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VICTOR – Claude Heymann (1951) – Jean Gabin, Françoise Christophe, Brigitte Auber, Jacques Morel, Jacques Castelot

Publié le par Laurent Bigot

VICTOR – Claude Heymann (1951) – Jean Gabin, Françoise Christophe, Brigitte Auber, Jacques Morel, Jacques Castelot
Les amours de la haute
A première vue, l'univers d'Henri Bernstein n'était pas fait pour plaire à Jean Gabin. Souvent situées dans les hautes sphères de la société, les pièces de l'écrivain passent au crible les tourments amoureux de couples adultères, dans une atmosphère sophistiquée et parfois pesante. On est loin des milieux populaires traversés par Gabin dans La Bandera ou Quai des brumes. Mais l'acteur n'en délaissera pas moins ses tenues de baroudeur pour se fondre, à trois reprises, dans le monde de Bernstein. Certes, il serait faux de dire que Gabin ne joue à l'époque qu'un seul type de personnage. Il prouvera, notamment dans les années 50, qu'il est capable au contraire de tenir des emplois très divers, du médecin progressiste (Le cas du Dr Laurent) au chauffeur routier (Gas-oil), en passant par le patron de music-hall (French Cancan) ou le paysan normand (Le Plaisir). Mais le public a dû pourtant s'étonner de découvrir sa prestation dans Victor. Si le personnage de Gabin contraste clairement avec le grand bourgeois joué par Jacques Castelot, la manière dont l'ardeur se comporte dans le film, et surtout la manière dont il parle à la femme du monde dont il est amoureux, renvoient malgré tout à un registre que le comédien n'explorera qu'assez peu. Celui de la « love story » mondaine, dont Bernstein était au théâtre le grand champion, et que le cinéaste Alain Resnais ressuscitera bien plus tard en filmant Sabine Azéma, Pierre Arditi et Alain Dussolier dans Mélo, autre pièce adaptée du dramaturge. 
 
COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005
VICTOR – Claude Heymann (1951) – Jean Gabin, Françoise Christophe, Brigitte Auber, Jacques Morel, Jacques Castelot
Oscillant entre romance, mélodrame et film noir, Victor fait partie des nombreux films tournés par l'acteur entre l'après-guerre et son « retour à la gloire », Dirigé par Claude Heymann, le film nous révèle un Gabin plus romantique qu'à l'ordinaire.

Oscillant entre romance, mélodrame et film noir, Victor fait partie des nombreux films tournés par l'acteur entre l'après-guerre et son « retour à la gloire », Dirigé par Claude Heymann, le film nous révèle un Gabin plus romantique qu'à l'ordinaire.

L'histoire :
Victor est un homme honnête. S'il vient de purger une peine de prison, c'est par amitié pour Marc Pélicier, qui fut son supérieur pendant la guerre et a qui il voue depuis lors une grande estime. Marc mène un train de vie luxueux grâce à des affaires pas toujours très claires, et Victor a accepté de se déclarer coupable d'actes commis en réalité par son ami. Certes, en protégeant ainsi Marc de la faillite et du déshonneur, Victor agissait aussi - et peut-être surtout - pour éviter un triste sort à Françoise, l'épouse de l'homme d'affaires. Cela fait bien longtemps gue Victor aime en secret la femme de son ami, et les lettres qu’elle lui a adressées en prison semblent suggérer gue ce sentiment est à présent partagé. Le jour où Victor est enfin libéré pour bonne conduite, Françoise tient à venir le chercher elle-même. Mais avant de donner libre cours à leur passion, Victor tient à clarifier les choses avec Marc... 
 
COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005
 
VICTOR – Claude Heymann (1951) – Jean Gabin, Françoise Christophe, Brigitte Auber, Jacques Morel, Jacques Castelot
Du beau monde
Adapter à l'écran une pièce d'Henri Bernstein n'est pas une mince affaire. Lorsqu'ils se lancent dans le projet, à la fin de l'année 1950, le producteur Gilbert Cohen-Seat et le réalisateur Claude Heymann se tournent donc vers une valeur sûre : Jean Perry est un scénariste qui vient de s'illustrer avec trois films écrits pour Henri-Georges Clouzot, dont le fameux Quai des Orfèvres. Pour Ferry, le plus délicat sera de conserver autant que possible les dialogues ciselés de la pièce originale, tout en livrant un vrai script de cinéma... Le début du tournage approchant, Claude Heymann s'entoure par ailleurs d'une équipe qui a fait ses preuves. La photographie du film est confiée à Lucien Joulin, qui vient d'éclairer entre autres L'homme de la Jamaïque. Le montage sera assuré par Suzanne de Troeye, qui fut une fidèle collaboratrice de Jean Renoir et de Marcel Pagnol. Quant à la musique, dont le réalisateur souhaite qu'elle apparaisse fréquemment en contrepoint de l'intrigue, elle sera composée par Marc Lanjean. 
 
COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005
 
VICTOR – Claude Heymann (1951) – Jean Gabin, Françoise Christophe, Brigitte Auber, Jacques Morel, Jacques Castelot
Devant la caméra
Dès le départ, le rôle principal du film est destiné à Jean Gabin. L'acteur, qui vient de jouer pendant l'année 1949 une pièce d'Henri Bernstein, entretient d'excellentes relations avec le dramaturge, et le personnage de Victor, par sa noblesse de caractère et son franc-parler, semble taillé sur mesure pour le comédien. Reste à donner un visage aux autres membres du quatuor amoureux imaginé par Bernstein. Par sa beauté et son élégance naturelle, Françoise Christophe sera l'interprète idéale de la femme du monde aimée par Victor. Jacques Castelot apportera quant à lui toute l'ambiguïté et le cynisme nécessaires au rôle de Marc, ce héros de guerre devenu un affairiste douteux. Par ailleurs, Claude Heymann décide de confier à la jeune Brigitte Auber, encore auréolée de sa prestation dans Rendez-vous de juillet, le personnage de Marianne, la seconde dame de cœur du film. Et le réalisateur offre à un débutant du nom de Pierre Mondy l'un de ses tout premiers rôles à l'écran : celui d'un détenu un peu trop râleur au goût de Victor... 
 
COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005
VICTOR – Claude Heymann (1951) – Jean Gabin, Françoise Christophe, Brigitte Auber, Jacques Morel, Jacques Castelot
Sur la brèche
À considérer la filmographie de Gabin au début des années 50, on pourrait le croire atteint de boulimie. En effet, rien que pour l'année 1951, l'acteur est à l'affiche de trois films, et il en a déjà tourné deux autres qui sortiront au début de l'année suivante (La vérité sur Bébé Donge et Le Plaisir). Un stakhanovisme qui ne s’explique pas par un goût immodéré des plateaux, mais par des inquiétudes qui poussent Gabin à multiplier les projets. Car, s’il tourne régulièrement, le comédien ne parvient pas pour autant à retrouver la place privilégiée qui fut la sienne avant-guerre. Angoissé à l’idée qu’un jour les metteurs en scène cessent définitivement de l’appeler, Gabin doit en outre affronter une autre crainte : celle de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de la famille qu’il a fondée en épousant en 1949 le mannequin Dominique Fournier, et en devenant l’année suivante l’heureux papa d’une petite Florence.
 
COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005
VICTOR – Claude Heymann (1951) – Jean Gabin, Françoise Christophe, Brigitte Auber, Jacques Morel, Jacques Castelot
Action !
Le tournage de Victor a lieu du 29 janvier au 3 mars 1951, aux studios de Neuilly. Très attentif à l'interprétation, Claude Heymann apporte un soin particulier aux longues scènes de dialogues, déclarations d'amour ou joutes verbales, qui émaillent le scénario. Sa mise en scène alterne sans cesse entre le mélo et la comédie, les mêlant même parfois, comme dans la séquence où le personnage de Victor rentre chez lui passablement éméché (Gabin semble y préparer sa légendaire prestation dans Un singe en hiver). Les scènes confrontant l'acteur à sa concierge, jouée avec brio par Jane Morlet, apporteront également à l'ensemble d'agréables intermèdes comiques ... Sorti au mois de juin, Victor rencontre en salles un succès honorable. Entre-temps, Gabin s'est déjà lancé dans de nouveaux projets, mais il se souviendra du compositeur Marc Lanjean : ce dernier participera en effet au cours des années suivantes à la musique de trois autres films de l'acteur, Razzia sur la chnoufChiens perdus sans collier et Maigret tend un piège.
 
COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005
VICTOR – Claude Heymann (1951) – Jean Gabin, Françoise Christophe, Brigitte Auber, Jacques Morel, Jacques Castelot
Jacques Castelot
 
