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1 - UNE FEMME DISPARAÎT (The Lady Vanishes) – Alfred Hitchcock (1938) – Margaret Lockwood, Michael Redgrave

Publié le par Laurent Bigot

Depuis The Lodger, le premier « vrai Hitchcock» et, plus encore, depuis qu'il travaillait pour la Gaumont-British, Hitchcock s'était imposé comme un magicien du cinéma, un réalisateur plein de talents qui savait plaire au plus grand nombre. Depuis 1937, il était décidé à quitter l'étroit pays qui était le sien pour un horizon cinématographiquement plus vaste : les États-Unis. Le cinéaste s'apprêtait à signer une ultime œuvre britannique (qui s'avérera en fait être l'avant-dernière) sous la forme d'un bouquet final venant conclure la période comme un feu d'artifice, ainsi que l'ont souligné Eric Rohmer et Claude Chabrol : «Hitchcock voulut terminer en beauté, faire quelque chose qui fût à la fois l'aboutissement de quatre années de recherches, un tableau récapitulatif, et un point final. »

Depuis The Lodger, le premier « vrai Hitchcock» et, plus encore, depuis qu'il travaillait pour la Gaumont-British, Hitchcock s'était imposé comme un magicien du cinéma, un réalisateur plein de talents qui savait plaire au plus grand nombre. Depuis 1937, il était décidé à quitter l'étroit pays qui était le sien pour un horizon cinématographiquement plus vaste : les États-Unis. Le cinéaste s'apprêtait à signer une ultime œuvre britannique (qui s'avérera en fait être l'avant-dernière) sous la forme d'un bouquet final venant conclure la période comme un feu d'artifice, ainsi que l'ont souligné Eric Rohmer et Claude Chabrol : «Hitchcock voulut terminer en beauté, faire quelque chose qui fût à la fois l'aboutissement de quatre années de recherches, un tableau récapitulatif, et un point final. »

1 - UNE FEMME DISPARAÎT (The Lady Vanishes) – Alfred Hitchcock  (1938) – Margaret Lockwood, Michael Redgrave
Les prémices du film
Une fois n'est pas coutume, Hitchcock choisit de travailler sur un scénario déjà prêt, mis au point par Sydney Gilliat (1908-1994) et Frank Launder (1906- 1997). Les deux hommes travaillèrent en équipe de 1930 à 1966, comme scénaristes, mais aussi en produisant et réalisant plusieurs films, dont The Rake's Progress (1945). Hitchcock connaissait Gilliat qui avait travaillé (sans que son nom apparaisse au générique) sur Champagne et The Manxman. Il adapta ensuite pour lui le roman de Daphné du Maurier, La Taverne de la Jamaïque. L'intervention d'Hitchcock sur le scénario fut minime. Selon Launder, les modifications apportées par le réalisateur répondaient surtout à un souci de rythme : «  La différence entre notre début et celui du script original était une accélération du rythme. De même, la dernière bobine était bien plus palpitante, grâce à tous les détails qu'on y a ajoutés. » 
 

Dans un village de montagne en Europe centrale, les pensionnaires d'un hôtel apprennent que leur train, retardé par la neige, ne partira pas avant le lendemain. L'hôtel n'est pas assez grand pour accueillir tout le monde. Deux Anglais, Caldicott et Charters, doivent se contenter d'une chambre de bonne. Une autre Anglaise, Iris Henderson, qui est accompagnée de deux amies, rentre d'une randonnée. Iris annonce son départ pour le lendemain. Elle rejoint Londres, où elle doit épouser son prétendant, et renonce à sa vie de célibataire.

Une femme disparaît s’ouvre sur un magnifique travelling qui, parti d'une vue sur les montagnes enneigées, nous plonge dans le petit village montagnard et pénètre dans l'hôtel. Tout ce plan utilise une maquette, qui comporte quelques éléments animés : une voiture passe, un personnage bouge. Ce dernier, un militaire devant le train, lève le bras, en un geste qui n'est pas sans évoquer... le salut hitlérien ! Ainsi, avant même que le spectateur découvre qu'il s'agit d'une histoire d'espionnage, Hitchcock nous indique la nature de la menace.

Une femme disparaît s’ouvre sur un magnifique travelling qui, parti d'une vue sur les montagnes enneigées, nous plonge dans le petit village montagnard et pénètre dans l'hôtel. Tout ce plan utilise une maquette, qui comporte quelques éléments animés : une voiture passe, un personnage bouge. Ce dernier, un militaire devant le train, lève le bras, en un geste qui n'est pas sans évoquer... le salut hitlérien ! Ainsi, avant même que le spectateur découvre qu'il s'agit d'une histoire d'espionnage, Hitchcock nous indique la nature de la menace.

Malgré le ton éminemment humoristique de tout le début du film, Hitchcock multiplie les avertissements, sous forme de détails à peine perceptibles. Ainsi, dans le pays apparemment si calme où se déroule l'intrigue, pays qui évoque la Suisse, le traditionnel coucou de la pendule est transformé en un militaire sonnant le clairon... Le bruit de la guerre résonne déjà pour qui sait l'entendre.

Malgré le ton éminemment humoristique de tout le début du film, Hitchcock multiplie les avertissements, sous forme de détails à peine perceptibles. Ainsi, dans le pays apparemment si calme où se déroule l'intrigue, pays qui évoque la Suisse, le traditionnel coucou de la pendule est transformé en un militaire sonnant le clairon... Le bruit de la guerre résonne déjà pour qui sait l'entendre.

1 - UNE FEMME DISPARAÎT (The Lady Vanishes) – Alfred Hitchcock  (1938) – Margaret Lockwood, Michael Redgrave

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