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TEMPS DE GUERRE

Publié le par Laurent Bigot

TEMPS DE GUERRE
Dans La Bandera, Gueule d'amour ou Quai des Brumes, l'acteur a popularisé l'archétype du soldat romantique et désabusé, à une époque où l'armée le rebutait pourtant. Sans se douter que lui-même deviendrait bientôt un héros de la Seconde Guerre.
 
TEMPS DE GUERRE
En 1924, le jeune Gabin mène à Paris une existence plutôt satisfaisante : s'il ne ressent pas encore de véritable vocation pour le métier de comédien, il apprécie néanmoins de gagner sa vie en tenant de petits rôles au music-hall. Et, surtout, il file depuis peu le parfait amour avec la danseuse Gaby Basset. Hélas, le voilà bientôt contraint d'effectuer son service militaire : c'est à reculons qu'il rejoint l'unité de fusiliers marins basée à Lorient, affectation lointaine où Gaby, sa famille et la vie parisienne vont beaucoup lui manquer. Mais le pire, c'est de devoir obéir aveuglément aux ordres de gradés un brin obtus. Gabin a toujours eu un caractère bien trempé, et l'inévitable finit par se produire : le jeune appelé frappe un jour un supérieur particulièrement borné, écopant à la fois d'un séjour en cellule et d'un allongement de service dont il se serait bien passé... ironie du sort, le Gabin comédien devra ensuite une partie de son succès à la manière dont il porte fièrement l'uniforme. Dès 1932, il joue ainsi les comique troupiers dans Les Gaîtés de l'escadron, mais c'est évidemment le légionnaire de La Bandera gui lui offre la gloire trois ans plus tard. Poursuivant dans ce registre, Gabin incarne à nouveau un soldat dans des films qui contribueront fortement il son fameux « mythe» : officier de spahis dans Gueule d'amour, le comédien joue ensuite un prisonnier de guerre dans La Grande illusion, puis un déserteur dans Quai des Brumes. Et lorsqu'il gagne Hollywood pendant la guerre, il tourne sous la direction de Julien Duvivier L'imposteur, l'histoire d'un criminel qui devient un héros des Forces Françaises Libres...
TEMPS DE GUERRE
Pour Gabin, L'imposteur sera une sorte de répétition générale : en 1943, l'acteur décide en effet de s'engager lui-même dans les FFL, bien qu'on lui objecte qu'un acteur aussi renommé devrait plutôt continuer à tourner des films « patriotiques» à Hollywood. Mais Gabin veut participer activement aux combats. Retrouvant les fusiliers marins, arme dans laquelle il a été brièvement affecté pendant la « Drôle de guerre» de 1940, il s'embarque sur l'Elorn, navire chargé d'escorter les pétroliers depuis les États-Unis jusqu'en Algérie - ce qui lui vaudra d'essuyer de terribles attaques allemandes. À Alger, Gabin est ensuite nommé instructeur, mais il insiste pour rejoindre, en tant que chef de char, la division blindée du Général Leclerc : il participera ainsi à la libération de Royan et, en Allemagne, du fief hitlérien de Berchtesgaden... Curieusement, malgré ces hauts-faits, Gabin ne tournera après la guerre aucun film évoquant cette période de sa vie. Et les seuls personnages de soldats joués dans la seconde partie de sa carrière seront celui, fort bref, du maréchal Lannes dans le Napoléon de Sacha Guitry, puis du légionnaire à la retraite du Tatoué. Mais le chemin de l'acteur recroisera tout de même une dernière fois celui de l'institution militaire. Lorsque Gabin disparaît en novembre 1976, ses funérailles célébrées au cimetière parisien du Père-Lachaise seront suivies d'une cérémonie organisée sur un navire de la marine nationale, au large de Brest. C'est là que le commandant du vaisseau, en présence de la famille et des proches de l'acteur, jettera à la mer son urne funéraire. 
COLLECTION GABIN -  Eric Quéméré – 2005
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