu’est-ce qu’on peut leur expliquer ? On s’introduit chez eux par effraction et nous retombons dans notre jeunesse, ça fait floc ! On éclabousse tout… »

La seconde audience du procès Sautral est ouverte. Grégoire Duval a demandé l'audition d'un témoin supplémentaire, le Docteur Hess : « J’étais des amis de Sautral et de Catherine. Bien sûr entre Catherine et moi, il y avait eu une aventure mais tout le monde s’en fichait. Dans ce petit monde, la jalousie est un sentiment qui n’a plus cours. Ce qui a cours dans un bistrot n’a rien d’une philosophie ! C’est tout au plus une morale pour débit de boissons. Il est regrettable, quand on la compare aux usages courants, d’avoir à lui donner raison. »

La seconde audience du procès Sautral est ouverte. Grégoire Duval a demandé l'audition d'un témoin supplémentaire, le Docteur Hess : « J’étais des amis de Sautral et de Catherine. Bien sûr entre Catherine et moi, il y avait eu une aventure mais tout le monde s’en fichait. Dans ce petit monde, la jalousie est un sentiment qui n’a plus cours. Ce qui a cours dans un bistrot n’a rien d’une philosophie ! C’est tout au plus une morale pour débit de boissons. Il est regrettable, quand on la compare aux usages courants, d’avoir à lui donner raison. »

C’est au tour de Garampon, ce pêcheur qui était en barque sur le lac le jour du crime, de témoigner : « J’entendais le bruit de la dispute comme si j’y étais. Tout à coup, ils ont cessé de crier. Ça m’a même frappé. J’ai continué à ramer et le gars fouillait dans son sac. Il a pris le portefeuille et il est parti. »

C’est au tour de Garampon, ce pêcheur qui était en barque sur le lac le jour du crime, de témoigner : « J’entendais le bruit de la dispute comme si j’y étais. Tout à coup, ils ont cessé de crier. Ça m’a même frappé. J’ai continué à ramer et le gars fouillait dans son sac. Il a pris le portefeuille et il est parti. »

Mademoiselle Sevestre dépose, c'est elle qui a découvert le corps de Catherine Mortier. "Voilà des photos prises par l'identité judiciaire" a dit le Président en faisant passer des clichés parmi les jurés. Grégoire a regardé sa victime gisant, le torse nu. "Voyons, s'est-il dit, j'étais là, j'étais là avant tout le monde, elle n'était pas ainsi. Elle était couverte avec une écharpe dont elle se protégeait, ou est cette écharpe ?"

Le Président a accepté cette reconstitution. La Cour et les jurés se sont transportés à cet endroit où Catherine Nortier a trouvé la mort.

La Cour a regagné le tribunal. Les Jurés ont délibéré un long moment. Sautral vient de se lever pour entendre le verdict. « …En conséquence le sieur Sautral sera remis en liberté s’il n’est retenu pour tout autre cause… ». Pétrifié de stupeur, Sautral n’a qu’un geste : celui de tourner la tête vers son sauveur, le 7ème juré.

La Cour a regagné le tribunal. Les Jurés ont délibéré un long moment. Sautral vient de se lever pour entendre le verdict. « …En conséquence le sieur Sautral sera remis en liberté s’il n’est retenu pour tout autre cause… ». Pétrifié de stupeur, Sautral n’a qu’un geste : celui de tourner la tête vers son sauveur, le 7ème juré.

Geneviève s’est levée sans mot dire, a rangé avec des gestes précis les chaussures de Grégoire, quelques vêtements. Elle a disparu dans la salle de bains, un bruit d’eau est parvenu à Grégoire qui se couchait. On aurait pu croire que rien ne s’était passé. « Si ce n’est pas Sautral le criminel, dit-elle, il y a dans la ville un homme qui a tué et qui se cache… »

Geneviève s’est levée sans mot dire, a rangé avec des gestes précis les chaussures de Grégoire, quelques vêtements. Elle a disparu dans la salle de bains, un bruit d’eau est parvenu à Grégoire qui se couchait. On aurait pu croire que rien ne s’était passé. « Si ce n’est pas Sautral le criminel, dit-elle, il y a dans la ville un homme qui a tué et qui se cache… »

