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2 - DRAGONWYCK (Le Château du dragon) – Joseph L. Mankiewicz (1946) – Gene Tierney, Vincent Price, Glenn Langan

Publié le par Laurent Bigot

L'histoire :
1844. Greenwich (Connecticut). Riche propriétaire, Nicholas Van Ryn propose à sa cousine éloignée Abigail Wells, une simple femme de fermier, d'accueillir l'une de ses filles.
C'est ainsi que Miranda Wells se rend avec son père Ephraim à New York pour y retrouver Nicholas Van Ryn. Ce dernier leur révèle que sa famille règne depuis 1630 sur deux cents fermiers. Miranda et Nicholas Van Ryn prennent le bateau et atteignent Dragonwyck, une riche demeure austère où Nicholas Van Ryn vit en compagnie de sa femme Johanna, qui a trouvé dans la nourriture une raison de vivre.
Nicholas Van Ryn montre à Miranda le portrait de son arrière-grand-mère, Azilde, qui s'est tuée. La légende familiale veut que l'on entende - à condition que l'on soit un Van Ryn - Azilde jouer du clavecin et chanter juste avant qu'un drame frappe la famille.
Miranda joue le rôle d'une institutrice auprès de la jeune Katrine, la fille des Van Ryn. Celle-ci avoue ne pas aimer ses parents ; elle souffre du fait que Nicholas Van Ryn souhaitait un héritier mâle et que sa femme est désormais incapable d'avoir d'autres enfants...

 

2 - DRAGONWYCK (Le Château du dragon) – Joseph L. Mankiewicz (1946) – Gene Tierney, Vincent Price, Glenn Langan
Le 6 décembre 1944, Darryl F. Zanuck qui, en tant qu'ancien scénariste, se passionnait pour les scénarios des films qu'il produisait, lit avec son intelligence et son soin habituels le scénario proposé par Mankiewicz pour Dragonwyck, et il écrit à Lubitsch et à Mankiewicz : « Chers Ernst et Joe. Voici mes remarques sur le scénario de Dragonwyck. J'ai lu le scénario trois fois dimanche dernier et, revenant en arrière, j'ai lu un très bon synopsis du roman. Le scénario est trop long, mais il n'est pas trop long en raison de la présence de trop de séquences. Toutes les séquences sont pratiquement essentielles. Ce qui produit une trop grande longueur d'environ quarante pages est que nous avons trop dialogué - à mon avis - presque chaque scène du film. Les personnages parlent et parlent et parlent, et d'ailleurs ce qu'ils disent est très bien. Mais ils parlent tellement qu'il ne reste plus aucune surprise et qu'il n'y a plus de place pour leur manière d'agir. Ils disent tout ce qu'ils ressentent et il ne reste dès lors plus rien pour l'expression dramatique. Je sais qu'il s'agit d'un premier état et que mes critiques peuvent paraître brutales mais, à mon avis, le plus grand défaut de l'histoire réside à l'intérieur même de chaque scène. Je pense que les scènes manquent de suspense. Tout semble trop parfait et trop complet. Il y a juste un peu trop de tout dans chaque scène. Un regard et une ligne et un geste doivent donner l'idée au spectateur que le drame est imminent et que quelque chose va se produire. Je trouve que les longs passages dialogués expliquent tout si parfaitement au public que je deviens extérieur à l'histoire. Je sais ce qui va se passer ou je m'imagine ce qui va se passer, et l'histoire paraît toujours être quelques pages derrière moi. Je n'attends pas le souffle coupé la page suivante pour connaître ce qui va se passer. Je ne suggère pas du tout un "suspense criminel" ni une construction à la Laura, mais je pense qu'une utilisation partielle de ce style serait positive. Je suis absolument certain que chaque séquence du film, du début jusqu'à la fin, peut être renforcée dramatiquement à l'intérieur d'ellemême. C'est trop méthodique. C'est trop délibérément juste. Darryl. » 
Joseph L. Mankiewicz – Patrick Brion – Editions La Martinière (2005)
2 - DRAGONWYCK (Le Château du dragon) – Joseph L. Mankiewicz (1946) – Gene Tierney, Vincent Price, Glenn Langan
On redécouvre ici, une fois de plus, l'intelligence d'un producteur qui non seulement lit en détail les scénarios des films qu'il produit mais réfléchit à leur construction et fait une véritable analyse de leurs faiblesses. Darryl F. Zanuck sait que Mankiewicz a été un brillant scénariste, mais il tient ici à lui rappeler qu'il n'est plus uniquement le scénariste du film mais également son metteur en scène Il semble d'ailleurs que les remarques de Zanuck aient été jugées assez judicieuses par Mankiewicz pour qu'il en tienne compte et modifie le scénario dans ce sens. Le scénario définitif sera daté du 8 février 1945. 
Joseph L. Mankiewicz – Patrick Brion – Editions La Martinière (2005)
2 - DRAGONWYCK (Le Château du dragon) – Joseph L. Mankiewicz (1946) – Gene Tierney, Vincent Price, Glenn Langan

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