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THERE'S NO BUSINESS LIKE SHOW BUSINESS (La Joyeuse parade) - Walter Lang (1954) - Marilyn Monroe - Donald O'Connor - Ethel Merman - Mitzi Gaynor - Dan Dailey

Publié le par Laurent Bigot

Les « cinq Donahue », formé par Molly, Terence Donahue et leurs trois enfants, sont des vedettes de music-hall. L'arrivée de Vicky, une chanteuse de cabaret dont Tim tombe amoureux, menace la cohésion du groupe. Après avoir tenté de l'évincer, les parents décident d'intégrer Vicky au nouveau spectacle qu'ils préparent.

Les « cinq Donahue », formé par Molly, Terence Donahue et leurs trois enfants, sont des vedettes de music-hall. L'arrivée de Vicky, une chanteuse de cabaret dont Tim tombe amoureux, menace la cohésion du groupe. Après avoir tenté de l'évincer, les parents décident d'intégrer Vicky au nouveau spectacle qu'ils préparent.

"When the Midnight Choo-Choo Leaves for Alabam'" - "Play a Simple Melody", Ethel Merman et Dan Dailey

"A Pretty Girl Is Like a Melody", Ethel Merman avec Dan Dailey

"Alexander's Ragtime Band", The cast

Hommage au génie du compositeur Irving Berlin, dont les chansons parsèment le film, There's no business like show business (La Joyeuse Parade) a également pour but de mettre en valeur les talents scéniques de Marilyn. Et ce, malgré les réticences de la star à se lancer dans un tel projet.

 

Marilyn Monroe : La belle captive
"There's no business like show business" : le titre de la chanson finale La Joyeuse parade résume assez bien le caractère absolument exceptionnel du métier de comédien, dans ses meilleurs aspects comme dans les pires. En 1954. Marilyn aurait sans doute plutôt insisté sur ces derniers. Alors que les sorties consécutives de NiagaraLes Hommes préfèrent les blondes, Comment épouser un millionnaire et Rivière sans retour ont fait d'elle la femme la plus acclamée au monde, elle n'a toujours pas voix au chapitre au sein d'une industrie traitant ses acteurs comme de véritables pantins. Liée à la Twentieth Century Fox par un contrat devenu obsolète au regard de son nouveau statut, mais que le studio se refuse évidemment à revoir, Marilyn se trouve dans une situation totalement schizophrénique : véritable reine à l'extérieur, elle redevient une modeste employée une fois passées les portes du studio. Mais tout en regimbant, Marilyn comprend que son intérêt réside, pour un temps encore, dans l'obéissance. Et qu'en attendant, « the show must go on », comme le dit un autre adage de sa profession ...
Éric Quéméré – Les Légendes d’Hollywood – Marilyn Monroe dans La Joyeuse Parade - 2004
THERE'S NO BUSINESS LIKE SHOW BUSINESS (La Joyeuse parade) - Walter Lang (1954) - Marilyn Monroe - Donald O'Connor - Ethel Merman - Mitzi Gaynor - Dan Dailey
La scène d’anthologie
Dons Les Hommes préfèrent les blondes et Comment épouser un millionnaire, Marilyn avait déjà fait preuve d'une gronde aptitude à l'autodérision. La Joyeuse parade lui donne une nouvelle occasion d'explorer ce registre, en particulier dons une scène se situant dans la première partie du film ; celle où l'ambitieuse Vicky, qui espère la visite dons sa loge d'un influent producteur, ouvre en fait la porte à l'artiste Tim Donahue. La manière dont Marilyn, encore seule face au miroir, commence par essayer différentes mimiques plus charmeuses les unes que les outres, annonce les ruptures de ton par lesquelles la comédienne va habilement passer ou cours de la séquence. D'abord agacée par l'irruption de l'encombrant séducteur interprété par Donald O'Connor, Vicky adopte ensuite envers lui une ironie mordante. Puis, lorsque le producteur frappe enfin à la porte, elle se précipite pour lui ouvrir, tous charmes dehors. Avec quelle maestria Marilyn oscille alors entre séduction et contrariété de découvrir que l'importun Tim Donahue est en réalité une vedette de la scène ! Et avec quelle habileté elle retourne la situation à son avantage, en jouant sur les deux tableaux! Lorsqu'elle lui claque la porte ou nez, non sons l'avoir mouché une dernière fois, Donald O'Connor d'ordinaire si prolixe - en reste médusé... Marilyn est décidément à l'aise dons la comédie, genre qu'elle considérait malheureusement comme mineur, alors même qu'elle a contribué à lui donner certains de ses meilleurs fleurons. 

