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5 - STRANGERS ON A TRAIN (L’Inconnu du Nord-Express) – Alfred Hitchcock (1951) – Farley Granger, Robert Walker, Ruth Roman – Patricia Hitchcock

Publié le par Laurent Bigot

Monumentalité : A plusieurs reprises, Guy est surpris par l'apparition soudaine de Bruno qui l'observe, impassible. Cette présence inquiétante s'inspire du personnage de Droopy, le chien du dessin animé de Tex Avery. Ce lien est d'autant plus fort qu'Hitchcock accentue la démesure chère au dessinateur : Bruno semble ridiculement petit à côté du monument. L'effet visuel est particulièrement frappant, et le réalisateur s'en souviendra en filmant la visite de Cary Grant à l'ONU dans La Mort aux trousses.

Monumentalité : A plusieurs reprises, Guy est surpris par l'apparition soudaine de Bruno qui l'observe, impassible. Cette présence inquiétante s'inspire du personnage de Droopy, le chien du dessin animé de Tex Avery. Ce lien est d'autant plus fort qu'Hitchcock accentue la démesure chère au dessinateur : Bruno semble ridiculement petit à côté du monument. L'effet visuel est particulièrement frappant, et le réalisateur s'en souviendra en filmant la visite de Cary Grant à l'ONU dans La Mort aux trousses.

Chez Bruno : Guy parvient à tromper la vigilance des policiers qui continuent à le surveiller et pénètre, armé, dans la maison de Bruno. Il monte l'escalier et trouve la chambre du père. Croyant le réveiller pour lui expliquer le problème, il se rend compte que c'est Bruno qui occupe le lit. Chez Bruno : Guy parvient à tromper la vigilance des policiers qui continuent à le surveiller et pénètre, armé, dans la maison de Bruno. Il monte l'escalier et trouve la chambre du père. Croyant le réveiller pour lui expliquer le problème, il se rend compte que c'est Bruno qui occupe le lit.
Chez Bruno : Guy parvient à tromper la vigilance des policiers qui continuent à le surveiller et pénètre, armé, dans la maison de Bruno. Il monte l'escalier et trouve la chambre du père. Croyant le réveiller pour lui expliquer le problème, il se rend compte que c'est Bruno qui occupe le lit. Chez Bruno : Guy parvient à tromper la vigilance des policiers qui continuent à le surveiller et pénètre, armé, dans la maison de Bruno. Il monte l'escalier et trouve la chambre du père. Croyant le réveiller pour lui expliquer le problème, il se rend compte que c'est Bruno qui occupe le lit.

Chez Bruno : Guy parvient à tromper la vigilance des policiers qui continuent à le surveiller et pénètre, armé, dans la maison de Bruno. Il monte l'escalier et trouve la chambre du père. Croyant le réveiller pour lui expliquer le problème, il se rend compte que c'est Bruno qui occupe le lit.

Bruno : Je n'aime pas être "doublé"...j'ai un meurtre sur la conscience ...mais ce n'est pas le mien, monsieur Haines, c'est le vôtre ! Et puisque vous êtes le seul à en avoir profité, vous serez le seul à le payer !

Suspense de diversion : Lorsque Guy entre, armé, dans la demeure des Anthony, la question qui se pose pour le spectateur est : « Va-t-il ou non tuer le père de Bruno ? » Pour éviter que la réponse n'apparaisse trop rapidement, Hitchcock utilise ce que François Truffaut a qualifié de « suspense de diversion ». Le danger que représente le chien menaçant qui se tient debout en haut de l'escalier fait diversion en captant provisoirement l'attention, ce qui prolonge d'autant le suspense lié au sort du père de Bruno.

Suspense de diversion : Lorsque Guy entre, armé, dans la demeure des Anthony, la question qui se pose pour le spectateur est : « Va-t-il ou non tuer le père de Bruno ? » Pour éviter que la réponse n'apparaisse trop rapidement, Hitchcock utilise ce que François Truffaut a qualifié de « suspense de diversion ». Le danger que représente le chien menaçant qui se tient debout en haut de l'escalier fait diversion en captant provisoirement l'attention, ce qui prolonge d'autant le suspense lié au sort du père de Bruno.

La finale : Ann tente d'expliquer la situation à la mère de Bruno, qui ne veut pas la comprendre. Bruno arrive et lui révèle qu'il possède le briquet de Guy, ce qui peut le compromettre. Plus tard, Ann dit tout à Guy, qui doit pourtant commencer à jouer un match de compétition.

