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7 - UNE FEMME DISPARAÎT (The Lady Vanishes) – Alfred Hitchcock (1938) – Margaret Lockwood, Michael Redgrave

Publié le par Laurent Bigot

Autopsie d'une scène :

La tentative d’empoisonnement

Si l'humour règne dans Une Femme disparaît, le film n'est pas dénué de ces scènes à suspense pour lesquelles Hitchcock est passé maître. La scène de l'empoisonnement est à ce titre exemplaire. Le réalisateur met en place les deux éléments essentiels du suspense : l'omniprésence du danger et la dilatation du temps. Le danger réside dans la boisson que l'on suppose empoisonnée. Outre le plan où il utilise des verres gigantesques, le réalisateur multiplie les points de vue suggestifs, transformant deux verres de cognac en une épée de Damoclès menaçant le couple de héros. Il joue ensuite sur les réactions des protagonistes face à cet élément central : le Dr Hartz d'un côté, Iris et Gilbert de l'autre. L'un tente de faire boire les deux victimes, lesquelles ne perçoivent pas le danger, car elles sont obnubilées par leur récit. Le montage en champ / contrechamp reste axé autour des verres. La durée de la scène est essentielle. En s'étirant, en se dilatant, elle fait croître l'angoisse du spectateur. 
1 - Le regard du docteur Hartz est entièrement captivé par l'arrivée des deux verres.

1 - Le regard du docteur Hartz est entièrement captivé par l'arrivée des deux verres.

2 - En retour, le regard complice du serveur laisse croire au spectateur que la boisson est empoisonnée.

2 - En retour, le regard complice du serveur laisse croire au spectateur que la boisson est empoisonnée.

3 - Selon son habitude, Hitchcock fait s'attarder la caméra sur le danger : ici les deux verres de cognac.

3 - Selon son habitude, Hitchcock fait s'attarder la caméra sur le danger : ici les deux verres de cognac.

4 - Les verres deviennent l'axe autour duquel s'organise le montage en champ / contrechamp...

4 - Les verres deviennent l'axe autour duquel s'organise le montage en champ / contrechamp...

5 - ... et, bien que la discussion se poursuive, ce sont bien eux qui captent notre attention.

5 - ... et, bien que la discussion se poursuive, ce sont bien eux qui captent notre attention.

6 - Hitchcock joue avec nos nerfs : une secousse du train menace de faire tomber les verres.

6 - Hitchcock joue avec nos nerfs : une secousse du train menace de faire tomber les verres.

7 - Pour ce plan, Hitchcock utilise des verres démesurément grands, réalisés spécialement pour l'occasion.

7 - Pour ce plan, Hitchcock utilise des verres démesurément grands, réalisés spécialement pour l'occasion.

8 - Après avoir longtemps attendu, Gilbert lève subitement son verre et le vide. La surprise est totale.

8 - Après avoir longtemps attendu, Gilbert lève subitement son verre et le vide. La surprise est totale.

9 - Par contre, Hitchcock s'attarde sur le verre vide que repose Gilbert pour nous convaincre de l'empoisonnement.

9 - Par contre, Hitchcock s'attarde sur le verre vide que repose Gilbert pour nous convaincre de l'empoisonnement.

10 - La caméra change alors d'angle de vue et nous montre la réaction, soulagée, du docteur Hartz.

10 - La caméra change alors d'angle de vue et nous montre la réaction, soulagée, du docteur Hartz.

11 - La tension est renouvelée quand Iris prend son verre. Hitchcock filme ses mains en gros plan.

11 - La tension est renouvelée quand Iris prend son verre. Hitchcock filme ses mains en gros plan.

12 - Quand Iris boit enfin, Hitchcock fait passer la netteté de son visage à celui du docteur Hartz.

12 - Quand Iris boit enfin, Hitchcock fait passer la netteté de son visage à celui du docteur Hartz.

Voir la scène dans son intégralité 

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