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9 - DRAGONWYCK (Le Château du dragon) – Joseph L. Mankiewicz (1946) – Gene Tierney, Vincent Price, Glenn Langan

Publié le par Laurent Bigot

L'histoire :
1844. Miranda Wells quitte sa famille du Connecticut pour rejoindre son riche cousin Nicholas Van Ryn qui vit avec sa femme dans la sombre demeure de Dragonwyck. Van Ryn traite ses métayers avec la dureté de ses ancêtres et souffre parallèlement du fait que sa femme, Johanna, a été incapable de lui donner un héritier mâle. Johanna tombe bientôt malade et meurt. Peu de temps après, Nicholas demande à Ephraim Wells, le père de Miranda, la main de sa fille…
1844. Greenwich (Connecticut). Riche propriétaire, Nicholas Van Ryn propose à sa cousine éloignée Abigail Wells, une simple femme de fermier, d'accueillir l'une de ses filles.
C'est ainsi que Miranda Wells se rend avec son père Ephraim à New York pour y retrouver Nicholas Van Ryn. Ce dernier leur révèle que sa famille règne depuis 1630 sur deux cents fermiers. Miranda et Nicholas Van Ryn prennent le bateau et atteignent Dragonwyck, une riche demeure austère où Nicholas Van Ryn vit en compagnie de sa femme Johanna, qui a trouvé dans la nourriture une raison de vivre.
Nicholas Van Ryn montre à Miranda le portrait de son arrière-grand-mère, Azilde, qui s'est tuée. La légende familiale veut que l'on entende - à condition que l'on soit un Van Ryn - Azilde jouer du clavecin et chanter juste avant qu'un drame frappe la famille.
Miranda joue le rôle d'une institutrice auprès de la jeune Katrine, la fille des Van Ryn. Celle-ci avoue ne pas aimer ses parents ; elle souffre du fait que Nicholas Van Ryn souhaitait un héritier mâle et que sa femme est désormais incapable d'avoir d'autres enfants. Au cours de la kermesse annuelle Miranda rencontre le docteur Jeff Turner à qui elle semble beaucoup plaire.
Cependant, la réunion, également annuelle, au cours de laquelle les métayers de Nicholas Van Ryn donnent à leur maître une part de leur récolte, se passe mal. Klaus Bleecker refuse en effet de donner son dû à Van Ryn, exigeant de devenir propriétaire lui aussi. Il cherche à poignarder Nicholas Van Ryn, mais il est désarmé par le docteur Turner, qui n'a pourtant aucune sympathie pour Van Ryn. Au grand bal qui suit, Miranda est victime de la prétention et de l'ostracisme des familles des riches propriétaires d'origine hollandaise de la région. Miranda avoue à Nicholas qu'elle ne s'amuse pas. Il danse avec elle.
Johanna tombe malade. Pour lui faire plaisir, Nicholas lui apporte un laurier-rose. Le docteur lui donne des conseils, mais Johanna meurt. Nicholas dit alors à Miranda sa tristesse de ne pas avoir de successeur. Il lui avoue également le tendre sentiment qu'il éprouve pour elle. Miranda, à qui il n'est pas non plus indifférent, trouve qu'il est trop tôt pour parler de quoi que ce soit. Elle rejoint sa famille après avoir dit au revoir au docteur Turner qui espère la revoir.
Quelques mois plus tard, Nicholas Van Ryn vient voir les Wells et demande à Ephraim la main de sa fille : il a déjà tout organisé ! Le mariage a lieu dès le lendemain. Miranda engage comme servante Peggy O'Malley, une jeune infirme dont la vue déplaît à Nicholas.
Ce dernier apprend par Miranda que les invités du bal annuel se décommandent les uns après les autres. Miranda lui révèle aussi qu'elle attend un enfant. Nicholas et elle s'affrontent à propos de la religion, Nicholas déclarant ne croire qu'en lui-même.
L'Etat de New York vote une loi autorisant les métayers à devenir propriétaires.
Nicholas Van Ryn fait appel au docteur Turner pour l'accouchement de Miranda, le docteur Brown étant déjà là. L'enfant naît, mais avec une malformation cardiaque. Miranda fait baptiser immédiatement l'enfant, qui meurt dans ses bras. Nicholas reproche à Peggy de vivre alors que son fils est mort. Il se retire dès lors dans la tour du manoir et s'y livre à la toxicomanie.
