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5 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar

Publié le par Laurent Bigot

5 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar5 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar
5 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar5 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar
Il y a entre l'homme qui tient le volant et sa femme, Malou, une profonde mésentente. L’argent n'a pas fait leur bonheur et Dieu sait si Georges en a ! Mais maintenant, Malou est à bout. Elle n'aime plus Georges, elle ne peut plus vivre auprès de lui. Elle a voulu ce soir revenir dans ce quartier qui fut celui de son enfance, et qu'elle a quitté il y a de longues années pour mener autour du monde une vie parfois brillante, parfois étrange. Elle saute de la voiture, elle fuit Georges qui perd sa trace et l'appelle en vain dans la nuit... Malou est seule, égarée dans les rues vides… Soudain de l'ombre surgit le clochard, pour la remettre obligeamment sur le chemin de sa destinée. Et bientôt Malou arrive devant la maison de M. Sénéchal. 
Saturnin Fabre est un acteur français, né en 1883 à Sens (Yonne), mort à Paris en octobre 1961. Il a laissé le souvenir d'un personnage pittoresque au naturel, et de ce pittoresque il a pimenté des films nombreux - plus de cent, de 1932 à 1959 - mais il était connu presque autant par ses rôles de la scène, pièces ou opérettes. Il était sans doute exubérant, râleur... insupportable, et peu modeste, avec l'envers de ces défauts, s'il en existe ; mais il était lui-même et reconnaissable par tout le monde. 
Il joua dans LA ROUTE EST BELLE, PÉPÉ LE MOKO, MESSIEURS LES RONDS-DE-CUIR, LES PORTES DE LA NUIT, MIQUETTE ET SA MERE ; au théâtre notamment dans L'Habit vert, La Fleur des pois, La Vie parisienne, Le Sexe faible? La Dame de chez Maxim4s. Étudiant la clarinette dans une classe du Conservatoire de Paris, il avait suivi en même temps l'enseignement de Paul Mounet et obtenu un premier prix de comédie. Puis il avait débuté de façon fantaisiste au théâtre en changeant de pseudonyme à chaque nouvel engagement, s'appelant un jour Jean Naimard, un autre jour, Sam Court ou Clairefontaine. II a publié en 1942 un livre de souvenirs : Douche écossaise (éditions Fournier- Valdès). 
5 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar
La distribution réunit finalement, autour de Pierre Brasseur, Julien Carette, Saturnin Fabre, Serge Reggiani, Jean Vilar, Dany Robin et le petit garçon Simon, Gabin et Dietrich laissant leurs rôles au jeune protégé d'Édith Piaf, Yves Montand, et à Nathalie Nattier, aperçue dans L’Idiot. Pour des besoins publicitaires, Paul Éluard écrit la préface du film : « À Camé et Prévert, qui inaugurent l'image réelle. Ouvrir les portes de la nuit, autant rêver d'ouvrir les portes de la mer. Le flot effacerait l'audacieux. Mais du côté de l'homme, les portes s'ouvrent toutes grandes. Son sang coule avec sa peine. Et son courage de vivre malgré la misère, étincelle sur le pavé boueux, enfantant des prodiges. Ce n'est pas le rêve que d'habiter entre Barbès et la Villette. Je ne m'en suis jamais plaint. Pour m'ennuyer, j'allais ailleurs, et mon désir d'ailleurs n'avait alors plus de bornes. Avais-je vraiment besoin de m'ennuyer ? Avais-je vraiment besoin d'aller aux îles avec le secret espoir d'y attendre patiemment la mort ? Je me le suis figuré parce que je fermais les yeux sur moi. Ma jeunesse me faisait un peu peur. Dans mon beau quartier, entre Barbès et la Villette, vivre est honorable. Et le bonheur pourrait avoir sa place partout. Le seul obstacle, c'est le temps, le temps de mourir. Avant la nuit totale, verrat-on, aura-t-on le temps de voir, de s'éclairer ? Dans mon beau quartier, des hommes acquièrent sans cesse le droit de régler leurs affaires - et ne les règlent pas -, le droit d'être beau - et quand ils se regardent dans la glace, ils haussent les épaules -, le droit de punir et de pardonner, le droit de se reposer, d'aimer et d'être aimé, car ils l'ont mérité. Ils savent que leurs rues ne sont pas des impasses et ils tendent désespérément la main pour s'unir à tous leurs semblables. Dans mon beau quartier, la résistance, c'est l'amour, c'est la vie. La femme, l'enfant sont des trésors. Et le destin est un clochard dont on finira bien par brûler, au grand jour, les loques, la vermine et la sottise rapace. »
Marcel Carné « Le môme du cinéma français » - David Chanteranne – Ed. Soteca (2012) 
5 - LES PORTES DE LA NUIT – Marcel Carné (1946) – Yves Montand, Nathalie Nattier, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Jean Vilar

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