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Henri Decoin : Artisan du septième art

Publié le par Laurent Bigot

Henri Decoin : Artisan du septième art
Représentant de cette « qualité française » tant décriée par les jeunes réalisateurs de la Nouvelle Vague, le cinéaste de Premier rendez-vous et de Razzia sur la chnouf a régné pendant trente ans sur le cinéma hexagonal. Avec un enthousiasme jamais démenti...
Henri Decoin : Artisan du septième artHenri Decoin : Artisan du septième art
Si son nom a aujourd'hui un peu perdu de son éclat, Henri Decoin n'en a pas moins été l'un des fers de lance du cinéma français, du milieu des années trente jusqu'au tournant des années 60. Né en 1890, ce Parisien des quartiers populaires a été élevé à la dure : son père étant invalide, il commence à travailler très jeune, car les ménages de sa mère ne suffisent pas à subvenir aux besoins de ses quatre frères et sœurs. Mais le jeune Decoin fait preuve d'une grande vitalité. Se tournant vers le sport, il devient un nageur de haut niveau, et sera membre de l'équipe olympique française. Pendant la Guerre de 14-18, il fait partie des premiers pilotes de chasse, ce qui lui vaudra la Croix de guerre. Redevenu civil, le bouillant jeune homme se lance dans le journalisme sportif : ses disciplines de prédilection sont le cyclisme et la boxe. Il se voit d'ailleurs décerner en 1926 le Grand prix de littérature sportive pour son roman Quinze rounds. Marié à l'époque avec l'actrice Blanche Montel, Decoin approche les milieux du cinéma en devenant scénariste. Puis il signe en 1931 un court métrage, À bas les hommes, avant de Livrer deux ans plus tard son premier long métrage, Toboggan ; le voilà réalisateur.
Battement de cœur (1940) avec Danielle Darrieux, Claude Dauphin et André Luguet

Battement de cœur (1940) avec Danielle Darrieux, Claude Dauphin et André Luguet

LA RENCONTRE
C'est dans les studios allemands de Babelberg qu'Henri Decoin va faire en 1935 la rencontre la plus décisive de sa carrière. Le réalisateur est venu y tourner son cinquième film, Le domino vert, dans lequel joue une jeune comédienne du nom de Danielle Darrieux. Le couple se marie bientôt, et les cinq films tournés par l'actrice et le réalisateur jusqu'en 1941 feront décoller leurs carrières respectives. Après le grand succès obtenu par Retour à l'aube et Abus de confiance, Decoin suit sa jeune femme à Hollywood, où elle va tourner le film La coqueluche de Paris. Rentré en France, le réalisateur se souviendra des méthodes américaines en dirigeant Danielle Darrieux dans Battements de cœur, puis dans Premier rendez-vous, leurs deux plus grands succès. La fraîcheur et la vivacité de la jeune actrice y sont plus éclatantes que jamais - mais le couple se sépare en 1941.
Henri Decoin : Artisan du septième art
TALENT PROTÉIFORME
Decoin se lance alors dans une nouvelle direction en réalisant en 1942 Les inconnus dans la maison, adapté de Georges Simenon : une œuvre sombre correspondant bien à son époque, dans laquelle Raimu livre une performance à mille lieux des « pagnolades » (le film donnera lieu en 1992 à un remake avec Jean-Paul Belmondo). Puis le cinéaste va se révéler un habile touche à tout, en livrant après-guerre des films aux styles très différents, et dont la plupart auront les faveurs du public. Decoin s'essaie ainsi au film policier (Entre onze heures et minuit avec Louis Jouvet, Dortoir des grandes avec Jean Marais), à la comédie musicale (Folies-Bergères), au film historique (La chatte, qui évoque la période de l'Occupation) ou encore à la comédie (Charmants garçons, avec Zizi Jeanmaire et Daniel Gélin)... En 1952, le réalisateur retrouve Danielle Darrieux pour ce qui s'avèrera son plus gros succès de la période, La vérité sur Bébé Donge, dans lequel il dirige également Gabin. Decoin et Darrieux tourneront encore le drame mondain Bonnes à tuer et le film en costumes L'affaire des poisons, ce qui portera à neuf le nombre de leurs collaborations. Cinéaste infatigable, le vétéran Decoin ne prendra sa retraite qu'après avoir mis en scène en 1964 son cinquantième film... 
Collection Gabin -  Eric Quéméré – 2005
Henri Decoin : Artisan du septième art

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