Né à Anvers le 11 juillet 1914, le belge Jacques Storms voit sa famille s'installer trois ans plus tard à Paris. Se lançant dans la carrière de comédien, il prend le pseudonyme de Castelot (comme son frère, l'historien André Castelot). Cet ancien élève du Conservatoire s'illustre avant tout au théâtre, mais le cinéma fait appel à lui dès 1938. S'il se contente d'une apparition dans La Marseillaise de Jean Renoir, l'acteur se voit confier de vrais rôles dans Le voyageur de la Toussaint de Louis Daquin, La Malibran de Sacha Guitry ou Les enfants du paradis de Marcel Carné. Sa distinction naturelle lui vaut de jouer souvent les aristocrates ou les grands bourgeois, un registre dans lequel il se laissera peu à peu enfermer. Il sera ainsi le duc de La valse de Paris, le noblaillon de Topaze (face à Fernandel), ou encore le Prince des Mains sales. Suite à leur f rencontre dans Victor, le comédien retrouve Gabin dans La vérité sur Bébé Donge et Le baron de l'écluse. Après des apparitions dans des films comme Folies-Bergère et Angélique marquise des Anges, Jacques Castelot deviendra un habitué du petit écran. Il s’est éteint le 25 août 1989 sans avoir pu donner une image moins figée de son talent…
 
COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005
VICTOR – Claude Heymann (1951) – Jean Gabin, Françoise Christophe, Brigitte Auber, Jacques Morel, Jacques Castelot
Henri Bernstein
 
Initié par son père à l'univers sophistiqué des pièces de Bernstein, Gabin aura le privilège de croiser à trois reprises la route du grand dramaturge. Lequel appréciera de son côté d'écrire pour la plus grande star du cinéma français.
S’il est un nom familier à Gabin, et depuis longtemps, c'est bien celui d'Henri Bernstein. Ce dernier est en effet depuis les années 10 un dramaturge très réputé, et la plupart de ses pièces remportent un joli succès, sur la scène de la Comédie-Française ou au Théâtre du Gymnase. Héritier d'une grosse fortune, Bernstein est en outre une figure du Tout-Paris, connu pour ses frasques et ses nombreuses conquêtes féminines. Le père de Gabin, qui est un modeste artiste de music-hall, admire profondément l'œuvre de Bernstein, et son grand rêve aurait été de jouer l'un de ses textes. C'est donc avec une certaine fierté que son fils se voit proposer, en 1937, d'être la vedette d'un film inspiré du Messager, une pièce d'Henri Bernstein. À l'époque, Gabin compte déjà à son actif plusieurs grands succès, comme La Bandera et Pépé le Moko. Aussi l'écrivain accepte-t-il de participer au projet, l'adaptation du scénario étant confiée à Marcel Achard.
Mais c'est en 1949 que Gabin va véritablement réaliser le rêve de son père, qui n'est malheureusement plus là pour s'en réjouir. La carrière de l'acteur n'ayant pas encore retrouvé tout l'éclat de la période d'avant-guerre, son agent, André Bernheim, suggère un jour à Gabin de surprendre le public en se produisant pour la première fois au théâtre. Une perspective qui n'enchante guère le comédien ; depuis ses débuts au music-hall, il n'a jamais eu envie de retrouver la scène, et encore moins pour jouer une « vraie» pièce. Mais Bernheim use d'une arme efficace en annonçant à Gabin qu'Henri Bernstein serait prêt à écrire une pièce spécialement pour lui, une offre qu'il lui est évidemment difficile de refuser ! Gabin accepte donc de jouer Jean Galone, le héros de La soif, pièce dont Bernstein assurera lui-même la mise en scène. Compte tenu de la personnalité très affirmée des deux hommes, les répétitions ne se passent pas toujours sans heurt, mais Gabin tient bon jusqu'à la générale. Ce soir-là, pris d'un trac terrible à quelques minutes de son entrée en scène, l'acteur est tenté, l'espace d'une seconde, de tout abandonner. Mais un regard à la photo de son père, qu'il a accrochée dans sa loge, lui permet de se ressaisir : « Il aurait tant voulu être à ma place ce soir, et qu'on lui dise : monsieur Gabin, ça va être à vous dans cinq minutes, et entrer en scène pour jouer du Bernstein. Alors j'ai pas pensé à un truc du genre « il va être fier de moi », mais plutôt «je vais te venger, je vais t'offrir ton rêve, mon vieux père ».
Gabin va jouer La soif pendant plus d'un an, remportant les suffrages du public mais aussi ceux d'Henri Bernstein qui, pour exprimer à son interprète toute son admiration, lui offre un jour une montre de luxe gravée de ces mots : « À Jean Gabin et à Jean Galone. H. Bernstein ». L'acteur, qui de son côté a pris l'habitude d'appeler ironiquement Bernstein « Papa », fera évidemment partie des invités réunis le 26 février 1951 pour fêter les cinquante ans de vie parisienne du Maître. À l'époque, Gabin est par ailleurs en plein tournage de Victor, film adapté de la pièce éponyme de Bernstein. Mais cette troisième collaboration restera la dernière, Henri Bernstein décédant subitement le 27 novembre 1953.
 
COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005
VICTOR – Claude Heymann (1951) – Jean Gabin, Françoise Christophe, Brigitte Auber, Jacques Morel, Jacques Castelot
CLAUDE HEYMANN
Tour à tour scénariste, assistant-réalisateur ou directeur de production, Claude Heymann a connu au sein du septième art un parcours singulier. Mais il reste avant tout un réalisateur ayant joué la carte d'un cinéma populaire de qualité.
Le nom de Claude Heymann est aujourd'hui quelque peu oublié. Ce réalisateur, né à Paris en 1907, a pourtant eu une carrière bien remplie. Cinéphile précoce, il s'approche de sa passion en devenant dès 1926 critique de films. Deux ans plus tard, il fait ses premiers pas dans l'industrie du cinéma en écrivant pour Alberto Cavalcanti le scénario du film En rade. La même année, il collabore avec Jean Renoir pour le script de Tire-au-flanc, une comédie portée par Michel Simon. Cette activité de scénariste, Claude Heymann va l'exercer régulièrement tout au long de sa carrière, même lorsqu'il sera devenu réalisateur. Au lendemain de la guerre, il écrira ainsi pour Henri Calef le film Jéricho (1946), et pour Ettore Giannini Le carrefour des passions (1948). En 1955, il collabore également au script de Lola Montès, chef-d'œuvre de Max Ophüls qui, malgré la présence de Martine Carol, se soldera par un gouffre financier. Claude Heymann écrira encore en 1958 une comédie pour Yves Montand, Premier mai, et sera en 1971 le créateur de la série télévisée Madame êtes-vous libre ?, interprétée entre autres par Denise Fabre, Coluche et Nicole Garcia...
 
L’homme-orchestre
Après s'être fait connaître comme scénariste, Claude Heymann entame en 1930 une carrière d'assistant-réalisateur. Il occupe pour la première fois ce poste sur le tournage d'un film mythique : L'âge d'or, de Luis Buñuel, manifeste surréaliste qui fait scandale à sa sortie. Un an plus tard, le jeune homme devient l'assistant de Marc Allégret pour Le blanc et le noir, une comédie avec Raimu, puis il retrouve Jean Renoir qu'il assiste sur deux films importants : On purge Bébé, et le célèbre Partie de campagne. Claude Heymann continue ensuite à exercer le métier d'assistant-réalisateur alors même qu'il signe en parallèle ses propres films : on le retrouve ainsi aux côtés du cinéaste Maurice Keroul pour Le choc en retour (1937), puis du vétéran Marcel L'Herbier pour Les derniers jours de Pompéi (1950). Décidément atypique, Claude Heymann goûtera également au monde de la production, que ce soit en occupant le poste de chargé de production (ce sera le cas pour Fabiola et La cuisine au beurre), ou en s'investissant lui-même comme producteur, comme il le fera pour Section spéciale, le thriller de Costa Gavras (1975).
Si Claude Heymann a jonglé entre différents postes derrière la caméra, il lui est arrivé aussi de franchir la ligne et de faire de modestes apparitions en tant que comédien. On peut le voir ainsi en 1930 dans L’Age d’or, où Luis Buñuel lui a offert un petit rôle. Puis c’est au tour de François Truffaut lui demander, trente ans plus tard, de jouer l’un des personnages du polar Tirez sur le pianiste, celui du mystérieux Lars Schmeel. Une manière pour Truffaut de rendre hommage à celui qui était depuis la fin des années 20 l’un des artisans.
 
Une œuvre à soi
Fort heureusement, ces multiples casquettes n'empêcheront pas Claude Heymann de se consacrer aussi à sa véritable vocation : la mise en scène. Dès 1930, il coréalise avec Marc Allégret La meilleure bobonne, un court métrage interprété par Fernandel. L'année suivante, il dirige à nouveau l'acteur dans Comme une carpe, sur un scénario de Jacques Prévert. Suivent au début des années 30 une série de films légers interprétés par des têtes d'affiche comme Fernand Gravey (A moi le jour, à toi la nuit) ou Pierre Brasseur (Jeunesse d'abord). Mais c'est en 1936 que le réalisateur connaît l'un de ses plus gros succès en dirigeant Raimu et Michel Simon dans Les jumeaux de Brighton. En 1951, Heymann adapte Marcel Aymé dans La belle image, avant de collaborer successivement avec Gabin (Victor) et la jeune première Françoise Arnoul (Adieu Paris). Mais en 1954, il tourne à Deauville une « comédie balnéaire », Anatole Chéri, qui s'avèrera être son dernier film en tant que metteur en scène. Claude Heymann s'éteindra en effet quarante ans plus tard sans avoir pu signer de nouvelles réalisations...
 
COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005
Henri Bernstein

Henri Bernstein

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