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13 et 14 - EN CAS DE MALHEUR – Claude Autant-Lara (1958) – Jean Gabin, Brigitte Bardot et Edwige Feuillère

Publié le par Laurent Bigot

13 et 14 - EN CAS DE MALHEUR – Claude Autant-Lara (1958) – Jean Gabin, Brigitte Bardot et Edwige Feuillère
L’inévitable discussion entre les époux Gobillot vient de s’amorcer : « Pour des raisons qui seraient trop longues à t’expliquer, elle ne peut pas vivre en meublé… Il faut, le  plus rapidement possible, qu’elle soit complètement chez elle, à l’abri ». Viviane croit rêver : les voilà en pleine extravagance : « A l’abri ?... dit-elle.
- J’ai trouvé un appartement, répond André.
-  Un appartement ? En ce moment ?
- Eh bien oui, quoi, un appartement à vendre.
- Et tu vas l’acheter ? André, tu ne vas pas l’acheter à son nom, tout de même ? Tu ne vas pas faire ça ?
13 et 14 - EN CAS DE MALHEUR – Claude Autant-Lara (1958) – Jean Gabin, Brigitte Bardot et Edwige Feuillère
«  Ah écoute, je t’en prie Viviane, pas maintenant. En ce moment, je vis au jour le jour… Combien de temps cela durera-t-il ? Je n’en sais absolument rien. Cet appartement, c’est peut être mon cadeau d’adieu… Oh, je ne te promets rien, parce-que je ne suis pas moi-même… Je veux simplement te dire où en sont les choses tant que je peux les voir lucidement… Et il faut les prendre comme ça Viviane. Maintenant, écoute-moi bien. Réfléchis… Si tu ne veux pas, ce sera la guerre entre nous… Et crois-moi, je n’en ai pas du tout envie… Mais si tu veux la guerre, je me battrai…et nous y perdrons beaucoup tous les deux. »
13 et 14 - EN CAS DE MALHEUR – Claude Autant-Lara (1958) – Jean Gabin, Brigitte Bardot et Edwige Feuillère
Lorsque Mazetti se présente rue de Ponthieu, il trouve une femme de ménage occupée à nettoyer de fond en comble : « Mademoiselle Yvette ? Elle est partie. Elle ne m’a pas dit où. Regardez-moi ca…des robes toutes neuves, si c’est pas malheureux ! » Le visiteur insiste pour savoir si sa fugitive n’a pas laissé une lettre à son nom. Mais il n’y a rien pour personne.
13 et 14 - EN CAS DE MALHEUR – Claude Autant-Lara (1958) – Jean Gabin, Brigitte Bardot et Edwige Feuillère
Cette fois, Yvette se cache sérieusement dans le ravissant rez-de-chaussée où Gobillot vient de l’installer. Elle accueille avec joie la jeune bonne que l’avocat lui envoie : « Je suis contente, il vous a choisie jolie, je le lui avais demandé. Venez voir la maison. C’est joli, hein ? Tout le mobilier est d’époque. Vous coucherez dans la chambre d’amis, je m’embête trop toute seule ici. »
Dans sa brève carrière, Raoul Lévy (le producteur du film) aura le génie des confrontations hors du commun, comme celle de Gabin et Bardot selon le critique Georges Charensol « Une idée admirable de choisir pour partenaires de l'aventure le meilleur, le plus solide des interprètes masculins, Jean Gabin, et la plus maladroite, la plus fragile des interprètes féminines! » Lévy a d'abord fait miroiter à Gabin un autre rôle, l'un de ses modèles, le grand résistant Jean Moulin dans un film de René Clément. Sans résultat, l'idée est restée lettre morte, le projet a été annulé ! Bonne nouvelle, entre-temps, Gabin a changé de sentiment envers Brigitte Bardot, « gamine » érigée au statut de phénomène planétaire, sex-symbol à la gloire sulfureuse fabriqué par Lévy et son ex-mari le cinéaste Roger Vadim : «J'étais pourtant terrifiée à la simple idée de tourner avec Edwige Feuillère et Jean Gabin », avoue Bardot. Le jour où Lévy lui parle pour la première fois de ce partenaire inattendu, non sans humour, elle lance: « Gabin ? C'est bien cet acteur du muet ? » Mis dans la confidence, le vieux lion n'a pas rugi, souriant à ce petit coup de « griffe» ! Toutefois, à la seconde lecture du script, il n'apprécie toujours pas son rôle, particulièrement immoral, surtout dans ses scènes avec Janine, la petite bonne campée par Nicole Berger.  JEAN GABIN INCONNU – Jean-Jacques Jelot-Bkanc – Ed. Flammarion (2014)