"When the Midnight Choo-Choo Leaves for Alabam'", Mitzi Gaynor et Donald O'Connor / "If You Believe", Johnnie Ray

THERE'S NO BUSINESS LIKE SHOW BUSINESS (La Joyeuse parade) - Walter Lang (1954) - Marilyn Monroe - Donald O'Connor - Ethel Merman - Mitzi Gaynor - Dan Dailey
A la suite de ses aînées Bette Davis et Katharine Hepburn, Marilyn Monroe est l'une des rares actrices d'Hollywood à s'être battue pour sortir du rôle de potiche que les studios entendaient lui faire tenir, à la ville comme à l'écran. C'est ainsi qu'en janvier 1954, elle se voit « suspendue» par la Fox pour avoir osé refuser le rôle principal de La Diablesse en collants roses, projet qu'elle juge totalement inepte. Marilyn entend désormais avoir un droit de regard sur le contenu de ses films, et souhaite en outre renégocier sa rémunération, bien que Les Hommes préfèrent les blondes ou Rivière sans retour aient rapporté des fortunes à la Fox, elle continue en effet à toucher des salaires ridiculement bas ! 
Éric Quéméré – Les Légendes d’Hollywood – Marilyn Monroe dans La Joyeuse Parade - 2004

"Heat Wave" - Marilyn Monroe

THERE'S NO BUSINESS LIKE SHOW BUSINESS (La Joyeuse parade) - Walter Lang (1954) - Marilyn Monroe - Donald O'Connor - Ethel Merman - Mitzi Gaynor - Dan Dailey
Donald O’Connor
Eternel amuseur des comédies musicales hollywoodiennes, l'acteur a tenu son rôle le plus mémorable aux côtés de Gene Kelly dans Chantons sous la pluie. Mais sa carrière ne se résume pas aux personnages de fidèle comparse...
 
Donald O'Connor est ce que l'on appelle un enfant de la balle, Né à Chicago, il est élevé dans un cirque par un père acrobate et une mère écuyère. Dans la famille, la question de la vocation ne se pose pas, et le petit Donald se lance très tôt dans le spectacle. C'est avec deux de ses frères qu'il fait à l'âge de douze ans sa première apparition au cinéma, en exécutant un numéro dansé dans le film Melody for two. Dès l'année suivante, l'acteur en herbe est embauché à la prestigieuse Paramount, où il sera entre autres Huckleberry Finn dans Tom Sawyer, détective, avant d'incarner Cary Cooper adolescent dans Beau geste.
 
LE MUET PARLANT
À partir de 1942, le jeune O'Connor devient chez Universal le spécialiste de comédies musicales destinées aux teenagers, telles What's cooking et Strictly in the groove. Mais c'est avec Francis que son nom explose soudain : dans cette pochade familiale, O'Connor joue un soldat découvrant un jour qu'il peut discuter avec un mulet, qui devient alors son meilleur ami ! Enorme succès de l'année 1950, le film donnera lieu à cinq suites, avant que l'acteur ne jette l'éponge. Aussi caustique dans la vie qu'à l'écran, O'Connor expliquera ainsi son refus d'en tourner une sixième : « Vous savez, quand on a fait six films de la série et que le mulet continue à recevoir davantage de courrier que vous...». C'est donc Mickey Rooney qui reprendra le flambeau pour le dernier volet des aventures du mulet Francis.
 

MAKE’EM LAUGH !

C'est en 1952 que Donald O'Connor tourne son film le plus fameux : Chantons sous la pluie, monument du septième art dont il partage l'affiche avec Gene Kelly et Debbie Reynolds. La fantaisie naturelle de l'acteur y fait merveille, notamment dans le célèbre numéro de « Make'em laugh ! » (Fais-les rire !). Parfaitement accordée à son tempérament de boute-en-train, la scène lui donne en outre l'occasion d'une incroyable performance : il joue, chante, danse, grimpe aux murs et termine la séquence par un magnifique salto arrière. Un morceau de bravoure qui lui vaudra trois jours Je repos au lit ! Certes, les relations avec Gene Kelly, artiste particulièrement exigeant, sont parfois tendues, mais O'Connor a assurément trouvé avec le personnage de Cosmo Brown le meilleur rôle de sa carrière. Une carrière qui s'avérera extrêmement prolifique, puisque après avoir enchaîné de nombreux autres « musicals » au cours des années 50 et 60, l'acteur apparaîtra encore dans des films bien plus récents, tels que Ragtime de Milos Forman ou Toys de Barry Levinson. Il décède en septembre 2003, à l’âge de 78 ans.

