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NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters

Publié le par Laurent Bigot

Tourné au pied des plus célèbres chutes du monde, le dix-huitième film de Marilyn lui permet d'accéder enfin au statut de star. Magnifiquement filmée par le vétéran Henry Hathaway, la comédienne y prouve qu'il va falloir désormais compter avec elle.

Tourné au pied des plus célèbres chutes du monde, le dix-huitième film de Marilyn lui permet d'accéder enfin au statut de star. Magnifiquement filmée par le vétéran Henry Hathaway, la comédienne y prouve qu'il va falloir désormais compter avec elle.

« Pourquoi les chutes m'attirent-elles ainsi à cinq heures du matin? Pour me montrer combien elles sont immenses et combien je suis petit ? Pour me rappeler qu'elles n'ont pas besoin d'aide. Elles ont eu dix mille ans pour devenir indépendantes. J'y parviendrai aussi, avec un peu plus de temps. »

L'histoire : Ray Cutler (Casez Adams) et sa femme Polly (Jean Peters) arrivent à Rainbow Cabins, un motel situé sur la rive canadienne des chutes du Niagara. Ils sont en voyage de noces. Ils font la connaissance de Rose (Marilyn Monroe) et George Loomis (Joseph Cotten), leurs voisins. Polly découvre que Rose a un amant, Patrick (Richard Allan). George lui avoue que, malgré tout, il l'aime. Rose a décidé avec son amant de se débarrasser de son mari que la guerre a traumatisé, mais c'est l'inverse qui se passe. George Loomis se débarrasse de son agresseur et Rose, découvrant le corps de son amant, est hospitalisée en état de choc. Elle quitte l'hôpital et se rend dans la Tour du carillon où George l'étrangle. Ce dernier cherche à échapper à la police en s'emparant d'un bateau à moteur dans lequel se trouve Polly. L'embarcation, privée d'essence dérive vers les chutes. George réussit à faire quitter l'embarcation à Polly mais il trouve lui-même la mort, précipité dans les flots tumultueux. Polly est récupérée par un hélicoptère. 
LE FILM NOIR – Patrick Brion - Editions de la La Martinière (2004)
NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters

Jean Peters est une actrice américaine, née (Elizabeth Jean P.) à Canton (Ohio) en 1926. Vedette de la Fox dès son premier film (CAPTAIN FROM CASTILLE, Henry King, 1947) elle interpréta surtout des bandes d'aventures (ANN OF THE INDIES, La Flibustière Antilles, Jacques Tourneur 1951, où elle était une femme pirate tout à fait convaincante) mais aussi des drames psychologiques (TAKE CARE OF MY LITTLE GIRL, Jean Negulesco, 1951 ; WAIT TILL THE SUN SHINES NELLY, 1952, Henry King), et des comédies (THREE COINS IN THE FOUNTAIN, Jean Negulesco, 1954). Ses meilleurs rôles, elle les a trouvés dans VIVA ZAPATA (Elia Kazan, 1952), NIAGARA (Henry Hathaway, 1952, où elle réussissait à ne pas être écrasée par le voisinage de Marilyn Monroe) ; PICK UP ON SOUTH STREET (Samuel Fuller, 1953), APACHE (Robert Aldrich, 1954) et LA LANCE BRISÉE (Edward Dmytryk, 1954). Son éclatante beauté brune, son jeu à la fois élégant et impulsif lui ouvraient une carrière de prestige, mais, parmi toutes les starlettes qui entouraient Howard Hughes, elle fut «l'heureuse élue» : le milliardaire l'épousa, la séquestra et après un dernier film (THE BEST OF EVERYTHING, Jean Negulesco, 1959) elle fut perdue pour le cinéma.

NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
- Comme partenaire de Marilyn, vous vouliez James Mason. Vous avez eu Joseph Cotten. Que s'est-il passé ?
 