Lorsque Sylvère s’est retournée, Sylvain Sautral était derrière lui, dans la pharmacie. Le préparateur s’est esquivé, Pauline a regardé l’arrivant bouche bée. Quant à Laurent, il lui a souri spontanément, disant : « ça fait longtemps, je suis content de vous revoir dehors ! »

Lorsque Sylvère s’est retournée, Sylvain Sautral était derrière lui, dans la pharmacie. Le préparateur s’est esquivé, Pauline a regardé l’arrivant bouche bée. Quant à Laurent, il lui a souri spontanément, disant : « ça fait longtemps, je suis content de vous revoir dehors ! »

Grégoire est arrivé l’instant d’après. « Je suis venu vous remercier, a murmuré Sautral, j’avais la terre entière contre moi… sans vous… j’avais l’impression que c’était vous mon avocat… mail faut continuer, parce-qu’ils ne m’ont pas acquitté. Pour eux, je suis toujours l’assassin ». Et Grégoire très sec : « Par le tribunal, vous êtes libre ! Que puis-je faire de plus pour vous ? ». Sautral est parti, tête basse, désabusé. Grégoire a suivi sa silhouette s’éloignant dans la grisaille de la place déserte à cette heure de midi.

Grégoire est arrivé l’instant d’après. « Je suis venu vous remercier, a murmuré Sautral, j’avais la terre entière contre moi… sans vous… j’avais l’impression que c’était vous mon avocat… mail faut continuer, parce-qu’ils ne m’ont pas acquitté. Pour eux, je suis toujours l’assassin ». Et Grégoire très sec : « Par le tribunal, vous êtes libre ! Que puis-je faire de plus pour vous ? ». Sautral est parti, tête basse, désabusé. Grégoire a suivi sa silhouette s’éloignant dans la grisaille de la place déserte à cette heure de midi.

Le soir, à la brasserie de la Poste, on ne parle que du procès et, pour chacun, Sautral est coupable. Soudain, ce dernier arrive près d’eux : « Il paraît que c’est ici que vous tenez vos assises…les vraies. Alors, j’ai décidé de venir faire un tour pour saluer ces Messieurs du Jury… »

Grégoire Duval s’est tu un instant, puis l’air apaisé tel un homme qui peut enfin exprimer une décision prise en secret depuis longtemps : « Si vous y tenez… Vous l’aurez votre coupable, et croyez-moi, vous serez bien étonnés…Monsieur le commissaire, je passerai demain matin, vers onze heures à votre bureau…

« Je reconnais avoir tué Catherine Nortier le 27  septembre… »

« Je reconnais avoir tué Catherine Nortier le 27 septembre… »

« Bravo Duval, vous m’avez eu ! dit le commissaire, je ne veux pas vous inculper d’outrages à la magistrature…toute la ville va déjà rigoler ! Moi aussi j’ai un aveu à vous faire, votre perspicacité au procès m’a agacé. Vous tombiez trop juste, j’ai tout vérifié. Seulement tout le monde vous a vu faire la sieste sous la tonnelle avec Sylvère. Duval, commencez par étrangler tous vos alibis et revenez me voir… »

« Bravo Duval, vous m’avez eu ! dit le commissaire, je ne veux pas vous inculper d’outrages à la magistrature…toute la ville va déjà rigoler ! Moi aussi j’ai un aveu à vous faire, votre perspicacité au procès m’a agacé. Vous tombiez trop juste, j’ai tout vérifié. Seulement tout le monde vous a vu faire la sieste sous la tonnelle avec Sylvère. Duval, commencez par étrangler tous vos alibis et revenez me voir… »

Grégoire s'est mis à marcher hasard, sans regarder quiconque, ne répondant même pas aux bonjours que certains lui adressaient et brusquement, il se trouve en face du docteur Hess...

