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6 et 7- BRIGADOON – Vincente Minnelli (1954) – Gene Kelly et Cyd Charisse

Publié le par Laurent Bigot

6 - "The Wedding Dance" – Danced by Jimmy Thompson and Virginia Bosler

Si la palette de Brigadoon est d'une grande richesse, le mérite en revient aussi à l'une des plus prestigieuses collaboratrices de Minnelli, Irene Sharaff. Les rouges, les verts et les jaunes de ses costumes ont une somptuosité rare. Mais ce ne sont pas ici des couleurs exubérantes, ni flamboyantes. Le rêve est plutôt nocturne, la tonalité, sombre. « L’éclairage des intérieurs suggérait les peintures flamandes, écrit Minnelli, tandis qu'une brume romantique enveloppait les extérieurs. » « J'ai travaillé sur des photographies d'Ecosse, des monochromies brumeuses, des jaunes et des verts. Tout au long du film, on retrouve des couleurs assourdies ». Par contraste, le seul moment où la lumière et le bruit se feront agressifs sera la séquence new-yorkaise du film : revenu de Brigadoon, Kelly trouvera totalement artificielle et insupportable l'animation d'un bar, sa faune habituelle, et une fiancée beaucoup trop intégrée à ce décor infiniment plus réaliste que celui qu'il vient de quitter. D'où sa décision de retourner, brusquement, à un rêve dont les couleurs lui conviennent tellement mieux. 
6 et 7- BRIGADOON – Vincente Minnelli (1954) – Gene Kelly et Cyd Charisse

7 - "The Chase" – Sung by men pursuing Hugh Laing

La fuite dans la nuit de Harry, au milieu de la lueur des torches et des animaux brusquement arrachés à leur sommeil, est traitée à la manière d'un ballet tragique qui va se terminer par la mort de l'amoureux déçu, qui cherchait à quitter Brigadoon pour pouvoir bénéficier d'un savoir qu'il lui était impossible d’acquérir dans son village. Une tentation qui causera sa mort…
6 et 7- BRIGADOON – Vincente Minnelli (1954) – Gene Kelly et Cyd Charisse
Le goût de Minnelli pour le rêve trouve ici d'autant mieux à s'exprimer que le sujet est, une fois de plus, un conte de fées. Alan Jay Lerner, son auteur, n'a jamais caché son goût pour le merveilleux. Grand admirateur de sir James Barrie, l'auteur de Peter Pan, il introduit volontiers dans ses scénarios des éléments fantastiques (qui se trouvent déjà dans ses "musicals" originaux) : On a Clear Day You Can See Forever qu'il demandera lui-même à Minnelli de porter à l'écran, en est un assez bon exernple. On regrettera toujours qu'un de ses projets les plus ambitieux, une adaptation de Green Mansions (Vertes Demeures) préparée en même temps que Brigadoon pour Freed et Minnelli, ait dû être abandonné. Il reste encore, heureusement, Gigi et On a Clear Day You Can See Forever (sans parler de Un Américain à Paris et de Brigadoon) pour témoigner de l'intérêt de leur collaboration et de l'identité de leurs points de vue. 
6 et 7- BRIGADOON – Vincente Minnelli (1954) – Gene Kelly et Cyd Charisse

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