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3 et 4 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar

Publié le par Laurent Bigot

3 et 4 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar3 et 4 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar
Les émotions, ça creuse. Diego décide d'emmener Claire, Raymond et leur petit garçon Cri-Cri dans un restaurant du quartier où le marché noir est encore abordable. C'est là, à la fin d'un bon petit dîner, où Diego et Cri-Cri sont devenus de grands amis, que nous ferons la connaissance du fameux Guy Sénéchal. Ce jeune homme, trop bien habillé, suivi d'un couple de filles qui n'ont pas maigri pendant la guerre, échange au passage quelques réflexions aigres-douces avec nos amis... Derrière eux, entre le clochard. Il demande la permission de jouer de l'harmonica avant de faire la quête. Mais est-ce bien pour cela qu'il est venu ? Il en profite, en tout cas, pour lire l'avenir dans la main d'une gitane, et il avertit cette professionnelle de la prédiction - qui, bien sûr, ne le croit pas - qu'elle mourra cette nuit même - puis à Guy Sénéchal, il laisse entendre qu'il n'aura pas une mort heureuse... 
3 et 4 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar3 et 4 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar
L’air qu'il joue maintenant sur son harmonica éveille en Diego de lointains souvenirs... D'ailleurs le clochard vient s'attabler auprès du jeune homme qui, pas plus que les autres, ne le prend au sérieux et qu'il irrite. Lorsque le clochard lui dit qu'il a peut-être eu tort de venir dans ce quartier, il lui affirme froidement qu'il a, ici-même, rendez-vous avec la plus belle fille du monde... - La plus belle fille du monde ? Qu'à cela ne tienne ! Le clochard, d'un revers de manche efface la buée qui recouvrait la vitre du restaurant et Diego au comble de la surprise aperçoit, dans une voiture de grand luxe qui vient de s'arrêter dans la rue, la femme merveilleusement belle dont il vient de parler. Que fait cette femme de rêve dans ce quartier perdu ? Tout simplement l'homme qui conduisait la voiture a éprouvé le besoin de se rafraîchir un peu… Et déjà la vision disparaît dans la nuit... Mais il est temps de partir, si Diego ne veut pas rater le dernier métro, ainsi que le lui rappelle le clochard. Un peu trop tard, peut-être, car effectivement, ce dernier métro, Diego le manque. Cri-Cri, ravi, insiste pour que son nouveau copain vienne coucher à la maison et tout le monde retourne rue des "Petites-Feuilles"... Cependant, la voiture, à l'intérieur de laquelle Diego a aperçu la femme à la beauté bouleversante, rode, lentement, par les rues désertes du quartier perdu..
Marcel Carné « Le môme du cinéma français » - David Chanteranne – Ed. Soteca (2012)
3 et 4 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar
Pour la musique, c'est au cours d'un repas organisé rue Dauphine, en présence de Gabin, Kosma, Prévert et Carné, que la fameuse chanson Les Feuilles mortes est présentée. Le cinéaste a rapporté les conditions de cette découverte Au Vieux Pont-Neuf, un établissement tenu par trois sœurs qui voulaient recevoir Jean Gabin à dîner et lui dressèrent une table dans leur salle à manger personnelle : «Je revois encore le décor. Une pièce minuscule qui ne comporte d'autre ameublement qu'une grande table centrale rectangulaire - laquelle dévore toute la surface - quatre chaises, et un piano droit collé au mur, qui a l'air de s'effacer avec une sorte d'humilité. Dans l'espace étroit entre celui-ci et la table, deux chaises font face à cette dernière, les dossiers touchant presque le clavier du piano. Près de la fenêtre, à l'angle du mur, se dresse une pile de nappes et de serviettes à peine sèches et dont la blancheur immaculée renvoie la lumière, encore ensoleillée en ce soir d'été. Gabin a pris place sur l'une des deux chaises qui tournent le dos au piano, Kosma à sa gauche. Je suis en face de lui, Jacques [Prévert] à ma droite. On achève de boire l'apéritif. L’atmosphère est détendue. Cependant, je devine Kosma nerveux sur sa chaise, avec comme un air de complot entre Jacques et lui. À la fin, ce dernier n'y tient plus. "Vas-y maintenant", dit-il à Kosma. Voyant celui-ci se mettre au piano, ou plus exactement se tourner pour lui faire face, Gabin a compris : "La chanson ? " dit-il. Il a été convenu en effet que le film en comporterait une qui pourrait aider à son lancement. (...) Kosma  exécute d'abord quelques arpèges. Puis il attaque doucement, chantant à mi-voix, ses doigts effleurant légèrement les touches : Oh, je voudrais tant que tu te souviennes / Des jours heureux où nous étions amis. La mélodie s'élève doucement. Nostalgique. Prenante. Pour finir par devenir envoûtante. À peine Kosma a-t-il plaqué le dernier accord que, perdu dans un rêve, Gabin lui demande : "Rejoue encore." Dix fois au cours du repas, Kosma se remettra au piano. Dix fois, Gabin lui dira : "Encore, tu veux ?". Après les hors-d'œuvre, nous fredonnons déjà deux ou trois motifs. Le rôti achevé, nous connaissons par cœur le refrain. Au café, pour peu que Kosma nous soutienne, c'est presque la chanson tout entière que nous entonnons. Jacques, heureux, savoure. Quant à moi, j'ai l'impression que, quoi qu'il arrive, je n'oublierai jamais la douceur de ces instants. Gabin se tourne vers Jacques : "De première", dit-il en hochant la tête. Si je peux me permettre la formule : Les Feuilles mortes venait de naître… » 
Marcel Carné « Le môme du cinéma français » - David Chanteranne – Ed. Soteca (2012)
Le plus grand de mes bides ! En 1958, Yves Montand évoquait avec une certaine ironie le destin des Feuilles mortes, cette chanson de Prévert (pour les paroles) et Kosma (pour la musique) qui sert de leitmotiv aux Portes de la nuIt : " Je crois que le plus grand de mes bides a été Les Feuilles mortes. Pendant quatre ans, j'al fait rigoler tout le monde en essayant d'imposer cette chanson qui est devenue ce que vous savez : un tube." Dès 1949, Jacqueline François l'avait Interprétée dans un court métrage et Nat King Cole devait la reprendre en 1956 au générique du film de Robert Aldrich, Feuilles d'automne, pour en faire un succès mondial. Bien des années plus tard, Serge Gainsbourg lui rendait hommage avec sa Chanson de Prévert
Le plus grand de mes bides ! En 1958, Yves Montand évoquait avec une certaine ironie le destin des Feuilles mortes, cette chanson de Prévert (pour les paroles) et Kosma (pour la musique) qui sert de leitmotiv aux Portes de la nuIt : " Je crois que le plus grand de mes bides a été Les Feuilles mortes. Pendant quatre ans, j'al fait rigoler tout le monde en essayant d'imposer cette chanson qui est devenue ce que vous savez : un tube." Dès 1949, Jacqueline François l'avait Interprétée dans un court métrage et Nat King Cole devait la reprendre en 1956 au générique du film de Robert Aldrich, Feuilles d'automne, pour en faire un succès mondial. Bien des années plus tard, Serge Gainsbourg lui rendait hommage avec sa Chanson de Prévert

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