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6 - PHANTOM LADY (Les Mains qui tuent) - Robert Siodmak (1944), Ella Raines, Franchot Tone et Alan Curtis

Publié le par Laurent Bigot

Se démarquant du roman original sur le plan stylistique, Phantom Lady installe un climat de danger et d'incertitude qui provient non pas de ce que prétendent Milburn et le serveur, puisqu'on sait que c'est faux, mais de ce que Carol risque de les pousser à faire. En femme émancipée, Carol ne se laisse pas décourager par la peur du viol ou de l'agression. La force de cette indépendance apparaît lors de ses visites à la prison où est détenu Henderson. Lorsque, dans la proximité physique du parloir grillagé où ils fument des cigarettes, Henderson se lamente et baisse piteusement la tête en lui demandant de l'abandonner à son sort bien qu'il soit innocent, la posture et l'expression de Carol montrent qu'elle ne renoncera pas. C'est grâce à sa détermination qu'il sera libéré ; Siodmak et Bredell la filment de telle manière qu'elle le sépare des sombres barreaux situés derrière elle et le « pousse »vers la fenêtre ensoleillée, dont la grille qui le prive de sa liberté est à peine visible. 
6 - PHANTOM LADY (Les Mains qui tuent)  - Robert Siodmak (1944), Ella Raines, Franchot Tone et Alan Curtis
6 - PHANTOM LADY (Les Mains qui tuent)  - Robert Siodmak (1944), Ella Raines, Franchot Tone et Alan Curtis
"Phantom Lady est le film qui a fait découvrir Siodmak ou du moins après sa période française. C’est le film aussi qui a suscité très rapidement le plus d’enthousiasme aux Etats Unis, on y voit plusieurs thèmes très « siodmakien ». Mais il faut préciser que Siodmak, tout seul, aurait été incapable d’en parler. C’était un homme extrêmement compliqué, très jovial et gai, un véritable clown sur les plateaux, jouant tous les rôles, exubérant, parfois colérique mais toujours très superficiel. Il n’existe pas une seule interview sérieuse avec Siodmak, il n’arrête pas de raconter des anecdotes drôles, il en invente des nouvelles, il est dans l’exagération. Jamais on n’est parvenu à lui posé une question un tant soit peu profonde sur sa vision de la vie, des personnes. Tout cela relève de la psychanalyse, on sait beaucoup de choses sur son enfance, sur les problèmes relationnels qu’il a eu avec ses parents. Sans se perdre dans les détails, on constate avec ses grands films qu’il y a un véritable mystère, disons une contradiction avec le personnage tellement roublard, rigolard, fêtard, noceur, superficiel puis ses films si tourmentés."
Hervé Dumont, ancien  Président de la Cinémathèque Suisse et auteur de ROBERT SIODMAK (Le maître du film Noir), Ed. L’Age d’Homme (1981).
The Great Sinner (Passion Fatale, 1949) Ava Gardner, Robert Siodmak et Gregory Peck.

The Great Sinner (Passion Fatale, 1949) Ava Gardner, Robert Siodmak et Gregory Peck.

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