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3 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner

Publié le par Laurent Bigot

3 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner
Jean-Jacques (à François) : Je vous connais bien mon cher… j’ai eu vos vingt ans. Ecoutez faites ce que vous aimez. Mais aimez ce que vous faites. Je ne connais pas votre père, mais lui n’a pas eu vos vingt ans. Alors arrangez-vous pour ne pas avoir sa cinquantaine, hein… Faites-moi confiance. 
3 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner

François Périer est né le 10 novembre 1919 à Paris. Il fut longtemps le jeune premier «de caractère», romantique, mais dans la gentillesse et l'humour, timide, un brin cocasse, d'un cinéma français encore sous l'emprise du théâtre de boulevard. Il sut composer ses rôle en les déséquilibrant toujours un peu à sa façon adroite et personnelle, avec un temps d'hésitation entre la réalité d'une situation et l'interprétation mentale de cette réalité - jeu traditionnel et typique du comédien de vaudeville. Mais François Périer apportait toujours avec bonheur la «touche d'humanité» qui camoufle à merveille la mécanique d'un rire destiné à «avoir le spectateur au sentiment». Dans la pantomime, il eût été Pierrot enfariné. A l'écran, il prit la succession immédiate de René Lefèvre et de Noël-Noël - en succession plus lointaine d'Harry Langdon, avec un petit quelque chose des personnages au cœur tendre dessinés par Walt Disney.

Il a débuté très jeune. Élève de René Simon à quinze ans (de 1934 à 1937), jouant en amateur dans la troupe des «Compagnons du plateau», puis élève d'André Brunot pendant une année (1938-39) au Conservatoire de Paris, après avoir obtenu le Prix Réjane, en 1938 (mais aucune récompense au Conservatoire, ce qui fit une manière de scandale).

La guerre venue, il avait déjà acquis une certaine notoriété en campant des petits rôles (dans LA CHALEUR DU SEIN, de J. Boyer ; L'ENTRAINEUSE, d'A. Valentin ; HOTEL DU NORD, de M. Carné, 1938 ; LA FIN DU JOUR, de J. Duvivier ; LE DUEL, de P. Fresnay). Mais sa carrière avait déjà pris, au théâtre, un bel élan. Sa chance au cinéma lui vint avec PREMIER BAL, de Christian-Jaque, en 1941, où il donnait la réplique à deux jeunes comédiennes : Marie Déa et Gaby Sylvia. Il devint rapidement très populaire et joua d'affilée : LES JOURS HEUREUX (de J. de Marguenat), d'après la pièce de Marc-Gilbert Sauvageon qui avait grandement contribué à le faire connaître ; MARIAGE D'AMOUR, d'H. Decoin ; LETTRES D'AMOUR, de C. Autant-Lara (1942) ; LE CAMION BLANC, de Léo Joannon ; et diverses autres comédies d'inspiration en général facile. Il fut le poète funambulesque de SYLVIE ET LE FANTOME (Autant-Lara, 1945) et enfin le jeune bourgeois amoureux d'une danseuse dans UN REVENANT (Christian-Jaque, 1946 - peut-être, dans son emploi ordinaire, son meilleur rôle, en tout cas, l'un des mieux écrits pour mettre en valeur la souplesse de son talent).

3 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner
Ludmilla Tcherina est une danseuse et actrice française née le 10 octobre 1925 à Paris. Une première carrière de danseuse fait d'elle la danseuse étoile des Ballets de Monte-Carlo, puis l'interprète favorite de Serge Lifar (autour de 1942), mais elle veut être aussi comédienne. Sans abandonner la danse classique, elle joue un des principaux rôles féminin d’UN REVENANT, le film de Christian-Jaque et Henri Jeanson, avec Louis Jouvet et François Périer, en 1946. Elle s'y montre fort adroite et fort belle. On ne la reverra guère que dans des rôles où il est fait appel à son double talent de danseuse et de comédienne. Citons les principaux (sur une quinzaine) : d'abord THE RED SHOES (Les Chaussons rouges de Powell et Pressburger, 1947) ; FANDANGO (d'E. E. Reinert, 1948) ; LA NUIT S’ACHÈVE (P. Méré, 1949) ; LA BELLE QUE VOILA (J.-P. Le Chanois, 1949) ; LES CONTES D'HOFFMANN (Powell et Pressburger, 1950) ; LE SIGNE DU PAÏEN (Douglas Sirk, 1954) ; LES AMANTS DE TERUEL (Raymond Rouleau, 1962). 
3 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner
3 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner

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Jacques Roehrich 19/12/2015 12:24

Passionnant et passionné! Merci Monsieur
Quelques idées pour la liste des acteurs oubliés: ce cher Pierre Richard-Willm (avec lequel j'ai travaillé au Théâtre du Peuple de Bussang) et Maurice Schutz Goupil l'Empereur et ami de Dreyer,mon grand oncle Paul Schutzemberger qui me prenait sur ses genoux pour me dire des fables de La Fontaine) Un grand merci et bravo pour votre travail

Laurent Bigot 19/12/2015 19:32

Merci Jacques pour ce commentaire et pour ces informations qui permettent de conserver la mémoire du cinéma. Laurent