Peggy se confie au docteur Turner : elle craint pour la vie de Miranda et lui apprend que Nicholas a apporté une grande plante dans la chambre de Miranda. Nicholas entend bientôt un son de clavecin et une voix qui chante. Le docteur Turner arrive et accuse Nicholas d'avoir empoisonné Johanna avec le laurier. Les deux hommes se battent puis Nicholas va s'asseoir sur son siège de « patron » alors même qu'une foule, parmi laquelle se trouvent Miranda, Peggy et le docteur Turner apparaît. Le maire demande à Nicholas de le suivre. Celui-ci menace la foule avec un pistolet, mais un coup de feu parti de cette foule le blesse mortellement.
Miranda quitte Dragonwyck. Peut -être, plus tard, acceptera-t-elle de revoir le docteur Turner... 
9 - DRAGONWYCK (Le Château du dragon) – Joseph L. Mankiewicz (1946) – Gene Tierney, Vincent Price, Glenn Langan
On peut remarquer que le scénario de Mankiewicz modifie d'une manière sensible la fin telle qu'elle se présente dans le roman. Dans ce dernier, Jeff, le médecin, après s'être battu avec Nicholas, l'attache et part avec Miranda qu'il conduit à bord du Mary Clinton, un navire à vapeur qui appartient en partie à Nicholas Van Ryn. Jeff espère ainsi la ramener dans le Connecticut. Nicholas monte à bord à son tour. Le commandant du bateau se lance dans une course avec un autre navire pour impressionner Van Ryn et le Mary Clinton prend feu. Nicholas sauve alors la vie de Miranda et celle de deux autres personnes, disant : « Vous voyez que je peux aussi bien sauver des vies que les détruire. » Mankiewicz dirige ici pour la première fois sa future interprète de The Ghost and Mrs. Muir, Gene Tierney, à propos de laquelle il déclarait : « Dans Dragonwyck, elle était dans une phase différente de son état habituel, une période où elle ne savait plus rien, et il s'agissait plutôt de lui dire ce qu'il fallait faire, et l'aider à le faire. » Évoquant à son tour Dragonwyck, Gene Tierney reconnaît s’en souvenir surtout pour une raison extra-cinématographique, puisqu'elle rencontra à cette occasion le jeune John Fitzgerald Kennedy, le futur président des Etats-Unis : « Je me souviens du Château du dragon (Dragonwyck) pour une raison entièrement étrangère à ce qui se passe dans le film. Un jour, nous reçûmes une visite sur le plateau pendant que je tournais une scène avec Walter Huston, qui incarnait mon père. Avec la voix d'outre-tombe qui convenait, Walter lisait un passage de la Bible, lorsque le réalisateur, Joseph Mankiewicz, cria : "Gene! Tournez lentement et regardez droit dans l'objectif." Je me retourne et mon regard plonge dans les plus beaux yeux bleus qu'il m'ait été donné de voir dans un visage d'homme. Il était debout à côté de la caméra, dans un uniforme de lieutenant de vaisseau. Il me sourit. Et je réagis exactement comme réagissent les héroïnes des romans d'amour. Mon cœur se mit à battre la chamade. John était grand et encore très mince : il avait passé des mois dans les hôpitaux de la Marine. Il possédait ce charme irlandais, naturel et badin, que les femmes ont tendance à trouver irrésistible. Il m'interrogea sur mon travail, et ses questions prouvaient qu'il avait déjà une bonne connaissance en ce domaine. Son père avait jadis investi dans l'industrie cinématographique, me raconta-t-il. Il ne précisa pas, mais je l'appris plus tard, que ce père avait un faible pour les comédiennes de son temps, Marion Davies et Gloria Swanson notamment. Nous avons dîné ensemble, une fois, deux fois, puis John dut repartir. Nous avions fait des projets pour nous revoir dans l'Est. Je devais finir Le Château du dragon, qui ne fut pas un film inoubliable, sauf pour moi et Joe Mankiewicz, qui signa là son premier travail de réalisateur. »
Joseph L. Mankiewicz – Patrick Brion – Editions La Martinière (2005)
9 - DRAGONWYCK (Le Château du dragon) – Joseph L. Mankiewicz (1946) – Gene Tierney, Vincent Price, Glenn Langan
Film ambitieux, film difficile aux yeux de la direction de la 20th Century-Fox qui savait souvent se contenter de tester de nouveaux cinéastes en ne leur confiant que des films de série B, Dragonwyck sera un relatif succès populaire. De quoi rassurer tous ceux qui pensaient qu'après avoir été scénariste et producteur, Joseph L. Mankiewicz pouvait également devenir un metteur en scène de talent !
Joseph L. Mankiewicz – Patrick Brion – Editions La Martinière (2005)
9 - DRAGONWYCK (Le Château du dragon) – Joseph L. Mankiewicz (1946) – Gene Tierney, Vincent Price, Glenn Langan

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