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2 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner

Publié le par Laurent Bigot

2 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner
Jérôme : Ah! voilà pourquoi tu es revenu ... un règlement de compte...
Jean-Jacques : Une mise au point... une rectification du tir...
Jérôme : J'ai tiré sur toi... parce que je t’avais pris pour un cambrioleur... c'est tout !
Jean-Jacques : «Le quiproquo tragique» ? Non, Jérôme, non... Tandis que ton noble papa attendait les nouvelles dans son bureau, à l'ombre d'un Christ d'importation espagnole, toi, tu guettais l'arrivé de ta victime en caressant la crosse du ravissant revolver d'occasion offert par Edmond...
Jérôme : Tu divagues... c'est cette pauvre Geneviève qui a tout machiné.
Jean-Jacques : Tiens !
Jérôme : .... Je peux te le dire maintenant, elle était lasse de cette liaison sans avenir.
Jean-Jacques : Continue...
Jérôme : C'est elle qui t'a rendu un piège en te fixant, par lettre, ce rendez-vous inhabituel...
Jean-Jacques : Continue...
Jérôme : Quand tu as frappé à sa porte...
Jean-Jacques : Humm ?...
Jérôme : Elle n'était pas dans sa chambre, mais derrière toi... C'est elle qui a tiré...
Jean-Jacques : Tiens ?...
Jérôme : La preuve : elle t'a raté... Moi, j'aurais fait mouche !
Jean-Jacques : Oui...
Jérôme : Le lendemain matin, après une nuit de méditation,  j'ai inventé cette histoire de cambrioleur qui a satisfait chacun, à commencer par toi… Voilà ce qui aurait pu se passer... mais tu connaissais Geneviève… elle eût été incapable de jouer un rôle aussi odieux... Par conséquent... tenons-nous-en à ceci : il n'y a rien eu entre elle et toi.
Jean-Jacques : Rien ! Même pas mon propre cadavre...
Jérôme : Un conseil : oublie cette histoire... et restons-en à la version primitive : je t'ai pris pour un cambrioleur, voilà la vérité...
Jean-Jacques : La vérité ?
Jérôme : Je le jure sur les cendres de Geneviève...
Jean-Jacques : Me voilà fixé... (près de la porte, il reprend la queue de billard et vient la rapporter à Jérôme) Tiens... Tel tu étais quand je suis arrivé, tel je te quitte... Reprends la pose... Rien ne s'est passé... 
2 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner2 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner
Le journal d’une époque : 1945 – 1950. Les metteurs en scène
 
Si l'on doit attendre encore dix ans pour que Jean Renoir participe à un nouveau film français (French cancan, 1955) rentrent en revanche au pays Julien Duvivier et René Clair qui, respectivement avec Panique (1946) et Le silence est d'or (1947), démontrent qu'ils n'ont rien perdu de leur talent d'autrefois. Arrivent également des États-Unis une nuée de films hollywoodiens - près de six années de productions patiemment entassées - qui ne demandent qu'à déferler sur les écrans d'Europe. Cette sortie massive - la proportion avoisine trois films américains pour un français - ne peut qu'affaiblir notre cinéma. Malgré un manque évident de moyens suite à l'appauvrissement entraîné par la guerre et à la lente réinsertion de chacun dans une vie normale, plusieurs longs métrages de qualité sont pourtant réalisés : Antoine et Antoinette (Jacques Becker, 1946), Le diable au corps (Claude Autant-Lara, 1947), Quai des Orfèvres (H. G. Clouzot) Les amants de Vérone (André Cayatte, 1948).
 
Sous le ciel romain Christian-Jaque met en images l'épopée grandiose de Stendhal, La Chartreuse de Parme (1947), avec en vedette la nouvelle idole de la jeunesse, Gérard Philipe. C'est l'époque du plein essor des co-productions avec l'Italie : Au-delà des grilles de René Clément, en 1948, Les derniers jours de Pompéï  de Marcel L'Herbier, en 1949.
Jean Grémillon réalise Pattes blanches (1948), Henri Decoin Les amoureux sont seuls au monde (1947), Pierre Chenal, revenu de son refuge argentin, La foire aux chimères (1946), Louis Daquin, Le point du jour (1948).
 
Quelques nouveaux cinéastes apparaissent : Yves Allégret (Dédée d'Anvers, 1947) Jacqueline Audry (Gigi, 1948), Henri Calef (Jericho, 1945), Jean-Paul Le Chanois (L'école buissonnière, 1948), Jean-Pierre Melville (Le silence de la mer, 1949).
 
Le cinéma comique - ou plutôt la comédie - se porte bien. Les frères Prévert tentent de renouveler un genre parfois limité ; mais après Adieu Léonard (1943), Voyage surprise (1947) ne rencontre pas le succès escompté. Jacques Tati révèle son esprit bien particulier dans Jour de fête (1947-1949). Noël-Noël et Jean Dreville travaillent ensemble à La cage aux rossignols (1944-1945) et aux Casse-pieds (1948). Carlo-Rim sort des sentiers battus avec L'armoire volante (1948) dont la vedette Fernandel est toujours en tête du box-office. Rellys fait rire (Les aventures des Pieds Nickelés, de Marcel Aboulker, 1947), Bourvil (Miquette et sa mère, de H. G. Clouzot, 1949) et Robert Dhéry (Branquignol, Robert Dhéry, 1949) commencent à se faire connaître.
 
Le Cinéma des années quarante, par ceux qui l’ont fait (Tome 4, Le Cinéma d’Après-Guerre : 1945-1950) – Christian Gilles – Ed. L’Harmattan (2000)
 
2 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner
2 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner
2 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner
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