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3 - MARIE-OCTOBRE – Julien Duvivier (1959)

Publié le par Laurent Bigot

Le tournage, aux studios de Boulogne, se déroule dans une entente parfaite et même, dira Danielle Darrieux, dans un « climat de loufoquerie ». Se retrouvant tous, quasi quotidiennement, pendant trois semaines (du 17 novembre au 10 décembre 1958), les onze acteurs évacuent la tension de l'histoire et des contraintes techniques en accumulant farces et plaisanteries entre les prises. Ainsi, un jour, Dalban, Ventura et Blier décident de jouer un tour à Roquevert en l'empêchant de parler : dès que celui-ci veut placer un mot, on le somme de se taire, et ce jusqu'à le mettre hors de lui. Duvivier est parfois pris de tels fous rires qu'il cède la place à son assistant Michel Romanoff ! Cela ne l'empêche pas de surveiller les moindres détails. Marie Epstein, en visite sur le tournage, témoigne : « II se lève, vérifie minutieusement, lui-même, au viseur, la répétition de chaque scène, rectifie un détail, rajuste une place ou un geste, puis va se rasseoir et regarde... » 
JULIEN DUVIVIER « Le mal aimant du cinéma français » Vol 2 : 1940 – 1967 -  Eric Bonnefille – Edition L’Harmattan – 2002
Le 24 avril 1959, le film sort en exclusivité dans deux cinémas, le "Français" et le "Marignan", qui ferment leurs portes durant les vingt dernières minutes de chaque séance - façon d'attirer le public en promettant ainsi une surprenante révélation finale. La règle des trois unités qui préside au film se prête également à une adaptation sur scène, et Robert en tire une pièce - cosignée, néanmoins, par Duvivier et Jeanson. Elle sera créée en décembre 1961, au Théâtre en Rond de Paris dans une mise en scène d'André Villiers et, comme le film, connaîtra un beau succès.
JULIEN DUVIVIER « Le mal aimant du cinéma français » Vol 2 : 1940 – 1967 -  Eric Bonnefille – Edition L’Harmattan – 2002
3 - MARIE-OCTOBRE – Julien Duvivier (1959)
Pour ce qui sera son dernier film important, Duvivier allie la maîtrise d'une mécanique parfaitement réglée à une nouvelle exploration de quelques-unes de ses obsessions : le groupe d'hommes qui se déchirent, les masques qui tombent, le passé qui vient hanter le présent. Il profite, par ailleurs, du confort que procurent le suspense de l’histoire et la popularité des comédiens pour aborder l'ambiguïté de certains comportements sous l'Occupation. L'ensemble est d'une richesse à laquelle on n'a pas toujours rendu justice et que l'on a parfois eu tendance à ignorer au profit de l'habileté. 
JULIEN DUVIVIER « Le mal aimant du cinéma français » Vol 2 : 1940 – 1967 -  Eric Bonnefille – Edition L’Harmattan – 2002
3 - MARIE-OCTOBRE – Julien Duvivier (1959)
3 - MARIE-OCTOBRE – Julien Duvivier (1959)
3 - MARIE-OCTOBRE – Julien Duvivier (1959)

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