Grégoire a regardé le vétérinaire s’éloigner. Il est resté là un moment et semblant prendre une décision soudaine, a fait demi-tour. Un moment après, il est entré dans un immeuble, a demandé à la concierge où se trouvait l’appartement de Mlle Alice Morieux (l’amie de Sautral). « Premier à droite, a répondu le concierge, elle est sortie, mais M. Sautral est là »

Grégoire a regardé le vétérinaire s’éloigner. Il est resté là un moment et semblant prendre une décision soudaine, a fait demi-tour. Un moment après, il est entré dans un immeuble, a demandé à la concierge où se trouvait l’appartement de Mlle Alice Morieux (l’amie de Sautral). « Premier à droite, a répondu le concierge, elle est sortie, mais M. Sautral est là »

Sautral était seul, en effet, dans le petit studio. Il a ouvert la porte à Grégoire et est aussitôt retourné vers une bouteille d’alcool largement entamé : « Vous prenez un verre ? » « Non merci, répondit Grégoire, et vous avez assez bu… »

Sautral était seul, en effet, dans le petit studio. Il a ouvert la porte à Grégoire et est aussitôt retourné vers une bouteille d’alcool largement entamé : « Vous prenez un verre ? » « Non merci, répondit Grégoire, et vous avez assez bu… »

Sautral a bondi vers une commode, a ouvert un tiroir dont il a sorti un révolver. « Donnez-moi ce revolver ! » a ordonné sèchement Grégoire. Suppliant cette fois, il s’est rué sur lui…

Il est repartit par les rues jalonnées de sapins illuminés s’apprêtant par moment, le regard perdu à présent. La pharmacie est là, toute proche, sur la porte, son nom s’étale : « Grégoire Duval, pharmacien de première classe ». Un homme qui n’a plus rien de commun avec lui…

Il est repartit par les rues jalonnées de sapins illuminés s’apprêtant par moment, le regard perdu à présent. La pharmacie est là, toute proche, sur la porte, son nom s’étale : « Grégoire Duval, pharmacien de première classe ». Un homme qui n’a plus rien de commun avec lui…

« Enfin te voilà ! a crié Geneviève, j’ai une nouvelle : Sautral s’est suicidé, tu venais juste de le quitter » Il l’a regardée l’air las pour répondre : « C’est merveilleux, il y a toujours des témoins ».

« Enfin te voilà ! a crié Geneviève, j’ai une nouvelle : Sautral s’est suicidé, tu venais juste de le quitter » Il l’a regardée l’air las pour répondre : « C’est merveilleux, il y a toujours des témoins ».

Dans la salle à manger, il y avait non seulement le commissaire mais encore le docteur Warmont. « Tout ça est de ma faute ! a lancé Duval, le seuil a peine franchi, ça devait finir comme ça…j’ai tué Sautral ! »

Dans la salle à manger, il y avait non seulement le commissaire mais encore le docteur Warmont. « Tout ça est de ma faute ! a lancé Duval, le seuil a peine franchi, ça devait finir comme ça…j’ai tué Sautral ! »

Demeurée seule au haut des marches, Geneviève a le visage éploré de l’épouse modèle qui voit partir encadré par des infirmiers vers la maison de la santé, son mari dont la raison s’est égarée. La petite madame Duval a préféré être aux yeux du monde la femme d’un fou plutôt que celle d’un assassin…

Grégoire, d’un geste sec va se libérer de l’étreinte des infirmiers  et monter sans leur aide dans la voiture, marquant ainsi qu’il s’agit pour lui d’un libre choix et que c’est la seule volonté qui le pousse à aller jusqu’au bout… (Fin).

Grégoire, d’un geste sec va se libérer de l’étreinte des infirmiers et monter sans leur aide dans la voiture, marquant ainsi qu’il s’agit pour lui d’un libre choix et que c’est la seule volonté qui le pousse à aller jusqu’au bout… (Fin).

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Leon Gestin 18/08/2015 04:52

Tres bon synopsis, merci ! Cependant vous occultez une partie importante, a la fin, ou Duval se rend compte que c est le jour ou il n a pas voulu partir avec Nadia qu il a rate sa vie...

mpr 31/05/2015 21:19

je n'avais jamais vu ce film (excellent) et je trouve que cette méthode est très bien, justement pour voir ou revoir ces bons vieux films français ;