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EDWIGE FEUILLERE : Grande dame du septième art

Publié le par Laurent Bigot

Avec son élégance naturelle, la comédienne a su conquérir aussi bien le milieu du théâtre que ceux du cinéma et de la télévision. De Lucrèce Borgia aux Dames de la côte, de L'aigle à deux têtes au Blé en herbe, retour sur un parcours d'exception.

Avec son élégance naturelle, la comédienne a su conquérir aussi bien le milieu du théâtre que ceux du cinéma et de la télévision. De Lucrèce Borgia aux Dames de la côte, de L'aigle à deux têtes au Blé en herbe, retour sur un parcours d'exception.

Edwige Cunati-Koenig voit le jour le 29 octobre 1907 à Vesoul, en Franche-Comté. Son père, un ingénieur italien, est catholique ; sa mère est issue d'une famille alsacienne et protestante. Tous deux décident de ne pas baptiser leur fille, en attendant l'âge où celle-ci pourra décider elle-même de sa religion. Mais c'est pour le théâtre que l'enfant va bientôt se passionner - peut-être parce que lorsque ses parents se disputent, Guido Cunati reproche toujours à sa femme de « faire sa Sarah Bernhardt »... Après un passage au Conservatoire d'art dramatique de Dijon, la jeune fille s'installe à Paris, où elle entame une double carrière. Entrant en 1931 à la Comédie-Française, elle fait la même année ses débuts à l'écran face à Fernandel dans La fine combine, et côtoie Raimu dans Mam'zelle Nitouche. Mariée (brièvement) au comédien Pierre Feuillère, la jeune comédienne voit sa réputation croître rapidement. En 1933, elle quitte le « Français », institution qu'elle trouve décevante, mais se produit sur d'autres scènes, triomphant notamment dans La Dame aux camélias. Et c'est un autre rôle « scandaleux» qui, en 1935, en fait également une vedette de l'écran : dans Lucrèce Borgia, d'Abel Gance, Edwige Feuillère a en effet l'audace de se montrer nue !
EDWIGE FEUILLERE : Grande dame du septième art
FEMME DE TÊTE
À compter de la fin des années 30, l'actrice explore un registre qui va devenir sa marque de fabrique : celui de la « grande dame », aussi élégante que déterminée. Dans De Mayerling à Sarajevo, Max Ophüls lui offre le rôle de la comtesse Sophie Chotek, maîtresse de l'archiduc François-Ferdinand. Elle sera ensuite la duchesse de Langeais dans l'adaptation par Jacques de Baroncelli de l'œuvre de Balzac. Puis Jean Cocteau fait d'elle une reine dans la pièce L'aigle à deux têtes, rôle qu'elle reprend face à Jean Marais dans l'adaptation cinématographique de 1948. Mais Edwige Feuillère sait aussi jouer des personnages moins hiératiques, telles la « maître-chanteuse» de la comédie L'honorable Catherine ou la vénale Nastassja de L'idiot, film où elle a pour partenaire Gérard Philipe. En 1951, elle ne craint pas de composer avec Simone Simon un couple homosexuel relativement transparent dans Olivia. Avant d'enchaîner avec un autre rôle sulfureux: celui de Madame Dalleray, belle quadragénaire qui, dans Le blé en herbe, noue une liaison avec un adolescent de 16 ans. À la sortie de ce film d'Autant-Lara, la presse catholique se déchaînera contre tant d'immoralité et des affrontements auront même lieu dans certains cinémas...
 
EDWIGE FEUILLERE : Grande dame du septième art
TOMBER DE RIDEAU
Au cours des années 60, l'actrice se consacre surtout au théâtre : elle connaît un nouveau triomphe dans La folle de Chaillot, un rôle pour lequel elle n'hésite pas à s'enlaidir. Sollicitée en 1975 par Patrice Chéreau pour le film La chair de l'orchidée, elle tourne ensuite plusieurs feuilletons pour le petit écran, dont Les dames de la côte et Un château au soleil ainsi que des téléfilms. Mais le 8 novembre 1998, l'annonce de la mort de jean Marais, qui était resté l'un de ses plus proches amis, la bouleverse profondément. Cinq jours plus tard, Edwige Feuillère succombe elle-même à des complications cardiaques. Conformément à sa volonté, la cérémonie se déroulera sans fleurs ni couronnes, la comédienne ayant préféré que l'assistance envoie des dons à la Mutuelle des artistes. Eric Quéméré – 2005

 

EDWIGE FEUILLERE : Grande dame du septième art

FILMOGRAPHIE

1931 La fine combine 1946 L'idiot
1931 Mam'zlle Notouche 1948 L'aigle à deux têtes
1933 Ces messieurs de la santé 1951 Olivia
1935 Lucrèce Borgia 1954 Le blé en herbe
1935 Golgotha 1958 En cas de malheur
1937 La dame de Malacca 1962 Le crime de paie pas
1938 J'étais une aventurière 1970 Le clair de terre
1940 De Mayerling à Sarajevo 1975 La chair de l'orchidée
1942 La duchesse de Langeais 1979 Les dames de la côte (TV)
1943 L'honorable Catherine 1988 Un château au soleil (TV)
   

 

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