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ASCENSEUR POUR L’ECHAFAUD – Louis Malle (1958) – Jeanne Moreau, Maurice Ronet, Lino Ventura

Publié le par Laurent Bigot

« Julien, je t’aurai cherché partout. »

« Julien, je t’aurai cherché partout. »

[événement] 3ème édition du festival du film Noir, du 26 au 29 novembre, au cinéma "Le Vincennes" (94)
 
SAMEDI 28 NOVEMBRE 2015 à 17h15 : ASCENSEUR POUR L’ECHAFAUD – Louis Malle (1958) – Jeanne Moreau, Maurice Ronet, Lino Ventura
Florence (Jeanne Moreau) et son amant Julien (Maurice Ranst) préparent jusque dans les moindres détails le meurtre du mari de la jeune femme, mais à peine Julien a-t-il terminé de maquiller son crime en suicide que tout échappe à leur contrôle. Julien reste coincé dans l’ascenseur et, pour couronner le tout, se fait dérober sa voiture par un jeune couple. Lorsque le cabriolet passe à côté de Florence qui ne se doute de rien, celle-ci croit que son amant prend la poudre d'escampette. Tandis qu’elle le cherche toute la nuit dans Paris et que Julien tente de s'extraire de l'ascenseur, les choses prennent un tour inattendu. Les deux jeunes qui ont volé le cabriolet tuent un couple de touristes allemands. La police soupçonne et recherche Julien, le propriétaire de la voiture.
ASCENSEUR POUR L’ECHAFAUD – Louis Malle (1958) – Jeanne Moreau, Maurice Ronet, Lino Ventura
Un couple d'amoureux, un mari importun, un crime minutieusement préparé et le hasard qui se met en travers du chemin : si l'intrigue n’est pas neuve, la façon dont Louis Malle concocte ce drame existentialiste à partir d'ingrédients classiques du film policier est inédite. N'ayant tourné jusqu'alors que Le Monde du silence (1956), avec Jacques-Yves Cousteau, Ascenseur pour l'échafaud est la première œuvre personnelle du jeune réalisateur, alors âgé de vingt-cinq ans. Malle dira un jour qu'il a hésité pour ses débuts entre un thriller à la Hitchcock et un film philosophique à la Robert Bresson - un homme qu'il admire beaucoup et qu'il a assisté pour Un condamné à mort s'est échappé / Le vent souffle où il veut (1956).
ASCENSEUR POUR L’ECHAFAUD – Louis Malle (1958) – Jeanne Moreau, Maurice Ronet, Lino Ventura
Les deux influences sont palpables ici. Après un début plein de suspense, l'action ralentit au fur et à mesure de l'intrigue. C'est avec un regard froid et distancié que Malle observe ses protagonistes qui - tandis que la police enquête avec acharnement - semblent emprisonnés dans leur solitude existentielle et leur désespoir. À l'instar de Bresson, Malle a recours à la métaphore. Julien n'est pas le seul à être enfermé dans son ascenseur-prison : Florence erre sous la pluie dans le dédale des rues parisiennes comme dans un labyrinthe sans issue. Dans le film de Malle, la grande ville, symbole du monde moderne, n'est pas une promesse de liberté. L'éclat superficiel des vitrines renvoie douloureusement au vide émotionnel de leurs habitants.
 
FILM NOIR 100 ALL-TIME FAVORITES – Paul Duncan, Jürgen Müller – Edition Taschen – (2013)

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