Henry Hathaway : Malheureusement je suis allé dîner chez James Mason une semaine avant le début du tournage. Sa fille, Portland, avait six ou sept ans à l'époque. Et le couple adorait cette gamine. Mason lui a dit : « Voici Mr. Hathaway qui va réaliser mon prochain film : Elle a demandé: "Est-ce que tu vas encore mourir dans ton film ? Dans tous tes films tu meurs ! Alors, je suppose que tu vas encore mourir dans celui-là !" Et elle a ajouté : "Il meurt dans ce film? - Ouais. - Voilà l'ennui : dans tous tes films tu meurs. Tu ne vas pas en faire un où tu vis ?" Et elle a continué comme ça à perte de vue... Le lendemain Darryl Zanuck m'appelle : "Il ne fait pas le film !" Et voilà! Je n'aurais pas dû aller dîner chez lui ce soir-là. » Henry Hathaway a toujours regretté de ne pas avoir eu James Mason, trouvant que Joseph Cotten ne possédait pas l'érotisme de ce dernier et « n'avait aucun mystère, jouant sur une seule note ». Cotten parvient pourtant, dès le début, à souligner l'atmosphère lourde et presque malsaine que sera celle du film : « Pourquoi les chutes m'attirent-elles ainsi à cinq heures du matin? Pour me montrer combien elles sont immenses et combien je suis petit ? Pour me rappeler qu'elles n'ont pas besoin d'aide. Elles ont eu dix mille ans pour devenir indépendantes. J'y parviendrai aussi, avec un peu plus de temps. »
« Interview de Henry Hathaway », Cinématographe, octobre 1983
LE FILM NOIR – Patrick Brion - Editions de la La Martinière (2004)
Test de garde-robe pour Marilyn Monroe dans le rôle de Rose Loomis . Les costumes ont été conçus par Dorothy Jeakins .
Test de garde-robe pour Marilyn Monroe dans le rôle de Rose Loomis . Les costumes ont été conçus par Dorothy Jeakins .
Test de garde-robe pour Marilyn Monroe dans le rôle de Rose Loomis . Les costumes ont été conçus par Dorothy Jeakins .
Test de garde-robe pour Marilyn Monroe dans le rôle de Rose Loomis . Les costumes ont été conçus par Dorothy Jeakins .

Test de garde-robe pour Marilyn Monroe dans le rôle de Rose Loomis . Les costumes ont été conçus par Dorothy Jeakins .

NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
Le Technicolor est un procédé de films en couleur mis au point aux Etats-Unis par le docteur Herbert T. Kalmus. Celui-ci commença par utiliser la bichromie «en collant dos à dos deux pellicules aux couleurs complémentaires. Le procédé servit à réaliser, avec l'acteur Douglas Fairbanks, un film à très grand spectacle, LE PIRATE NOIR (1926), dont certaines scènes sous-marines furent très réussies en dépit des imperfections de la bichromie» (G. Sadoul in Les merveilles du cinéma).
 
En tant que brevet commercial (à distinguer du procédé proprement dit) le Technicolor resta la propriété d'un trust dominé par la famille Kalmus jusqu'en 1950, date à laquelle la loi antitrust mit fin au monopole d'exploitation lié au brevet.
 
Le caractère familial de l'entreprise explique comment, après la mort de Herbert Kalmus, sa veuve Nathalie Kalmus lui succéda comme «technicolor consultant» au générique de nombreux films hollywoodiens. Le technicolor trichrome avait reçu ses premières applications satisfaisantes à l'écran à partir de 1934, avec BECKY SHARP, de R. Mamoulian, puis LES AVENTURES DE ROBIN DES BOIS, de M. Curtiz et W. Keighley, qui le consacra mondialement en 1938. La fin du brevet technicolor permit la floraison éphémère de divers procédés qui en étaient dérivés (métrocolor, etc.) la palme de la laideur revenant incontestablement au Trucolor des films de la Republic Pictures. La Fox lança pour sa part le procédé De Luxe, d'un effet très flatteur, mais peu durable (les copies virent au vert-bleu). La véritable succession du Technicolor fut assurée par le développement d'un procédé qui avait été étudié indépendamment de lui (dès la fin des années 30) l'Eastman-Color.
« Pour Niagara, en 1953, avez-vous eu des difficultés avec Marilyn Monroe ?
Henry Hathaway : C'était une fille merveilleuse, merveilleuse... Sensible, timide, craintive. C'est très curieux : aujourd'hui les films ont toute la vulgarité qui était réservée aux peep-shows, aux nickelodeons et aux penny arcades. Si vous vouliez voir une fille qui se déshabillait, vous alliez voir un peep-show. Mais maintenant, elles le font dans tous les films ! Alors que Jean Harlow et Marilyn Monroe exprimaient toute leur sensualité sans jamais se déshabiller dans une seule scène.
 
