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ANNABELLA

Publié le par Laurent Bigot

ANNABELLA
Annabella est née (Suzanne Charpentier) à La Varenne-Saint-Hilaire (Seine), le 14 juillet 1910. Le nom de cette comédienne vivra aussi longtemps que seront vus et aimés les deux films de René Clair dans lesquels elle figure : LE MILLION et QUATORZE JUILLET. Pour le reste, sa carrière est une longue suite à dominante française et américaine accomplie sans ridicule aucun et dont la durée même est une manière d'exploit ; mais le relief y manque. De cette carrière, voici les étapes principales...
 
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1. - Les débuts sont, inévitablement, un peu anonymes. Annabella figure ou tient de petits emplois dans le NAPOLÉON de Gance (1927), MALDONNE de Grémillon (1928), enfin dans des films tels que ROMANCE A L'INCONNUE, DEUX FOIS VINGT ANS, TROIS JEUNES FILLES NUES. On la verra aussi dans UN SOIR DE RAFLE et dans L'EQUIPAGE de Maurice Tourneur (1935).
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2. - Mais elle est en 1931 la vedette du MILLION (peut-être un peu escamotée dans le tourbillon du film) et en 1933 celle de QUATORZE JUILLET (vedette alors absolue). C'est l'image de la jeune fille pour les collégiens qu'elle impose là, enviable emploi dans lequel son charme, durablement, s'impose. Néanmoins, un talent d'actrice, marginalement et un peu dans l'ombre de Clair, se nuance : c'est dans deux films du Hongrois Paul Fejos, l'auteur de SOLITUDE, alors à Paris. Dans MARIE, LEGENDE HONGROISE (1932), en effet, Annabella tient un rôle de fille-mère qui finit sa vie au ciel, c'est-à-dire dans la plus merveilleuse des cuisines (de cette interprétation, Brasillach et Bardèche écrivent «jamais Annabella ne nous parut capable de plus de variété») ; et dans GARDER LE SOURIRE (1934) du même Fejos, les pauvres gens, cette actrice à leur tête, voyagent dans leur imagination.
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3. - A la même époque, puis au-delà et jusqu'en 1938, Annabella, vedette consacrée, bientôt même consacrée internationalement, aborde un autre registre, disons «réaliste», et n'y réussit pas trop bien. Elle est la partenaire de Charles Boyer dans un grand «machin» exotique de Farkas, LA BATAILLE, et celle de Gabin (et de Pierre Renoir) dans LA BANDERA, de Duvivier d'après le roman de Mac Orlan, mais les épisodes sentimentaux ne sont pas le meilleur du film. On la retrouve dans un «remake» de VARIETÉS, le «classique» de l'Allemand E.A. Dupont, (toujours par N. Farkas, 1935) puis en 1937, elle tourne trois films en Grande-Bretagne, et en 1938 elle joue dans HOTEL DU NORD, avec Jean-Pierre Aumont. Or le contrepoint sentimental que le couple devait incarner est très insuffisant. Ces défaillances surprennent chez une comédienne qui, plus tard, paraîtra sur scène dans Comme il vous plairaLiliomBlyt the Spirit (L'esprit s'amuse) et Huis clos. Peut-être est-il cinématographiquement difficile à une jeune femme célèbre de mettre en valeur le meilleur de ses dons quand elle est requise d'abord d'apporter sa célébrité au service d'affiches successives.
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4. - En 1938, Annabella commence une carrière américaine (LA BARONNE ET SON VALET, SUEZ, BRIDAL SUITE, etc.), injustement méconnue, prolongée à partir de 1946 par une seconde carrière française (ÉTERNEL CONFLIT, L'HOMME QUI REVIENT DE LOIN, etc.), dont il y a, regrettablement, peu à dire. Elle a tourné en Espagne, en 1950, un DON JUAN de Saenz de Heredia. Et puis on ne l'a plus vue du tout. Elle se retire dans les Pyrénées-Orientales. Elle décède d’une crise cardiaque le 18 septembre 1996.

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