La finale : Ann tente d'expliquer la situation à la mère de Bruno, qui ne veut pas la comprendre. Bruno arrive et lui révèle qu'il possède le briquet de Guy, ce qui peut le compromettre. Plus tard, Ann dit tout à Guy, qui doit pourtant commencer à jouer un match de compétition.

Match : Bruno se rend à Metcalf avec l'intention de déposer le briquet sur les lieux du crime. Pendant ce temps, Guy joue un match de finale au tennis. Il doit gagner vite pour rejoindre Metcalf et trouver Bruno. Celui-ci est retardé, car il perd le briquet dans une bouche d'égout.

Match : Bruno se rend à Metcalf avec l'intention de déposer le briquet sur les lieux du crime. Pendant ce temps, Guy joue un match de finale au tennis. Il doit gagner vite pour rejoindre Metcalf et trouver Bruno. Celui-ci est retardé, car il perd le briquet dans une bouche d'égout.

5 - STRANGERS ON A TRAIN (L’Inconnu du Nord-Express) – Alfred Hitchcock (1951) – Farley Granger, Robert Walker, Ruth Roman – Patricia Hitchcock
Du tournage au montage
 
Le retard pris dans l'écriture du scénario n'empêcha pas l'équipe de démarrer le tournage en octobre. Les extérieurs furent réalisés dans des petites gares des États de New York et du Connecticut, ainsi qu'à Washington. Certains plans du tournoi de tennis furent tournés lors de la Coupe Davis opposant les Etats-Unis à l’Australie.
 
Bien qu'Ormonde art remis une version définitive du scénario à la fin du premier mois de tournage, certains éléments furent ajoutés à la dernière minute, et ce Jusqu'à la semaine précédant la fin du tournage, qui eut lieu le 23 décembre 1951. Cette précipitation n'altéra guère la qualité du film. Seuls les dialogues pouvaient en pâtir, l'aspect visuel étant du seul ressort du réalisateur Hitchcock avait toutes les scènes du film en tête, parfois en plusieurs exemplaires. Il laissait une place à l'expérimentation au montage, après avoir tourné plusieurs versions d'une même scène.
 
Il en fut ainsi pour le match de tennis monté en alternance avec les plans de Bruno tentant de récupérer le briquet de Guy : Hitchcock avait à sa disposition dix-huit bobines du match, qu'il n'avait pas le temps de visionner toutes ! Il réalisa donc plusieurs essais sur le papier. Dans le scénario de Chandler le match devait montrer l'instinct de tueur de Guy remontant à la surface. Hitchcock n'en tint pas compte, et préféra axer son montage sur le suspense de la scène. Il n'abandonna pas, cependant, l'idée du double et de l'échange, idée propre au tennis, mais également développée dans la rencontre Guy-Bruno, L'alternance des plans, de Guy sur son court à Bruno devant sa bouche d'égout, faisant des deux personnages les véritables protagonistes d'un match visuel doublé d'une course contre la montre. Ainsi, Guy reprend le dessus au tennis juste au moment où Bruno perd son briquet. Au final, la logique du match est rompue puisque les deux personnages sortent vainqueurs de leur épreuve en même temps. Mais c'est pour préparer un autre match, décisif celui-là: la finale du manège. 
 
5 - STRANGERS ON A TRAIN (L’Inconnu du Nord-Express) – Alfred Hitchcock (1951) – Farley Granger, Robert Walker, Ruth Roman – Patricia Hitchcock
5 - STRANGERS ON A TRAIN (L’Inconnu du Nord-Express) – Alfred Hitchcock (1951) – Farley Granger, Robert Walker, Ruth Roman – Patricia Hitchcock
Pince de homard : Lorsqu'il rencontre Guy dans le train, Bruno porte une cravate ornée de homards (dessinés par Hitchcock lui-même). La figure trouve une résonance inattendue au moment du meurtre : la main de Bruno, déformée par les lunettes, devient démesurément grande et prend l'aspect d'une pince de homard. Le traitement du crime de cette façon détournée, vu dans l'intérieur du verre d'une paire de lunettes tombée sur le sol, est un magnifique moment de cinéma tel qu'Hitchcock savait les inventer. Il prépare en outre la suite du récit, en insistant sur les lunettes. 

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