Éric Quéméré – Les Légendes d’Hollywood – Marilyn Monroe dans La Joyeuse Parade - 2004

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COMPROMIS
Après d'âpres négociations, qui ne lui donnent finalement que peu de satisfactions, Marilyn accepte au printemps de réintégrer la Fox, qui de son côté renonce à la faire jouer dans La Diablesse aux collants roses. Mais Darryl Zanuck, grand manitou du studio, tient en revanche à ce qu'elle apparaisse dans sa nouvelle comédie musicale, La Joyeuse parade. Une nouvelle fois déçue par le rôle qu'on lui destine, Marilyn accepte, à la condition de jouer ensuite dans le nouveau film de Billy Wilder, Sept ans de réflexion. Une autre raison, tenue secrète, l'incite également à se plier au diktat de Zanuck : devenus très amis, la star et le photographe Milton Greene ont en effet décidé de créer prochainement les Marilyn Monroe Productions, qui permettraient enfin à la comédienne d'avoir un contrôle total de ses films. Une perspective qui met du baume au cœur de Marilyn, et lui donne le courage de se lancer le 28 mai dans un tournage qui va s'avérer fort problématique... 
Éric Quéméré – Les Légendes d’Hollywood – Marilyn Monroe dans La Joyeuse Parade - 2004
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CHAÎNES CONJUGALES
Contrairement à ce qu'elle voudrait faire croire lorsqu'elle déclare aux journaux que « les joueurs de base-ball font de bons maris », Marilyn est loin d'être heureuse avec Joe Di Maggio. Durant les mois qui ont précédé le tournage, la nouvelle mariée s'est essayée au rôle de  femme au foyer au sein de sa belle-famille à San Francisco. Mais à présent qu'elle a repris le chemin des studios, son mari enrage de la voir si indépendante. Surtout, ce latin impulsif supporte mal que sa femme constitue aux yeux des autres hommes un tel objet de désir. Ce qui ne manque pas de créer du grabuge lorsqu'il rend visite à Marilyn sur le plateau, précisément le jour où elle tourne la séquence de « Heat wave » : à peine vêtue d'une jupe largement fendue et multipliant les poses aguicheuses, l'actrice se livre là au numéro le plus provocant de toute sa carrière ! Furieux, Joe finit par quitter le plateau en rabrouant Marilyn qui, bouleversée, fera une chute au cours de la prise suivante… En fait, la mésentente du couple est de plus en plus patente, et l'on parle même de violences conjugales. On comprend dès lors que Marilyn s'autorise au cours de ce pénible tournage une amourette avec Hal Schaefer, dont la douceur la console un temps des brutalités de Joe. 
THERE'S NO BUSINESS LIKE SHOW BUSINESS (La Joyeuse parade) - Walter Lang (1954) - Marilyn Monroe - Donald O'Connor - Ethel Merman - Mitzi Gaynor - Dan Dailey
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"There's No Business Like Show Business" - The cast - Final

QUI PERD GAGNE
Au final l’aventure de La Joyeuse parade restera l'un des pires souvenirs de Marilyn. D'autant plus qu'à la sortie du film, certains critiques s'offusquent de l'indécence de I‘actrice, dans des numéros qu'elle n'a pourtant pas conçus elle-même ! D'autres journaux soulignent heureusement que la nouvelle star de la Fox se tire plutôt bien de cet exercice délicat. Le plus beau compliment venant du prestigieux compositeur Irving Berlin, qui déclare que Marilyn a doté ses chansons, pourtant interprétées par les plus grands noms du jazz, d'une suavité nouvelle... Mais pour Marilyn, le plus important est d'avoir honoré celte commande de la Fox, avant de se lancer dans un projet qu'elle devine décisif : Sept ans de réflexion
Éric Quéméré – Les Légendes d’Hollywood – Marilyn Monroe dans La Joyeuse Parade - 2004
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