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8 - UNE FEMME DISPARAÎT (The Lady Vanishes) – Alfred Hitchcock (1938) – Margaret Lockwood, Michael Redgrave

Publié le par Laurent Bigot

Le docteur Hartz enferme Iris et Gilbert dans un compartiment vide, après leur avoir avoué qu'il détenait Miss Froy. Il leur annonce ensuite qu'ils ont absorbé du poison. En fait, il ignore que les verres étaient sains. La nonne avait refusé de transmettre le poison. Avec sa complicité, Iris et Gilbert libèrent Miss Froy. Le docteur Hartz découvre leur action.

La disparition constitue un puissant ressort dramatique. Elle permet d'offrir le rythme d'un thriller mystérieux et de le teinter d'une forte dimension psychologique. Une grande partie du film est ainsi consacrée à la réaction d'Iris devant la disparition de Miss Froy et aux multiples dénis des passagers du train. Cette dimension psychologique place Une Femme disparaît dans la longue série des expériences initiatiques mises en scène par le réalisateur. Iris vit une aventure qui s'avère être pour elle une initiation. Elle passe d'une personnalité égocentrique (elle se fait offrir la plus belle chambre, n'hésite pas à faire chasser Gilbert de la sienne pour pouvoir dormir) à une personnalité tournée vers autrui - en l'occurrence, Miss Froy. Son intérêt pour le monde s'éveille. Cette évolution morale est niée par le Dr Hartz : il tente de lui faire croire que Miss Froy est le fruit de son imagination, ou d'une hallucination. Il la repousse en elle-même. L'émancipation aura toutefois lieu : au début du film, Iris s'efforce de croire qu'elle aime son fiancé et repousse Gilbert parce qu'il n'est pas de son monde (il voyage en troisième classe) ; après son aventure, la jeune femme fuit son fiancé et elle finit par se jeter dans les bras de Gilbert. Elle prend conscience de la réalité et gagne en sincérité. Elle passe du statut de jeune fille à celui de femme. Si une femme disparaît, une autre apparaît. 
 Alfred Hitchcock  et Margaret Lockwood

Alfred Hitchcock et Margaret Lockwood

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