Dans sa brève carrière, Raoul Lévy (le producteur du film) aura le génie des confrontations hors du commun, comme celle de Gabin et Bardot selon le critique Georges Charensol « Une idée admirable de choisir pour partenaires de l'aventure le meilleur, le plus solide des interprètes masculins, Jean Gabin, et la plus maladroite, la plus fragile des interprètes féminines! » Lévy a d'abord fait miroiter à Gabin un autre rôle, l'un de ses modèles, le grand résistant Jean Moulin dans un film de René Clément. Sans résultat, l'idée est restée lettre morte, le projet a été annulé ! Bonne nouvelle, entre-temps, Gabin a changé de sentiment envers Brigitte Bardot, « gamine » érigée au statut de phénomène planétaire, sex-symbol à la gloire sulfureuse fabriqué par Lévy et son ex-mari le cinéaste Roger Vadim : «J'étais pourtant terrifiée à la simple idée de tourner avec Edwige Feuillère et Jean Gabin », avoue Bardot. Le jour où Lévy lui parle pour la première fois de ce partenaire inattendu, non sans humour, elle lance: « Gabin ? C'est bien cet acteur du muet ? » Mis dans la confidence, le vieux lion n'a pas rugi, souriant à ce petit coup de « griffe» ! Toutefois, à la seconde lecture du script, il n'apprécie toujours pas son rôle, particulièrement immoral, surtout dans ses scènes avec Janine, la petite bonne campée par Nicole Berger. JEAN GABIN INCONNU – Jean-Jacques Jelot-Bkanc – Ed. Flammarion (2014)

En tournage dans les studios de Joinville du 4 novembre 1957 au 4 février 1958, les choses ne sont pas simples ; d'abord, en l’absence de Bardot, en train de boucler le film de Vadim Les Bijoutiers du clair de lune, certaines scènes ne peuvent pas être tournées. Ensuite, il fallait s’y attendre, les rapports avec Claude Autant-Lara se dégradent vite, l'entente est peu cordiale, à couteaux tirés même, selon Jean Aurenche co-auteur du scénario avec Pierre Bost. Un jour, hors de lui, le cinéaste a mandaté un huissier pour faire constater le non-respect de ses répliques par l'acteur ! Tension vive car celui-ci n'a pas l'intention de se laisser déborder par un réalisateur «mauvais coucheur », peu réputé pour la souplesse de son caractère. Des témoins se sont fait écho de franches engueulades, d'échanges de noms d'oiseaux, rien ne va plus entre les deux caractériels. Heureusement, Bardot sitôt arrivée, Gabin se fait tout miel et ce, même quand il est confronté aux difficultés de sa partenaire à se concentrer. Car dès leur première scène dans son bureau d’avocat filmée au 17 bis quai d'Anjou, elle parait perturbée ; habituellement plus docile, un brin timide, délicieuse dans l'art de rompre la glace, elle perd pied et, malgré les efforts de sa maquilleuse Odette Berroyer pour la calmer elle ne parvient pas à dire son texte, se trompe une, deux, cinq fois, Ce jour-là, Autant-Lara montre un signe d'énervement caractéristique, triturant nerveusement sa casquette. « C'est alors que Gabin a été extraordinaire, raconte Bardot. Sentant mon angoisse, ma timidité, mon affolement, voyant que j'étais au bord de la crise de nerfs, il a fait exprès de se tromper à la prise suivante. Il a grommelé alors que "ça arrivait à tout le monde" ! Il a détendu l'atmosphère, et j'ai enfin pu dire mon texte sans me tromper. Merci Gabin ! »  JEAN GABIN INCONNU – Jean-Jacques Jelot-Bkanc – Ed. Flammarion (2014)

En tournage dans les studios de Joinville du 4 novembre 1957 au 4 février 1958, les choses ne sont pas simples ; d'abord, en l’absence de Bardot, en train de boucler le film de Vadim Les Bijoutiers du clair de lune, certaines scènes ne peuvent pas être tournées. Ensuite, il fallait s’y attendre, les rapports avec Claude Autant-Lara se dégradent vite, l'entente est peu cordiale, à couteaux tirés même, selon Jean Aurenche co-auteur du scénario avec Pierre Bost. Un jour, hors de lui, le cinéaste a mandaté un huissier pour faire constater le non-respect de ses répliques par l'acteur ! Tension vive car celui-ci n'a pas l'intention de se laisser déborder par un réalisateur «mauvais coucheur », peu réputé pour la souplesse de son caractère. Des témoins se sont fait écho de franches engueulades, d'échanges de noms d'oiseaux, rien ne va plus entre les deux caractériels. Heureusement, Bardot sitôt arrivée, Gabin se fait tout miel et ce, même quand il est confronté aux difficultés de sa partenaire à se concentrer. Car dès leur première scène dans son bureau d’avocat filmée au 17 bis quai d'Anjou, elle parait perturbée ; habituellement plus docile, un brin timide, délicieuse dans l'art de rompre la glace, elle perd pied et, malgré les efforts de sa maquilleuse Odette Berroyer pour la calmer elle ne parvient pas à dire son texte, se trompe une, deux, cinq fois, Ce jour-là, Autant-Lara montre un signe d'énervement caractéristique, triturant nerveusement sa casquette. « C'est alors que Gabin a été extraordinaire, raconte Bardot. Sentant mon angoisse, ma timidité, mon affolement, voyant que j'étais au bord de la crise de nerfs, il a fait exprès de se tromper à la prise suivante. Il a grommelé alors que "ça arrivait à tout le monde" ! Il a détendu l'atmosphère, et j'ai enfin pu dire mon texte sans me tromper. Merci Gabin ! » JEAN GABIN INCONNU – Jean-Jacques Jelot-Bkanc – Ed. Flammarion (2014)

13 et 14 - EN CAS DE MALHEUR – Claude Autant-Lara (1958) – Jean Gabin, Brigitte Bardot et Edwige Feuillère

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