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9 - UNE FEMME DISPARAÎT (The Lady Vanishes) – Alfred Hitchcock (1938) – Margaret Lockwood, Michael Redgrave

Publié le par Laurent Bigot

Se croyant libérés du docteur Hartz, Gilbert, Iris et Miss Froy découvrent que leur wagon a été détaché du reste du train. Ils retrouvent quelques passagers au wagon-restaurant. Le train s'arrête en pleine campagne, face à un groupe de militaires dirigés par le Dr Hartz. La nonne prévient du danger : ils vont être tués. Le train est pris d'assaut. Une fusillade débute.

9 - UNE FEMME DISPARAÎT (The Lady Vanishes) – Alfred Hitchcock  (1938) – Margaret Lockwood, Michael Redgrave
Trucages sur mesure
Lors des entretiens qu'il eut avec Hitchcock, François Truffaut rapporta l'anecdote suivante, qui est un très grand hommage ou génie du maître : « Une Femme disparaît passe très souvent à Paris et il arrive que j'aille le voir deux fois dons la même semaine, et chaque fois je me dis : comme je le connais par cœur, je ne vais pas suivre l'histoire, je vais regarder le train… si le train bouge... s'il y a des mouvements d'appareil à l'intérieur des compartiments, et chaque fois, je suis tellement captivé par les personnages et par l’intrigue que je ne sais toujours pas comment le film est fabriqué. »
Le film se présente effectivement comme l'aboutissement des recherches menées par le réalisateur depuis plus de dix ans, recherches qu'il avait progressivement mises ou point en tournant Numéro 17 ou Les Trente-Neuf Marches. Il manie ici les maquettes et le tournage en studio avec une assurance et une virtuosité exceptionnelles. Dans le petit studio d'Islington, long de 27 mètres, où l'équipe était installée, le réalisateur fit construire les compartiments et le wagon-restaurant où se déroule l’essentiel de l'intrigue. Les plans en étaient combinés avec des transparences et des maquettes. Toujours soucieux de renouveler le langage cinématographique et d'éviter les clichés, Hitchcock mit au point tout le tournage un trucage qui deviendra, en quelque sorte, une marque de fabrique.  Il l'expliqua lui-même : « Dans Une Femme disparaîtrait, j'avais une scène très traditionnelle construite autour d'une boisson droguée. Que fait-on habituellement dans ces cas-Ià ? On se débrouille avec le dialogue : « Tenez, buvez cela. - Non merci. - Mais si, je vous assure, cela vous fera du bien. - Pas maintenant, tout à l'heure. - Je vous en prie. - Vous êtes trop gentil... ». Et le personnage prend le verre, le porte à sa bouche, l'éloigne, le pose, le reprend, et commence à parler avant de se décider à le boire, etc. j'ai dit : «Non, je ne veux pas faire cela, on va essayer de changer un peu.» J'ai photographié une partie de la scène à travers les verres afin que le public les voie constamment, mais les personnages n'ont pas touché les verres avant la fin de la scène. Alors j'avais fait fabriquer de très grands verres... et à présent je recours très souvent à ces accessoires agrandis... C'est un bon truc, hein ? »
9 - UNE FEMME DISPARAÎT (The Lady Vanishes) – Alfred Hitchcock  (1938) – Margaret Lockwood, Michael Redgrave
9 - UNE FEMME DISPARAÎT (The Lady Vanishes) – Alfred Hitchcock  (1938) – Margaret Lockwood, Michael Redgrave
Distribution
Quand Hitchcock engagea Margaret Lockwood (1916-1990), l'actrice était une jeune première hésitante. Elle connut son heure de gloire plus tard, après la guerre, en se spécialisant dans les mélodrames qui feront d'elle une des stars les plus populaires de Grande-Bretagne, jusqu'à son retrait, en 1955.
Michael Redgrave (1908-1985) débutait au cinéma. Cet enfant de la balle était avant tout un comédien de théâtre. Ses talents d'acteur de composition lui valurent pourtant de mener une brillante carrière cinématographique, notamment marquée par un passage à Hollywood, le temps de jouer dans Le Secret derrière la porte (1948), de Fritz Lang.
Paul Lukas (1895-1971), lui, était plus expérimenté. D'origine austro-hongroise, il enchaîna les performances théâtrales en Europe avant de s'installer à Hollywood, incarnant d'abord les séducteurs, avant de devenir un « traître » de talent. Son rôle dans Quand le jour viendra (Herman Shumlin, 1943) lui voudra un oscar.
La doyenne, Dame May Whitty (1865- 1948), était une grande dame du théâtre, faite commandeur dès 1918. Aux États-Unis où elle s'installa, elle mena de front théâtre et cinéma, notamment aux côtés d'Hitchcock pour jouer la mère de Joan Fontaine dans Soupçons (1941). 
9 - UNE FEMME DISPARAÎT (The Lady Vanishes) – Alfred Hitchcock  (1938) – Margaret Lockwood, Michael Redgrave

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