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BASIC INSTINCT – Paul Verhoeven (1992) – Michael Douglas, Sharon Stone

Publié le par Laurent Bigot

"C'est le coup du siècle !"

"C'est le coup du siècle !"

[événement] 3ème édition du festival du film Noir, du 26 au 29 novembre, au cinéma "Le Vincennes" (94)
 
SAMEDI 28 NOVEMBRE 2015 à 22h00 : BASIC INSTINCT – Paul Verhoeven (1992) – Michael Douglas, Sharon Stone

 

Des corps perlant de sueur, une sexualité débridée, un pic à glace et de l'hémoglobine à gogo - dès la première séquence, le spectateur sait à quoi s'attendre dans les deux heures à venir. Une fois de plus, Paul Verhoeven en appelle aux pulsions élémentaires qui ont donné son nom au film, même si ce dixième film du réalisateur hollywoodien ne dit pas s'il s'agit de l'instinct de chasse ou de l'instinct de reproduction. Le cadre est vite campé : un monde de machos qui ne tolère aucune faiblesse. Pourtant, l'inspecteur Nick Curran (Michael Douglas), avec son tempérament colérique et son penchant pour les aguicheuses, laisse entrevoir des failles. Une grosse bavure pèse sur sa conscience: depuis qu'il a tué deux touristes innocents au cours d'une intervention, il doit lutter contre ses problèmes d'alcool, et ses collègues le tournent en ridicule. On comprend dès lors la mauvaise humeur grinçante affichée par Curran tout au long du film. Pourtant, sous la carapace du flic blasé et endurci, on devine un être peu sûr de soi, obsédé par la crainte de perdre le contrôle de sa vie professionnelle et privée. Malgré son côté peu amène, ce sont justement ses faiblesses qui nous font éprouver une forme d'empathie pour le personnage.
BASIC INSTINCT – Paul Verhoeven (1992) – Michael Douglas, Sharon Stone
Et c'est à ce flic paumé, incapable de résoudre ses propres problèmes, qu'incombe la charge d'enquêter sur le meurtre. Aussitôt les soupçons se portent sur la belle et énigmatique romancière Catherine Tramell (Sharon Stone) dont l'un des polars décrit un crime dans des circonstances aux similitudes troublantes. Aurait-elle mis ses fantasmes pervers en pratique ? Les agents du service de police, pourtant friands de solutions faciles, jugent l'hypothèse un peu simpliste. Qui serait assez stupide pour décrire dans un livre le crime qu'il s'apprête à commettre ? À moins justement... qu'il ne s'agisse d'un stratagème visant à tromper son monde.
BASIC INSTINCT – Paul Verhoeven (1992) – Michael Douglas, Sharon Stone
L'écrivain en question n'est-elle pas capable d'une machination aussi diabolique ? Cette riche héritière incroyablement sexy qui collectionne les aventures apparaît comme l'incarnation des peurs et des désirs masculins : un mélange de femme émancipée nymphomane et de dévoreuse d'hommes qui - et c'est bien là le comble ! - s'avère d'une intelligence bien supérieure à ces messieurs. Les braves enquêteurs sont dès lors livrés aux provocations de la suspecte laquelle, au cours de son interrogatoire, livre aux fonctionnaires ahuris une vision inespérée de son intimité. Cette scène, sans doute la plus célèbre du film, contribuera largement à son succès. À la question brûlante de savoir si Catherine a tué ou non son amant pendant leurs rapports charnels, s'ajoute une autre interrogation, plus palpitante encore : Sharon Stone portait-elle oui ou non une culotte pendant le tournage de la scène ? Finalement, les médias compétents finissent même par risquer la thèse selon laquelle les acteurs principaux n'auraient pas « fait semblant» en jouant les scènes torrides. Et déjà se fait jour l'étrange dissipation des limites entre fiction et réalité, entre ce qui est réellement donné à voir au spectateur et l'interprétation que ce dernier en tire. Un trait caractéristique - mais aussi tout le charme - des films de Verhoeven.
 
FILM NOIR 100 ALL-TIME FAVORITES – Paul Duncan, Jürgen Müller – Edition Taschen – (2013)

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