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9 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner

Publié le par Laurent Bigot

Geneviève : Il y a plus d'une heure que je vous attends. Vous venez d'arriver, oui ?...
Jean-Jacques : Dites-moi, Geneviève vous partez d'un cœur léger ?
Geneviève : Oh !... Je ne le sens même pas !...
Jean-Jacques : Sans remords ?
Geneviève : Sans regrets...
Jean-Jacques : Vous êtes pleinement heureuse?
Geneviève : Oh, je ne serai jamais plus heureuse qu'à cette minute…
Jean-Jacques : Alors, gardez-vous d'aller au-delà de cette joie... Rentrez chez vous... La comédie est terminée... Ce cher Edmond a besoin de votre présence et moi, je n'ai besoin que de votre souvenir...
Geneviève : Vous ne m’emmenez pas ?
Jean-Jacques : J'ai pris l'habitude de partir sans vous...
Geneviève : Oh, non ce n'est pas possible ! Cher Jean-Jacques, ayez pitié de moi.
Jean-Jacques : J'ai pitié de vous... Je vous donne un chagrin d'amour... Pendant que vous souffrirez, vous ne vous ennuierez pas... Vous vous êtes assez jouée de moi autrefois, ma chère petite Geneviève... Tout à l'heure, quand vous rentrerez chez vous, votre mari aura reçu votre lettre d'adieu. Il vous faudra trouver une explication...
Geneviève : Vous avez envoyé la lettre... Vous avez fait ça !...
Jean-Jacques : Non... rassurez-vous... la voilà, votre lettre... Quand j'ai quitté cette ville, il y a vingt ans, dans le train qui m'emportait, je me disais : «J'ai failli mourir pour elle... et elle a fichu le camp avec ce cher Edmond... Elle aurait pu, au moins, m'envoyer un petit mot d'adieu ». Et j'imaginais votre lettre... tenez, une lettre un peu comme celle-ci. «Mon amour... Te souviens-tu de cette chanson de Mozart que nous chantions quand nous étions heureux ?... Nous la chantions souvent... Une bien belle chanson... un bien bel amour... C'est sur cet air un peu mélancolique que nous penserons à nous désormais, etc, etc. Ne te plains pas trop... Après tout, mieux vaut se souvenir sur du Mozart que sur du Meyerber... adieu...» Tu me l'as tout de même écrite, cette lettre...
Geneviève : Je suis une pauvre idiote... Tu as raison... Et puis, je serais un bagage trop encombrant... Et puis, il y a trop d'absence entre nous... Comment ai-je pu croire que tu pourrais m'aimer avec ma dégaine de petite bourgeoise... Comment ai-je pu croire que je pourrai lutter contre mon propre fantôme?... Je vais rentrer à la maison... C'est ma place je l'ai choisie... car je l'ai choisie, tu as raison Bonjour Edmond ! Bonsoir Edmond !... A tout à l'heure Edmond ! Voilà ma vie !... Jean-Jacques !... Bon voyage…
9 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner
L'histoire :
Edmond Gonin, qui, toutes affaires cessantes, se hâte de rejoindre son beau-frère Jérôme Nisard, pour lui apprendre l'effarante nouvelle : Jean-Jacques Sauvage est revenu à Lyon. Bien mieux, le voici, sur les talons d'Edmond.
Autrefois, dans cette maison, une machination avait été ourdie contre lui, riche d'espérances mais pauvre matériellement, parce qu'il faisait la cour à Geneviève Nisard. Le guet-apens préparé, Jean-Jacques tomba dans le piège et, voulant rejoindre Geneviève, fut proprement descendu d'un coup de feu par Jérôme qui avait pris, soit disant, le visiteur nocturne pour un cambrioleur. Pendant que le pauvre amoureux de débattait entre la vie et la mort, on pressa le mariage de Geneviève et d'Edmond. Guéri, Jean-Jacques Sauvage, n'avait plus qu'à s'effacer. Il s'exila.
Il revient dans sa ville natale, célèbre et adulé. Il dirige en effet une compagnie de ballet. Au théâtre se présente un jeune homme, désireux de lui proposer des maquettes de décors. C'est François Nisard, le fils de Jérôme. Jean-Jacques agit rapidement. En même temps qu'il précipite François, émerveillé de sa bonne fortune, dans les bras de la danseuse étoile Karina, il reconquiert le cœur de Geneviève, ravie de ses rendez-vous clandestins et de la vie de théâtre qu'elle découvre avec émerveillement. La première du spectacle sera mouvementée. François qui a compris qu'il n'était qu'une amourette passagère pour Karina essaie de se suicider en se précipitant des cintres sur la scène.
Paris attend Sauvage ; toujours ironique et amer, il retrouve sur le quai de la gare Perrache une Geneviève confiante. En quelques mots, il l'humilie, la renvoie à son destin de Madame Gonin. Et, tandis que le train s'ébranle, emmenant aussi le tendre François qu'il n'a pas voulu abandonner, le «revenant » voit disparaître les fantômes de son passé. 
 
9 - UN REVENANT – Christian-Jaque (1946) – Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay, Louis Seigner

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