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3 - HIS GIRL FRIDAY (La Dame du vendredi) – Howard Hawks (1940) – Cary Grant, Rosalind Russel, Ralph Bellamy

Publié le par Laurent Bigot

L’idée fondatrice, à partir de la pièce de théâtre originale, était de transformer le journaliste Hildebrand en la journaliste Hildegarde. Ce sera toujours Hildy, de toute façon. La Hildy de Hawks ne cesse dans le film de dire qu'elle est «un» journaliste (a newspaperman). C'est ce qui doit la définir. Il s'agit pour elle de s'affirmer comme «un» interlocuteur incontestable  auprès de ses confrères, de la police, de la mairie, de tous ceux qu'elle rencontre. Elle y parvient magistralement pendant, disons, les trois cent soixante et un premiers plans d'un film qui en compte trois cent soixante-six. Rien ne laisserait penser qu’elle « n'est qu'une femme ». Mais Hawks, qui l’a faite femme, lui a tendu un piège. Il faudra qu’elle finisse par pleurer, par rêver de lune de miel devant les chutes du Niagara, par papillonner pudiquement des cils en évoquant l'hôtel qui...la nuit que...le moment où…, devant un Walter qui pense à autre chose. Tout ce que le spectateur (la spectatrice ?) peut espérer, c'est que Hildy a eu un moment de faiblesse. Qu'elle se reprendra et redeviendra une femme libre. Dans La Dame du vendredi, en 1940, les femmes ne peuvent cependant pas apparemment conserver leur liberté et avoir quand même une vie amoureuse. En 1940, dans le secteur le moins machiste peut-être du cinéma américain, la screwball comedy, tout n'est pas encore tout à fait gagné pour les femmes... Comme pour faire un clin d'œil par anticipation, à Stanley Cavell et à sa théorie sur les comédies du remariaqe, Rosalind Russell, devenue très amie avec Cary Grant, rencontra grâce à lui peu après le tournage un certain Frederick Buisson qu'elle épousa en 1941 et qu'elle ne quitta plus jusqu'à son dernier jour.
René Marx - L’Avant-Scène Cinéma – La Dame du vendredi – avril 2014 (612)
3 - HIS GIRL FRIDAY (La Dame du vendredi) – Howard Hawks (1940) – Cary Grant, Rosalind Russel, Ralph Bellamy
Rosalind Russell a dû faire sentir son autorité, et avec éclat. Constatant qu'elle n'est pour Hawks qu'un pis-aller, puisque Carole Lombard est trop chère pour le producteur Harry Cohn et la Columbia et que Katharine Hepburn, Irene Dunne, Claudette Colbert, Jean Arthur, Margaret Sullavan et Ginger Rogers ne sont pas intéressées par le rôle, elle fait comprendre à Hawks qu'elle n’apprécie pas d'être son dernier choix. Elle marque son territoire dès les premiers jours de tournage en inventant le gag du sac jeté à la tête de Cary Grant. Celui-ci improvise la réplique : « Tu visais mieux avant ». Cet échange inopiné plaît au metteur en scène qui le gardera volontiers, et laissera les deux comédiens enrichir les dialogues tant qu'ils le souhaiteront. C'est Grant qui inventera deux des plus célèbres gags du film, celui sur l'allusion à un certain Archibald Leach (le vrai nom de Grant) et la ressemblance de Bruce Baldwin (Ralph Bellamy) avec ... Ralph Bellamy ! Au bout d'un moment, comme pour faire monter les enchères, Russell paya 200 dollars par semaine un mystérieux dialoguiste pour arriver chaque matin sur le plateau avec des répliques qui surprendraient à la fois son partenaire et son metteur en scène. 
René Marx - L’Avant-Scène Cinéma – La Dame du vendredi – avril 2014 (612)
3 - HIS GIRL FRIDAY (La Dame du vendredi) – Howard Hawks (1940) – Cary Grant, Rosalind Russel, Ralph Bellamy

Voir l'intégralité des publications du film :

 

LA DAME DU VENDREDI

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