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1 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar

Publié le par Laurent Bigot

Un soir d'hiver, le Destin apparaît à Diego sous les traits d'un singulier vagabond pour lui annoncer que, cette même nuit, il rencontrera « la plus belle fille du monde». Et point par point, la prédiction va s'accomplir...

Un soir d'hiver, le Destin apparaît à Diego sous les traits d'un singulier vagabond pour lui annoncer que, cette même nuit, il rencontrera « la plus belle fille du monde». Et point par point, la prédiction va s'accomplir...

1 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar
Après Les Enfants du paradis et quelques chefs-d’œuvre, le tandem Marcel Carné-Prévert se reconstitue pour un nouveau film, Les Portes de la nuit, avec Jean Gabin et Marlène Dietrich en vedettes. Mais au dernier moment, ils abandonnent le projet. Ils vont être remplacés par deux comédiens quasi-débutants : Yves Montand et Nathalie Nattier.
Les Portes de la nuit vont se fermer sur la ville... Un mélancolique crépuscule d'hiver, ce triste hiver. Qui suivît le magnifique été de la Libération de Paris, allonge ses ombres sur les quartiers insolites du nord de la capitale. Là, entre les boulevards extérieurs et la banlieue, bordé par les fleuves de rails qui mènent aux pays de la brume, parcouru, conmme un port abandonné, de canaux et de bassins silencieux, s'étend un étrange territoire d'eau, de fer et de fumée, aux rues peu fréquentées ... Là commence cette histoire, pour s'y achever au petit matin, lorsque s'ouvriront chacun de nos personnages ayant répondu aux nécessités du Destin, les Portes du jour... 
1 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar
1 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar
Après l’éclatante réussite commune Enfants du paradis, l'association de Marcel Camé et de Jacques Prévert ne pourrait que se répéter ou se dissoudre. Elle fera l'un et l'autre.  En effet, malgré le succès du film, le Festival de Cannes refuse en 1946 de sélectionner Les Enfants du Paradis au seul prétexte qu'il est sorti depuis trop longtemps. Carné s'en consolera, non sans une pointe de vanité, «en songeant que si Voyage au bout de la nuit avait été dédaigné par le Goncourt, Les Enfants du Paradis pouvait bien l'être par le Festival de Cannes».
 
Pourtant, réaliser et réussir, coup sur coup, deux œuvres de l'importance des Visiteurs du Soir et des Enfants du Paradis à une époque où tout était plus difficile que jamais, était un tour de force qui avait son poids. En outre, il s'agissait de deux succès commerciaux. On serait donc en droit de penser que Carné n'eut qu'à lever le petit doigt pour trouver un, deux, dix producteurs avides de sa collaboration. Il n'en fut rien. La valse des projets recommença. On envisage d'adapter Mary Poppins, un Léocadia d'après la pièce de Jean Anouilh  mais aussi de reprendre le Jour de Sortie qui avait été prévu avant Les Enfants du Paradis mais cette fois sous le titre La Lanterne magique ou Les Présents du passé avec Arletty, Louis Salou et Fabien Loris. Innovation importante : les événements du réel seraient projetés en noir et blanc et ceux, fictifs, bénéficieraient de la couleur.
 
Puis Korda propose à son tour à Carné un contrat pour trois films. Étonnamment, ce dernier refuse, ce qu'il regrettera longtemps. Après avoir tenté une adaptation de la nouvelle d'Andersen L’Ombre, il jette alors son dévolu sur Le Masque de la Mort rouge d'Edgar Poe qui lui permet de rêver de son premier film entièrement en Technicolor. Mais les premières évaluations financières mettent vite un terme au projet, qui reparaîtra un temps sous forme de ballet avec Ludmilla Tchérina dans son film dansé dont Les Amants de Teruel ne devaient former que le tiers.
 
Le producteur Tramichel, d'accord sur-le-champ, envisage ensuite un Candide en couleur d'après Voltaire qui devait plus tard, et sur un mode mineur, inspirer Norbert Carbonneaux. Carné, lui, voyait grand et juste. Son Candide devait être Gérard Philipe et Pangloss aurait eu pour interprète Louis Jouvet. On imagine le régal et on réalise la perte que représente l'échec de ce projet. Coup du sort terrible : le producteur trouve la mort la veille de la signature du contrat ! 
Marcel Carné « Le môme du cinéma français » - David Chanteranne – Ed. Soteca (2012)
1 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar

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