- Vous avez parlé de la démarche de Mae West. Vous avez également filmé celle de Marilyn de façon très spectaculaire.
Henry Hathaway : Dans le plan général où elle s'éloigne en se dandinant, oui. Et elle a toujours gardé ce dandinement par la suite.
 
- C'est elle qui l'a inventé ?
Henry Hathaway : Elle ne l'a pas inventé. C'est moi qui lui ai dit de le faire. Elle avait une robe très serrée et en fait, je lui ai dit d'aller retirer sa culotte parce qu'on voyait les marques sous sa jupe. Elle a retiré sa culotte et s'est déhanchée encore plus ! »
« Interview de Henry Hathaway », Cinématographe, octobre 1983
NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
Contrairement à ce que certains auraient pu croire, Niagara ne sera pas une comédie matrimoniale située là où les Américains se plaisent à passer leur lune de miel, mais un drame psychologique et souvent psychanalytique. Un mari (Joseph Cotten) choqué par la guerre et, depuis, visiblement impuissant. Une femme trop belle (Marilyn Monroe), insatisfaite et combinant avec son amant le moyen d'éliminer ce mari inutile. Une jeune mariée (Jean Peters) de plus en plus fascinée par ces deux êtres, à l'opposé de son mari (Casey Adams) qui a fait une provision de livres pour son voyage de noces... Le drame se catalysera lorsque le mari ne supportera plus que sa femme, vêtue de rouge, s'offre, au son de Kiss, aux autres hommes et s'achèvera dans un décor quasi surréaliste, Rose s'effondrant au pied de cloches gigantesques, celles du carillon de la Tour. 
LE FILM NOIR – Patrick Brion - Editions de la La Martinière (2004)
NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
Scène culte !
 
Silence. Action. La porte du bungalow s'ouvre : un disque à la main, Marilyn traverse la petite cour transformée en piste de fortune. Médusés, taus les danseurs s'arrêtent pour contempler cette vamp qui, vêtue d'une vertigineuse robe fuchsia, avance d'un pas nonchalant vers le pick-up. Lorsqu'on fait enfin jouer sa chanson favorite, le visage de la jeune femme trahit une volupté dont on ne sait si elle naît uniquement de la musique, ou si le plaisir de son imminente trahison s'y mêle déjà. Difficile en tout cas d'imaginer plus belle invitation à l'amour que ce moment où, en gros plan, Marilyn fredonne quelques mesures de la mélodie de Kiss, avant de susurrer « Embrasse-moi, prends-moi dans tes bras..."
NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters

À elle seule, cette séquence suffit à l'époque à faire de l'actrice une véritable bombe sexuelle, registre qui va désormais être le sien, dans les films comme dans les journaux à sensation. On raconte que l'on doit la fin de cette scène mythique - Joseph Cotten venant briser rageusement le disque - au passage d'une représentante du très prude Women's Club of America sur le plateau de Niagara. Mais, loin d'atténuer l'impact sexuel de la séquence, cette crise de jalousie le pousse au contraire à son paroxysme, en soulignant la violence des désirs suscités par la simple présence de Marilyn... Cela dit, le combat des braves dames patronnesses était perdu d'avance : que pourraient toutes les ligues de vertu face à la robe rose de Niagara ? 

NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters

Si la mythique chanson de Niagara a le don de rendre fou le personnage de Joseph Cotten, il n'en est pas de même pour le public qui découvre dans ce film les talents de chanteuse de Marilyn. L'actrice avait déjà poussé la chansonnette dans deux précédents films, mais « Kiss » lui donne l'occasion d'un enregistrement inoubliable. Le tour de force consistant, en outre, à intégrer le morceau de manière naturelle dans un film qui n'a rien d'une comédie musicale !

(Kiss, kiss me)
(Hold, hold me)
(Kiss me, hold me, kiss me, hold me...)
 
Kiss, kiss me
Say you miss, miss me
Kiss me love, with heavenly affection
Hold, hold me close to you
Hold me, see me through
With all your heart's protection
 
Thrill, thrill me
With your charms
Take me, in your arms
And make my life perfection
Kiss, kiss me darling
Then, kiss me once again
Make my dreams come true
 
(This is the moment, oh thrill me)
Thrill me, thrill me (with your charms)
Take me, take me (in your arms)
And make my life perfection
Take me, darling don't foresake me
Kiss me
Hold me tight
Love me, love me tonight
 
(Kiss me, hold me, take me, love me, kiss me, kiss me, kiss me)...
FEMME FATALE
 
Sans le savoir, Henry Hathaway va contribuer à créer le mythe Marilyn. Alors que la comédienne avait plutôt joué jusque-là des rôles de « ravissante idiote » (à part dans son précédent film : Don't bother to knock)Niagara révèle au contraire une femme rusée el parfaitement consciente du pouvoir de ses charmes. Dans la lignée des sublimes garces du Film Noir, Marilyn confère à son personnage un érotisme puissant, dont Hathaway joue aussi bien en la filmant alanguie sous les draps que déambulant dans la rue. C'est d'ailleurs dans un plan de Niagara, connu à l'époque comme « la plus longue marche de l'histoire du cinéma », qu'apparaît ce qui deviendra l'une des marques de fabrique de Marilyn : son célèbre déhanchement….
NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
Comme tous les événements légendaires, la raison de ce suggestif ondulement connaît plusieurs versions. Selon l'assistant d'Hathaway, le talon de l'actrice serait resté bloqué dans un creux de la chaussée, ce qui l'aurait obligé à ce curieux chaloupé. Mais, de son côté, le cinéaste affirme qu'il s'agissait d'une indication de jeu qu'il donna à Marilyn. Quoi qu'il en soit, la manière dont elle ondule en s'éloignant de la caméra dans ce plan de vingt secondes aura unn tel retentissement, que Marilyn n'oubliera plus jamais de l'adopter en public. 
Les légendes d’Hollywood – Eric Quéméré - 2004
NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters

Au printemps 1952, Darryl Zanuck, le patron de la 20th Century Fox, décide d'offrir sa chance à Marilyn Monroe. Non qu'il croie plus que cela au talent de celle qui vient pourtant de tenir son premier rôle d'envergure dans Troublez-moi ce soir. Mais le scandale que vient de susciter la publication de photos « osées » de Marilyn dans un calendrier lui semble un excellent argument commercial. Il choisit donc la jeune actrice pour tenir le principal rôle féminin du film que s'apprête à tourner le réalisateur à succès Henry Hathaway. Marilyn exulte : à 26 ans, elle va finalement voir son nom tout en haut de l'affiche. 

On aurait pu s'attendre à ce que, comme tant d'autres réalisateurs, Hathaway s'arrache les cheveux en travaillant avec Marilyn, lui qui passait pour le cinéaste le plus despotique d’Hollywood. D'autant que Marilyn a déjà pris la bonne habitude d'arriver en retard sur les tournages : au chef de plateau de Niagara qui lui en fait le reproche, elle demandera un jour si elle est là pour pointer ou pour tourner un film ! Mais, étonnamment, les relations entre le metteur en scène et la comédienne s'avèrent idylliques. S'il se montre comme à son habitude très exigeant dans le travail, Hathaway ne tarit pas d'éloges sur Marilyn, qu'il décrit comme l'actrice la plus naturelle avec laquelle il ait tourné. Se souciant d'elle, il lui conseille de se soustraire à l'influence, néfaste selon lui, de sa coach Natasha Lytess, et s'émeut de découvrir que, du fait de revenus encore limités, sa garde-robe personnelle se réduise au strict minimum. 

