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JEAN GREMILLON

Publié le par Laurent Bigot

JEAN GREMILLON
Chacun se souvient de Gabin dans GUEULE D’AMOUR ou dans REMORQUES, de Raimu dans L’ETRANGE MONSIEUR VICTOR, de Pierre Brasseur dans LUMIERE D’ETE et du couple Renaud-Vanel dans LE CIEL EST A VOUS. Mais on réunit rarement ces films sous la signature de leur auteur, Jean Grémillon, qui reste mal connu, même des cinéphiles, contrairement aux grands de cette époque : Renoir, Clair, Duvivier et Carné.
 
Issu de l’avant-garde artistique des années 20, Jean Grémillon a pourtant tourné ses premiers longs métrages dès la fin du muet ; mais il subit de plein fouet la loi d’airain du cinéma commercial, d’abord à l’avènement du parlant, puis dans les années 50 : chaque fois son activité en est gravement affectée. Et les distributeurs, en boycottant L’AMOUR D’UNE FEMME en 1954, lui donnent le coup de grâce. Il ne réalisera par la suite que quelques courts métrages avant une mort prématurée en 1959.
JEAN GREMILLON
Jean Grémillon est un réalisateur français, né à Bayeux, le 3 octobre 1902, mort à Paris le 26 novembre 1959. Il a laissé, avec une œuvre inégale et dans laquelle il apparaît inégalement présent, le souvenir d'un artiste exceptionnel.
 
Si l'on devait former une appréciation sur la masse de ces travaux, il faudrait bien parler d'un naufrage de bonnes intentions, mais là n'est pas en tout cas la juste perspective et ce naufrage même n'est pas grave. Les premiers essais sont marqués plus ou moins par les tics qui accompagnaient les recherches de ces temps ; les long-métrages d'avant-guerre sont, jusqu'à la rencontre de Jacques Prévert, assez souvent «commerciaux», et, après PATTES BLANCHES, Grémillon cherche son refuge principalement dans des court-métrages où la noblesse du ton se marie à quelque insolite. De sorte que sa réputation, qui s'est formée en 1945 et demeurera liée à l'entreprise des ciné-clubs commence à la veille de la Seconde Guerre mondiale, et, au-delà de PATTES BLANCHES, donc de 1948 à sa mort, elle se prolonge surtout dans des essais assez bellement littéraires et parfaitement accomplis.

 

JEAN GREMILLON
Le meilleur des meilleures années est très beau. On ne peut guère oublier l’homme de la rue et la femme du monde dans GUEULE D’AMOUR, les pêcheurs de REMORQUES, le haut relief de LUMIÈRE D’ÉTÉ, la cruauté lyrique de plusieurs séquences de PAITES BLANCHES. Le meilleur n'est pas non plus enfermé dans cette seule époque puisque GARDIENS DE PHARE signalait, dès 1928, un talent solide.
Pourtant cet homme ambitieux et fier, qui voulait montrer nos tragédies dans le quotidien et qui, outre son métier parfaitement su, était écrivain et compositeur de musique - et aussi comprenait en sensibilité la peinture - pourtant, dirons-nous, cet artiste n’a jamais pu, malheureusement rentrer dans le palmarès des grands réalisateurs français. On aurait dit qu'il était hanté. Personnage de Shakespeare, il avait été élevé dans des idées chouannes et vers 1938 il avait reconnu et professé la solidarité ouvrière. Terrien, il célébrait la mer. Normand, il laissait dire qu'il était Breton. Il aimait les cathédrales et détestait les curés. Ses secrets sans doute continueront de nous échapper, mais il est impossible de ne pas évoquer sans déchirement celui qui fut, peut-être, le plus généreusement doué de nos cinéastes et, sous l'approche quelquefois arrogante, un homme honnête.
JEAN GREMILLON

FILMOGRAPHIE :

1924-25 : des court-métrages, LA TROISIÈME DE L'ATALANTE, CHARTRES, PHOTOGÉNIE MÉCANIQUE
1926 : TOUR AU LARGE (il avait fait le montage et la musique)
1927 : MALDONNE, BOBS
1928 : GARDIENS DE PHARE
1929 : LA PETITE LISE
1931 : POUR UN SOU D'AMOUR
1932 : LE PETIT BABOUIN (il avait composé la musique)
1934 : LA DOLOROSA
1936 : LA VALSE ROYALE, PATTES DE MOUCHE
1938 : L'ÉTRANGE MONSIEUR VICTOR
1939-41 : REMORQUES
1942 : LUMIÈRE D'ÉTÉ
1943 : LE CIEL EST A VOUS
1944-45 : LE SIX JUIN A L'AUBE (plus commentaire et musique)
1948 : PATTES BLANCHES
1949 : LES CHARMES DE L'EXISTENCE (Pierre Kast était le coréalisateur, mais Grémillon avait écrit commentaire et musique)
1950 : L'ÉTRANGE MADAME X, CAF'CONC (court-métrage)
1951 : ALCHIMIE (court-métrage)
1952 : ASTROLOGIE, AU CŒUR DE L'ILE-DE-FRANCE (court-métrages)
1953 : L'AMOUR D'UNE FEMME
1956 : LA MAISON AUX IMAGES (court-métrage)
1957 : HAUTE LISSE (court-métrage)
1959, ANDRÉ MASSON ET LES QUATRE ÉLÉMENTS (court-métrage)
JEAN GREMILLON
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