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MICHÈLE MERCIER

Publié le par Laurent Bigot

Pour la belle Niçoise, le rôle d’AngéJique sera à la fois un miracle et une malédiction. Car la gloire de cette héroïne mythique fera non seulement oublier les vingt films tournés auparavant par l'actrice, mais finira par étouffer sa carrière.

Pour la belle Niçoise, le rôle d’AngéJique sera à la fois un miracle et une malédiction. Car la gloire de cette héroïne mythique fera non seulement oublier les vingt films tournés auparavant par l'actrice, mais finira par étouffer sa carrière.

Michèle Mercier voit le jour le 1er janvier 1939, à Nice. Son père est français, sa mère italienne, et tous deux tiennent une pharmacie située sur l'avenue Jean Médecin, la grande artère commerçante de la ville. Attirée par le monde du spectacle, la petite fille devient dès huit ans l'un des « petits rats» de l'Opéra de Nice. En 1955, elle fait une apparition dans un film de Maurice Chevalier, J'avais sept filles, avant d'être choisie deux ans plus tard par Denys de La Patellière pour jouer le rôle de la femme de chambre de Michèle Morgan dans Retour de manivelle. C'est en partie par admiration envers sa prestigieuse aînée que la jeune fille troque alors son prénom de baptême, Jocelyne, pour celui de Michèle. Elle monte ensuite à Paris, où elle poursuit sa carrière de danseuse sous l'égide de Roland Petit, tout en prenant des cours d'art dramatique. Et c'est en tant qu'actrice que Michèle Mercier va bientôt connaître un certain succès.
MICHÈLE MERCIER
Dès 1959, elle partage l'affiche de Mademoiselle Ange avec Romy Schneider et Henri Vidal. Elle reprend ensuite à l'écran le rôle qu'elle a tenu dans la pièce à succès La brune que voilà, sous la direction de Robert Lamoureux. Puis François Truffaut la choisit pour le rôle de la prostituée Clarisse dans le polar Tirez sur le pianiste, qui restera l'un de ses films préférés. Elle côtoie ensuite Ingrid Bergman et Yves Montand dans Aimez-vous Brahms ?, avant de tenir le premier rôle féminin de Symphonie pour un massacre de Jacques Deray, et de L'aîné des Ferchaux, de Jean-Pierre Melville. Devenue une vedette en Italie grâce à des films d'aventures mettant en valeur son physique avantageux, elle fait également partie en 1963 de la distribution des Monstres, célèbre comédie de Dino Risi. Mais il manque encore à l'actrice un vrai succès personnel. Il lui sera apporté par un rôle pour lequel des comédiennes comme Brigitte Bardot, Catherine Deneuve ou Marina Vlady ont été également pressenties : celui d'Angélique, marquise des Anges.
MICHÈLE MERCIER

Le succès remporté en 1964 par le film de Bernard Borderie, qui allie romanesque et « érotisme », est immense. Du jour au lendemain, Michèle Mercier devient une star planétaire, statut que conforteront les quatre autres films de la strie. En ce milieu des années 60, la farouche indépendance de la Marquise des Anges - et sa chute de reins - fascine les foules. Mais l'actrice, pressentant le danger d'être définitivement réduite à ce rôle, tient à tourner d'autres films : Casanova 70 de Mario Monicelli, Soleil noir de Denys de La Patellière, Une corde, un colt de Robert Hossein, Une veuve en or de Michel Audiard... Mais elle a beau multiplier les rôles, l'image d'Angélique la poursuit, lui fermant de nombreuses portes. Michèle Mercier tente alors sa chance à Hollywood, mais malgré deux films tournés respectivement face à Tony Curtis (Les baroudeurs) et Charlton Heston (L'appel de la forêt), l'aventure reste sans lendemain. Dès lors, l'actrice ne tournera plus que de rares films, principalement en Italie. Une traversée du désert d'autant plus douloureuse qu'elle s'accompagne de graves problèmes financiers, et d'une vie sentimentale difficile. En 2002, Michèle Mercier a publié une autobiographie dont le titre, Je ne suis pas Angélique, se passe aisément de commentaires…

COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005

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