Les légendes d’Hollywood – Eric Quéméré - 2004

« Marilyn est quelqu’un avec qui il est merveilleux de travailler, elle est très facile à diriger, veut toujours mieux faire. Et elle intelligente, vraiment intelligente. » (Henry Hathaway)

« Marilyn est quelqu’un avec qui il est merveilleux de travailler, elle est très facile à diriger, veut toujours mieux faire. Et elle intelligente, vraiment intelligente. » (Henry Hathaway)

NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters

Joseph Cotten est un acteur américain, né le 15 mai 1905 à Petersburg (Virginie). Compagnon d'armes d'Orson Welles au Mercury Theater, c'est sous ses auspices qu'il débuta à l'écran dans le rôle essentiel de l'ami trop sincère de CITIZEN KANE. Il a ensuite poursuivi une carrière inégale. Grâce à un mélange très particulier de charme puéril et de séduction virile, il a donné des nuances inquiétantes à des personnages de pur mélodrame, en même temps qu'il conférait à des tueurs (ainsi dans SHADOW OF A DOUBT, L’Ombre d’un doute de Hitchcock) une innocence suprahumaine. Silhouette peut-être trop irréelle pour bien vieillir. Il tourne moins et ses dernières exhibitions sont gênantes à force d'émotion et de métier dépensés comme en pure perte: ainsi le Virginien (précisément) qu'il incarne dans EL PERDIDO est-il le frère, usé par on ne sait quel mal mystérieux, du héros un peu trop statique de DUEL AU SOLEIL

NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
La plastique de Marilyn n'est pas le seul élément provocant de Niagara. Le scénario écrit par Charles Brackett, scénariste fétiche de Billy Wilder jusqu'à Boulevard du Crépuscule, joue en effet la carte de la subversion. Un couple de jeunes mariés « bien sous tous rapports » vient, comme tant d'autres, passer sa lune de miel face aux chutes du Niagara. Mais le spectacle qu'ils vont y contempler est celui d'un homme sans doute impuissant, que la sensualité explosive de sa femme rend fou Je jalousie ; cette dernière fomentant par ailleurs l'assassinat de son mari ! Parfaits anti-héros, et pourtant héros du film, Joseph Cotten et Marilyn Monroe donnent ici une singulière image du mariage, et ce au cœur même du paysage qui en est le plus emblématique aux yeux du public américain. Une représentation d'autant plus dérangeante qu'elle bénéficie de toute la maestria d'Henry Hathaway : le cinéaste confronte avec virtuosité la sauvagerie des éléments naturels à celle de ses personnages, et une de la violence du Technicolor pour aviver leurs passions. Aussi Niagara reste-t-il aujourd'hui encore un sommet de l'art hollywoodien, avant même d'être le film qui consacra Marilyn. 
Les légendes d’Hollywood – Eric Quéméré - 2004
NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
Sur le tournage de Niagara, Marilyn accepte innocemment de se faire prendre en photo avec un admirateur du nom de Robert Slatzer. Sans se douter que douze ans après sa disparition, Slatzer publiera un best-seller dans lequel il affirme avoir épousé la star à l'automne 1952 au Mexique ! Un mariage qu'elle aurait annulé quelques jours plus tard, par peur de la réaction de Di Maggio ; mais Slatzer serait resté son confident jusqu'à sa mort... Dommage pour l'affabulateur, on a la preuve que le jour de leurs « noces », Marilyn faisait du shopping à Los Angeles, et aucun de ses proches n'a jamais entendu parler de Slatzer.

Sur le tournage de Niagara, Marilyn accepte innocemment de se faire prendre en photo avec un admirateur du nom de Robert Slatzer. Sans se douter que douze ans après sa disparition, Slatzer publiera un best-seller dans lequel il affirme avoir épousé la star à l'automne 1952 au Mexique ! Un mariage qu'elle aurait annulé quelques jours plus tard, par peur de la réaction de Di Maggio ; mais Slatzer serait resté son confident jusqu'à sa mort... Dommage pour l'affabulateur, on a la preuve que le jour de leurs « noces », Marilyn faisait du shopping à Los Angeles, et aucun de ses proches n'a jamais entendu parler de Slatzer.

NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
ROSE NOIRE
Un sourire au rouge vénéneux, une démarche ensorcelante, une mélodie lancinante... Telles sont les traces indélébiles laissées par Niagara dans nos mémoires cinéphiles. Le premier grand film de Marilyn est aussi le seul où elle compose un rôle de femme délibérément dangereuse. À mille lieux des emplois de poupées qui ont été son lot habituel, la comédienne livre ici une tout autre facette : égoïste, calculatrice, presque sadique. Le coup de génie - sans doute involontaire de la part du studio - étant d'avoir confié le personnage de Rose Loomis à une jeune femme qui, au naturel, en était le parfait négatif. Tous les proches de la star, même ceux qui seront les moins indulgents envers ses excès, n'ont cessé de louer son incroyable gentillesse, qui lui joua d'ailleurs bien des tours. Dans Niagara, la pureté exceptionnelle du visage de Marilyn, son regard d'un bleu innocent, la candeur de ses gestes rendent la noirceur de Rose plus terrible encore. On ne peut que frémir devant ce démon se dissimulant ainsi derrière l'apparence de la plus exquise beauté...
Les légendes d’Hollywood – Eric Quéméré - 2004​ 

Scène de la Tour du carillon où George va se débarrasser de Rose en l'étranglant. C'est l'unique film où Marilyn trouve la mort à l'écran, Henry Hathaway démontre à travers la réalisation de cette séquence, une grande maîtrise technique, le tout dans un style très "hitchcockien".

NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
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NIAGARA - Henry Hathaway (1953) - Marilyn Monroe - Joseph Cotten - Jean Peters
Dirigeant avec le même plaisir Jean Peters, racée et réservée, et Marilyn Monroe, sensuelle et débordante de joie de vivre et d'aimer, s'attachant au short de la première et à la somptueuse robe rouge de la seconde, Hathaway fait de Niagara une superbe symphonie criminelle, jouant sur le Technicolor de l’époque, les sons - Rose est obsédée maladivement par les carillons - et les pulsions meurtrières. L'utilisation dès la fin du générique de début d'un commentaire - la voix off de Loomis - relie d'un coup le film à la tradition du « Film Noir », La beauté des paysages et des couleurs n'empêche pas l'omniprésence du drame, et les flots engloutiront les corps de Rose et de George Loomis. Le scénario, superbement construit, laisse comprendre que c'est une épouse telle que Polly - et non Rose - dont Loomis avait besoin et Hathaway donne, parallèlement, à Marilyn Monroe son premier grand rôle, celui d'une de ces splendides garces dont est jalonnée l'histoire du « film noir »...

LE FILM NOIR – Patrick Brion - Editions de la La Martinière (2004)

A STAR IS BORN
La sortie de Niagara, le 21 janvier 1953, va radicalement changer la donne pour la jeune actrice. Tourné pour un budget d'un peu plus de un million de dollars, le film en rapportera six. Connue jusqu'alors pour ses petits rôles de jolie blonde dans Quand la ville dortEve ou Chérie, je me sens rajeunir, Marilyn Monroe devient du jour au lendemain une valeur sûre, capable de faire affluer le public dans les salles. Certes, sa liaison naissante avec l'ex-champion de base-ball Joe Di Maggio n'est pas pour rien dans l'incroyable engouement de la presse pour la jeune femme. Mais avec Niagara, Marilyn a enfin trouvé l'occasion de prouver que la pin-up scandaleuse est aussi une grande actrice. Ce que la suite de sa carrière confirmera avec éclat. 
Les légendes d’Hollywood – Eric Quéméré - 2004
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